MILICE
territoriale.
'1 an.
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2 ans.
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3 ans.
7 ans.
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6 ans.
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5 ans. J
> 4 ans.
7 ans.
Deux tiers des fantassins font 2 ans, un tiers, 3 ans, une infime proportion (6 p. JOO) un an. En 4908, la cavalerie et l'artillerie n'ont reçu que des hommes servant 3 ans. Cette même année, la moitié des recrues a été incorporée pour 2 ans {LobelVs Zahresberichte, 1908 ; Revue de Stref fleur, mars 1909).
moins sentir, car le nombre d'hommes servant 2 années augmentepft d'une façon progressive jusqu'à ce qu'il représente la totalité du contingent.
Les périodes d'instruction auxquelles sont soumis les hommes en congé de l'armée active, ceux de la milice mobile et de la milice territoriale, n'ont aucun caractère flxe.
Leur fréquence et leur durée varient d'après les ressources du budget et aussi d'après les nécessités militaires du moment (1).
L'infanterie italienne comprend une proportion de bataillons d'élite, — grenadiers, bersagliers, alpins, — très notable (65 bataillons), par rapport au nombre (282) des bataillons d'infanterie de ligne. Les hommes de ces 65 bataillons sont tous des hommes choisis, prélevés sur le contingent affecté chaque année à l'infanterie, dont les soldats les plus intelligents, les mieux conformés, sont enlevés à la ligne. Celle-ci reçoit seulement les moins bons éléments. La présence de ces troupes d'élite, — près du quart de l'infanterie, — diminue la valeur générale de l'arme.
La cavalerie italienne est numériquement faible. En dehors de la Haute Italie, le sol se prête peu, en effet, dans la péninsule, à l'emploi de masses de cavalerie. De plus, les ressources chevalines de l'Italie ne sont pas très grandes, bien qu'elles aient augmenté depuis trente
(i) Périodes d'inslruction :
pour les hommes en congé, de l'armée active et de la milice mobile : une période d'un mois au plus (20 ou 25 jours dans la pratique) ;
pour les hommes de la milice territoriale : une période d'un mois au plus, tous les 4 ans (périodes assez rares, dans la pratique).
Parmi les hommes non incorporés par suite de dispenses légales, ceux qui, depuis la loi de 1907, sont classés dans la réserve de recrutement, doivent accomplir un service actif de 4 mois environ ; le§ autres sont affectés à la milice territoriale et soumis aux obligations des miliciens territoriaux.
ans d'une façon sensible (1). Il pourrait y avoir là un inconvénient sérieux en cas de mobilisation, et surtout au cours d'une guerre. L'efiPectif réel de l'escadron sur le pied de paix est presque égal à l'effectif de guerre. La concentration de la cavalerie se ferait sans difficultés : 93 des 144 escadrons actifs sont en garnison dans la Haute Italie, à proximité des frontières terrestres du royaume.
Si, depuis 1891, l'armée italienne est dotée d'un bon fusil (2), elle n'a encore que quelques sections de mitrailleuses (3) et son artillerie attend la mise en service définitive d'un canon à tir rapide.
A la fin de 1903, 120 batteries de TS""'", à tir accéléré, furent distribuées aux corps de troupes, mais, depuis lors, on adopta un canon du même calibre, à tir rapide, avec boucliers et affût à déformation.
Aujourd'hui encore, parmi les 192 batteries de campagne, 120 sont armées avec le 7o™°^ à tir accéléré et 72 avec l'ancien 87°^°^, en bronze. Récemment, 39 batteries de 75"^°^ à tir rapide ont été délivrées aux régiments. Elles sont destinées à y remplacer un nombre égal de batteries de 87°^™.
Cette situation momentanée est une infériorité grave en face d'une armée complètement pourvue d'un matériel à tir rapide.
De plus, le nombre de batteries de campagoe et de
(1) En 1908, 935,951 chevaux, soit 297,507 de plus qu'eu 1876. Les ressources chevalines de l'Autriche-Hongrie étaient évaluées, en 1900, à 3,837,000 animaux. Celles de l'Allemagne étaient, au 2 décembre 1907, de 4,.i4d,043 chevaux, juments et poulains {Vierleljahrshe/te zur Statistik cks deutscJien Beichs, Berlin, 1909).
(2) Calibre de 6°>°i,3.
(3) La Commission d'enquête de 1907-1908 a proposé l'affectation d'une section de mitrailleuses à chaque régiment d'infanterie ou de cavalerie.
montagne n'est pas très élevé : 210 au total, 18 à peine par corps d'armée. Si les propositions émises en 1908 par la commission d'enquête sont acceptées, l'artillerie italienne sera augmentée de 21 nouvelles batteries (1).
Une autre infériorité résulte de l'état actuel du réseau ferré italien. Beaucoup de lignes sont à une voie. Par suite de la nature montagneuse du pays, les courbes et les rampes sont assez fortes. De plus, le matériel roulant n'est pas assez développé. Le rendement de ce réseau ne répondrait peut-être pas aux besoins intenses d'une concentration rapide. Un grand effort financier a été consenti par le Parlement italien en 1908 pour remédier à cette situation.
Sur deux points de détail, mais fort importants, l'organisation des convois (trains de combat et trains régimentaires) qui suivent les troupes et la réquisition des cbevaux de complément, la solution adoptée en Italie semble avantageuse.
Les convois, plus faibles que dans d'autres armées, sont très légers (2).
Quant aux chevaux de réquisition, ils sont affectés aux troupes dès le temps de paix, tout au moins pour les unités qui doivent se mobiliser en première urgence, peutêtre aussi pour d'autres corps, si l'on en croit certaines publications autrichiennes, a Les troupes connaissent, pour ainsi dire, chacun des chevaux qu'elles recevraient en cas de mobilisation. Si la guerre éclate, ces chevaux sont conduits immédiatement par leur propriétaire à la
(J) 7 montées, 2 à cheval, 12 de montagne; on créerait en outre, 10 Latteries de forteresse ou de côte.
(2) Nombre de voitures : Ualle. Allema-ne. Autriche.
Régiment d'infanterie à 3 bataillons. 20 58 »
— de cavalerie à 6 escadrons. 16 » 35
caserne désignée à l'avance (1) ». Ce mode d'opérer accélère singulièrement les opérations de la réquisition.
En résumé, plusieurs causes pourraient, en cas de guerre, augmenter la durée du rassemblement des forces militaires italiennes. Sauf dans la Haute Italie, le nombre et l'outillage des lignes ferrées sont encore insuffisants. Plusieurs corps d'armée, dont un certain nombre d'unités sont fort éloignées de leur territoire, devraient, au moment de la mobilisation, être organisés sur la base même de concentration.
Il est probable, du reste, que ces désavantages seraient compensés par l'affectation, dès le temps de paix, aux garnisons des plaines du Pô et de la Vénétie, de la plus grande partie des deux armes pour lesquelles les transports par voie ferrée sont les plus longs : la cavalerie et l'artillerie de campagne.
Quant à la protection immédiate de la frontière, elle est assurée, dès la première heure, par les bataillons alpins, dont les effectifs de paix sont toujours maintenus à un chiffre élevé. Depuis 1906, quelques-uns de ces bataillons, en garnison dans les Alpes franco-italiennes, sont envoyés, chaque été, sur la frontière autrichienne pour apprendre à en connaître le terrain.
Il y a quatorze ans, on estimait (2) que « 10 à 12 corps d'armée actifs seraient, en trois semaines, concentrés au pied de guerre dans la vallée du Pô ». Les progrès accomplis depuis 1895 par l'armée italienne permettent de penser qu'aujourd'hui ce délai pourrait être sensiblement plus court.
Si la mobilisation et la concentration subissent, en Italie, l'influence de difficultés particulières, une armée de campagne, nombreuse, peut néanmoins être réunie dans des conditions de temps assez satisfaisantes.
(1) Veltzés Armée Almanach.
(2) Capitaine Gilbert. Lois et Institutions militaires, 1893.
L'armée italienne mobilisée.
Forte de 225,000 hommes sur le pied de paix, l'armée active en comprend 750,000 sur le pied de guerre, mais son effectif réellement mobilisable ne dépasserait pas 660,000 hommes (1).
La milice mobile compte 310,000 hommes, dont 23,000 peu ou pas instruits, et la milice territoriale, 3,300,000, dont seulement i, 500, 000 instruits (2).
Au total, le nombre de soldats. instruits, dont l'Italie dispose, est de 2,450,000 :
660,000 pour l'armée active | 950,000 hommes, de 20
290,000 pour la milice mobile ) à 32 ans.
1,500,000 pour la milice territoriale, de 32 à 39 ans.
Cet effectif serait réparti en 12 corps d'armée au moins, à 2 ou 3 divisions d'infanterie, en 3 divisions de cavalerie et en plusieurs groupes alpins, de façon à former 3 ou 4 armées (3).
D'après le capitaine autrichien Veltzé (4), les troupes
(1) Esercito italidno, 19u7.
(2) Veltzè's Armce Almanacli, 1909.
(3) Formations du temps de guerre : 36 divisions d'infanterie (24 actives, 12 de milice mobile), réparties en 12 corps d'armée au moins; 3 divisions de cavalerie; plusieurs groupes alpins, comprenant au total 56 bataillons et 36 batteries (active, milices mobile et territoriale) ; 1 brigade de carabiniers; 23 bataillons de douaniers; des formations de milice territoriale {Veltzé, 1909).
(4) Ihid.
de première ligne compteraient : 550,000 fusils, 21,000 sabres, 1,750 canons.
Les divisions de milice mobile ont pris part aux grandes manœuvres depuis 1903. Elles s'y sont généralement fort bien comportées.
Une brigade de milice territoriale a figuré aux manœuvres de Naples, en 1004. Cette expérience a montré que « s'il paraît possible, après une période préalable d'entraînement et de mise en main, d'affecter ces formations à certaines missions spéciales sur les derrières
d'une armée de campagne on s'exposerait à de
sérieux déboires en escomptant leur concours pour les premiers jours de la mobilisation (1) ».
(1) Revue des Armées étrangères, mars 1905.
La troupe et l'officier.
L'homme de troupe provient de régions fort diverses. Sa valeur est variable d'après son pays d'origine. Le montagnard des vallées alpines est un excellent fantassin, tireur adroit, marcheur infatigable. Dans la Haute Italie, le recrutement fournit de très bons soldats, parmi les descendants de la vaillante armée sarde de 1839. L'habitant de la Moyenne Italie a moins de qualités militaires. Le Napolitain et le Sicilien sont inférieurs au Lombard et au Piémontais.
Comme en Autriche-Hongrie, la question des sousofficiers est un des côtés faibles de l'armée. A plusieurs reprises, dans ces dernières années, les sous-officiers italiens ont manifesté leur mécontentement. En 1907, ils ont réclamé d'une façon si vive des améliorations à leur sort que « le Ministre s'est vu dans l'obligation de sévir et que les promoteurs de l'agitation ont été punis (1) ».
Le gouvernement leur donna néanmoins une satisfaction partielle par la création, en 1907, d'un véritable état des sous-officiers, qui leur accorda des garanties analogues à celles dont jouit le corps d'officiers.
Désormais, le sous-officier italien a devant lui une véritable carrière. Après ses trois premières années, s'il désire rester au régiment, et s'il est accepté, il ne peut plus, jusqu'à 30 ans de service — 40 dans certains cas —
(1) Revue des Armées étrangères, décembre 1907.
et 47 ans d'âge, quitter l'armée que pour des causes nettement spécifiées. Une loi, votée en 1907^ a augmenté sa pension de retraite.
Ces améliorations constituent des progrès sérieux pour l'armée italienne. Elles encourageront probablement les gradés subalternes à rester sous les drapeaux. Aujourd'hui, le nombre des sous-officiers de carrière est encore très restreint : 4,000, sur un total approximatif de 16,000 sous-officiers.
Les sous-officiers italiens peuvent être nommés officiers. Un quart environ de ceux-ci sort des rangs. Les trois autres quarts proviennent des écoles.
La nécessité de relever la situation matérielle de l'officier italien a été reconnue par la Commission d'enquête sur l'administration de la guerre. Les rapports qu'elle a publiés en 1908 en font foi.
L'avancement est très lent (1). « Les conséquences morales de cet état de choses, dit le rapport sur le budget de la guerre pour 1901-1902, comme ses conséquences matérielles, sont des plus inquiétantes, et l'autorité militaire ne peut assister impassible au vieillissement de la multitude des officiers des grades inférieurs qui, avec leur intelligence, leur savoir et leur zèle, rendraient à l'Etat des services signalés dans une position plus en rapport avec leurs mérites Toute
cette masse se replie sur elle-même, se décourage devant une barrière insurmontable, et, si la discipline n'est pas ébranlée, on le doit seulement au sentiment du devoir dont sont imprégnées les âmes. »
Si la retraite de l'officier italien est supérieure à celle
(1) Temps moyen de séjour dans les différents grades, en 1909 (infanterie) : 15 ans comme sous-lieutenant et lieutenant, 14 comme capitaine, 6 comme chef de bataillon, 3 comme lieutenant-colonel, 6 comme colonel.
de son collègue français, sa solde est inférieure, même d'après les tarifs adoptés l'année dernière.
En Italie, l'officier jouit presque entièrement de ses droits politiques. Electeur dans tous les cas, il est éligible lorsqu'il occupe certains emplois. Il peut publier des travaux sans autorisation préalable.
L'augmentation de la solde, votée par le Parlement le 6 juillet 1908, a été le premier pas fait dans la voie des améliorations nécessaires. Quant à l'avancement, l'administration de la guerre recherche, en ce moment même, les moyens de l'accélérer.
Actuellement, dans l'infanterie et le génie, le cadre de lieutenants et de sous-lieutenants n'est pas complet. Aussi des places de ces grades sont-elles, chaque année (1), mises à la disposition des officiers de complément qui désirent prendre, d'une façon définitive, du service dans l'armée permanente.
De plus, un certain nombre d'officiers actifs sont remplacés par des officiers de complément, autorisés à servir dans l'armée à titre temporaire (2).
Le déficit en officiers se fait sentir aussi dans les réserves. En 1906, d'après la Revue militaire de Streffleiir (3), il manquait 2,000 officiers subalternes dans la milice territoriale.
Les mesures prises en 1907 et 1908, celles qui sont en projet (4), donneront vraisemblablement satisfaction aux
(1) Il y en a eu 50 ea 1907.
(2) Ce nombre a été de 635 en 1904, 540 en 1905, 560 en 1906. La période pendant laquelle ces officiers de complément servent dans l'armée permanente varie de 6 mois à un an {LôleWs Jahresberichîe, 1906).
(3j Vienne, janvier 1906. D'après cette revue (mars 1909), le nombre des officiers combattants de complément est de 19,400.
(4) La Commission d'enquête de 1907-1908 a demandé, pour l'infanterie seule, la création de 952 nouveaux emplois d'officier : 2 généraux, 400 capitaines, 550 lieutenants et sous-lieutenants.
vœux maintes fois exprimés en faveur de l'état des sousofficiers de carrière et des officiers. Le patriotisme dont le Parlement a, depuis la création de l'unité italienne, toujours fait preuve, est un sûr garant que tous les efforts seront faits en vue d'assurer à l'État l'existence d'un corps nombreux et solide de sous-officiers rengagés et d'officiers, absolument indispensable dans les jeunes armées modernes.
L'armée italienne et l'armée autrichienne, d'après un officier autrichien.
En 1892, la Revue militaire de Streffleur examinait, à propos du renouvellement de la Triple alliance, la « situation militaire de l'Italie dans la Triple alliance ». Dès cette époque, la revue autrichienne étudiait les conditions d'une guerre possible avec l'Italie et concluait :
« Dans l'état actuel des choses (1892), l'Autriche- Hongrie peut prendre l'offensive plus vite que l'Italie, à cause de sa mobihsation plus rapide et du plus grand développement de son réseau ferré. Elle est en situation de mettre en campagne une armée bien plus nombreuse et pas moins instruite que l'Italie
(( Ses forces combattantes se montent à 23,460 officiers et 917,213 hommes, tandis que celles de l'Italie ne sontquede 18,961 officiers et 619,573 hommes. «
Les conditions relatives semblent avoir peu changé aujourd'hui. D'après le capitaine autrichien Veltzé (1), le nombre de soldats plus ou moins instruits que les deux alliés peuvent mettre en ligne est, sans compter l'armée territoriale :
en Autriche-Hongrie, de 1 ,700,000 hommes (12 classes de 21 à 33 ans) ;
en Italie, de 1,000,000 d'hommes (12 classes de 20 à 32 ans).
Au mois de février dernier, un officier autrichien, le
(J) Armée ■Aliuanac/i, 1909.
capitaine Rodic, du 2^ bataillon de chasseurs, a publié, dans une revue militaire de Vienne (1), une étude intéressante sur les forces militaires de Tltalie, comparées à celles de F Autriche-Hongrie.
(( En temps de paix, dit-il, l'Italie possède 346 bataillons (2) avec lesquels elle peut, en temps de guerre,
former au moins 24 divisions L'Autriche-Hongrie
en compte 679, qui peuvent être répartis en 48 divisions
« La supériorité numérique permettrait à l'Autriche de conduire une guerre offensive, en même temps contre l'Italie, la Serbie et le Monténégro. Aux 7 à 8 divisions de ces deux dernières puissances nous pouvons en opposer 12. Ce nombre ne serait pas exagéré, eu égard à l'étendue de ces régions et aux difficultés du terrain dans le Monténégro. Néanmoins, nous disposerions encore de 36 divisions contre l'Italie. Vis-à-vis de celle-ci, nous aurions donc une supériorité de la moitié, et, par suite^ la possibilité de faire une guerre offensive sur le territoire italien, avec les meilleures chances de succès.
« A vrai dire, l'Italie peut encore mettre sur pied 12 divisions de milice mobile, et la Serbie, o divisions de seconde ligne. Mais aucun cadre permanent n'existe, en temps de paix, pour ces unités. Sous aucun rapport, elles ne sauraient être comparées aux divisions actives austro-hongroises. »
D'après l'auteur, la supériorité numérique du contingent annuel (3), celle du nombre d'officiers et de fonc-
(1) Militarische Presse, 20 février 1909.
(2) I\on compris les 2 bataillons alpins formés en 1908.
(3) Jusqu'en 1908, 136,000 hommes en Autriche-Hongrie et 90,000, dont 75,000 seulement incorporés, en Italie. Il semble qu'à partir de la mise en application de la nouvelle loi militaire italienne (1908), la supériorité numérique du contingent autrichien doive être moins sensible. En 1908, il y a eu 136,000 hommes incorporés en Autriche-
tionnaires militaires (1) mettent à la disposition de FAutriche-Hongrie des ressources bien plus considérables que celles de l'Italie pour la formation d'unités au moment de la mobilisation.
(( Si l'Italie pense, en cas de guerre, former 12 nouvelles divisions, la Serbie 5, nous pouvons donc, sans optimisme, prétendre en constituer 23
« En ce qui concerne l'armement et l'équipement, nous
ne le cédons en rien à nos adversaires possibles
L'Italie a bien un fusil de plus petit calibre, qui a quelques avantages vis-à-vis du nôtre ; mais, dans la pratique, ces avantages ne méritent pas d'entrer en considération En Autriche comme en Italie, l'armement de l'artillerie en canons à tir rapide est en cours (2). Pour le cas de guerre, nous disposons, en outre, d'une industrie d'armes dont le rendement est considérable. Nous pouvons ainsi fabriquer chez nous toutes nos armes et nos munitions. Ce n'est pas le cas pour nos adversaires.
u Notre équipement laisse à désirer. Nous n'avons pas encore de cuisines de campagne, ni les effets prescrits récemment pour la nouvelle tenue de guerre, ni de
convois automobiles Mais, en Serbie, en Italie,
les défectuosités sont nombreuses aussi.
« Dans le développement de l'armée, Tltalie est, au cours de ces dernières dizaines d'années, restée encore
plus en arrière que nous En 1893, ses dépenses mi-
litaires s'élevaient à 202 millions et demi de marks ;
en 1906, elles n'étaient plus que de 192,800,000
Hongrie et 110,000 en Italie. La différence n'est donc plus que de 26,000 hommes, au lieu de 61,000, chiffre des années antérieures.
(1) 23,390 officiers et 8,339 fonctionnaires en Autriche-Hongrie ; 13,143 officiers et 4,302 fonctionnaires en Italie.
(2) Sous la pression des événements des Balkans, ce réarmement a été hâté en Autriche-Hongrie. Il est actuellement terminé.
marks (1). Eq x^utriche-Hongrie, au contraire, les budgets militaires ont constamment progressé de 2" 3 à 408 millions de marks
« Au point de vue de la qualité physique et morale des troupes, toutes les nationalités de l'Autriche-Hongrie fournissent un très bon soldat en-material. Daos certaines régions, le soldat est même excellent. Pour les Serbes, surtout les Monténégrins, il en est de même. Quant auxltalieus, il existe, sous ce rapport, de grandes inégalités entre les différentes contrées de la péninsule.
(( Il n'y a pas de doute qu'en Italie, comme en
Autriche-Hongrie, on a beaucoup travaillé en vue de Tinstruction
« Un facteur essentiel de la force d'une armée est l'état moral des troupes, formé par la conscience nationale, l'enthousiasme et l'esprit de sacrifice de la nation
entière Nous pouvons être très satisfaits de la
discipline de notre armée Les rivalités nationales,
à l'intérieur de notre monarchie, n'ont pu avoir sur elle aucune influence En Italie, les dispositions naturelles du soldat le rendent parfois difficile à tenir en main »
Pour tous ces motifs, le capitaine Rodic estime que rAutriche-Hongrie n'a rien à craindre de l'Italie, même si la Serbie et le Monténégro l'appuient de leurs forces.
Cette appréciation d'un « ennemi probable », comme le dit lui-même le capitaine Rodic, exagère certains points défectueux, sans faire ressortir assez les qualités de l'organisation mihtaire italienne. Il convient de rete-
(1) Le budget italien pour 1908-1909 est de 298,700,000 francs, c'est-à-dire 238,960,000 marks.
nir surtout de cette étude l'intérêt que portent de plus en plus les officiers autrichiens à l'armée italienne.
Cette armée est actuellement, les Italiens eux-mêmes en conviennent (1), « dans une période de crise, parce que son artillerie de campagne est en voie de réarmement et parce que le gouvernement et la commission parlementaire d'enquête ne sont pas d'accord sur les modifications organiques nécessaires ».
11 ne faut pas en conclure à la faiblesse de cette armée. Depuis sa création, en 1872, elle a déployé une activité remarquable pour se constituer, au milieu de difficultés que la plupart des autres Etats n'ont pas connues : configuration physique du pays très particulière, unité nationale récente, difTérences politiques profondes entre les diverses provinces, situation financière souvent délicate.
L'armée italienne s'est faite, malgré ces conditions défavorables, dont il faut toujours tenir compte lorsque l'on porte sur elle un jugement.
Comme l'a écrit un officier autrichien, « le lourd attirail de guerre de l'Italie sur terre et sur mer, la croissance de la prospérité nationale dans ces dernières années, font d'elle un adversaire qui n'est pas à dédaigner, et un allié précieux (2) ».
Les manifestations les plus récentes de la vie politique italienne témoignent d'un redoublement du sentiment patriotique dans toute la péninsule. L'armée ne peut que bénéficier de cette tendance générale qui porte les esprits vers les questions militaires.
(1) Esercito italiano, n'' 13, 1909, cité par V Internationale Bévue de mars 19U9.
(2) Yeltzes Armée Almanach, 1909.