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PREFACE V

être. L'Assemblée , voyant la place vide , s'était hâtée de l'occuper. Quant à l'ennemi, bien qu'il ne sût trop encore de quel nom il allait se nommer, il commençait à se laisser voir dans les clubs et dans les attroupements de Paris. Sa main-mise sur l'opinion était telle qu'en deux ans. de la prise de la Bastille à la prise des Tuileries, pas un échec ne lui fut infligé. Sans doute , si le général Lafayette , comme c'était son devoir, avait chassé de Versailles, sans attendre d'en être requis, les bandes parisiennes de la nuit du 5 au 6 octobre, les événements auraient pu prendre une tout autre direction. Au lieu d'une répression si légitime, on eut le retour forcé aux Tuileries, c'est-à-dire la captivité du roi, et pour répondre à la proclamation de Brunswick, on eut l'appel des princes émigrés à la noblesse française , c'est-à-dire la perte assurée du malheureux Louis XVI laissé seul aux suspicions de la foule.

Bergasse avait prévu cet effroyable effondrement. Nommé, dès les premiers jours de l'assemblée, membre de la Commission des 8 qui devait rédiger le projet de constitution, il insista, avec ses collègues Mounier et Lally- Tollendal, sur la nécessité d'ordre public de conserver les prérogatives essentielles du pou-

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