ANÉVRISMES : ANATOMIE PATHOLOGIQUE
teau de charpie ; les caillots sanguins reposaient directement sur le pansement ; et le doigt, plongé dans l’une ou l’autre des deux ouvertures, parvenait, sans rencontrer aucun obstacle, aux valvules sigmoïdes.
Les perforations qui intéressent les muqueuses [trachée, bronches, œsophage, intestin) paraissent assez souvent résulter d une gangrène partielle, tandis que les parois des cavités séreuses sembleraient céder, au contraire, à une sorte d’usure purement mécanique. M. Leudet, dans un travail récent, considère les perforations de l' œsophage, occasionnées par des anévrismes de l’aorte, comme le résultat, non d’une érosion, mais plutôt d une gangrène circonscrite, contrairement à l’opinion admise par quelques auteurs.
Quand la rupture se lait à l’extérieur, à travers la peau, elle succède généralement à l'élimination d’une eschare.
Il peut être intéressant de constater la fréquence relative de ces perforations sur les divers points que nous venons de signaler. Consultés à cet égard, les Bulletins de la Société anatomique de Pans, de 1826 à 1864, nous ont fourni les données suivantes :
Oreillette droite
Péricarde
Artère pulmonaire 2
Plèvre ^ ^ üü ! 11
‘droite
Médiaslin antérieur ^
Poumon gauche ^
Bronche droite ^
Les deux bronclies, sans autre désignation <>
UOsophage f
Duodénum.
l’éritoine ^
Sous le péritoine ^
Tissu cellulaire de la paroi thoracic|uc antérieure f
Extérieur -
Mort sans rupture
Nüuslicuvcns.en oulre, dans les JMklhis, Irois cas où il
MALADIES DE l’aOHTE
s’est produit une hémorragie mortelle sans rupture delà poche : dans le premier de ces faits, il existait une fissure de l’aorte dans le voisinage du sac ; le sang s’est épanché dans la plèvre gauche; chez les deux autres sujets, il s’était produit une altération des vaisseaux coronaires, suivie d’une hématémèse promptement mortelle. La seconde de ces observations a été recueillie par l’un de nous, dans le service de M. Moissenet, à l’hôpital Lariboisière.
Les relevés statistiques de Crisp, qui embrassent la totalité des faits publiés en Angleterre, jusqu’à son époque, s’appuient sur un nombre défaits beaucoup plus considérable. On peut les résumer dans le tableau suivant :
Il semblerait donc que, pour les anévrysmes thoraciques, les voies aériennes sont le siège le plus fréquent des ruptures internes, qui prédominent beaucoup sur les ruptures à l’extérieur. On voit en même temps que souvent la mort se produit avant la rupture de la poche.
Siège. — Les relevés de Crisp établissent que les anévrismes inlra-lhoraciques de l’aorte sont plus fréquents que