‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 122 sur 159 · DILATATION SIMPLE · texte numérisé non relu

DILATATION SIMPLE

anatomique, une différence absolue entre ces deux ordres de lésions, et les dilatations, parvenues à un volume très considérable, peuvent se comporter absolument comme des anévrismes, comprimer les organes voisins et même se terminer par rupture.

Les dilatations de l’aorte peuvent occuper toute la circonférence du vaisseau, ou proéminer sur l’un des côtés. Les artèies qui naissent du point dilaté, les intercostales aortiques le tronc cœliaque, l’artère innominée, participent, en général à cette ampliation ; la sous-clavière gauche, d’après Laënnec, ferait seule exception a cette règle, sans doute en raison de 1 angle aigu sous lequel elle naît de la crosse aortique.

Il existe constamment une dilatation au-dessus des rétrécissements, ce qui se voit surtout dans les cas de sténose congénitale de l’aorte, au niveau de l’insertion du conduit de Botal : la crosse aortique est, en pareil cas, notablement agrandie.

Enfin, l’insuffisance des valvules sigmoïdes, lorsqu’elle a longtemps persisté, donne naissance cà une dilatation aortique ; et réciproquement, les dilatations de l'artère portées à uri certain degré, peuvent occasionner une insuffisance valvulaire. Sauf ce dernier accident, les dilatations simples de Eaorte n’occasionnent, en général, aucun trouble sérieux, et ne présentent aucune tendance à subir cet accroissement rapide qui caractérise les anévrismes proprement dits. C’est seulement après avoir acquis un très grand volume qu’elles peuvent déterminer des accidents mortels.

Les dilatations simples de l’aorte, quoique ne donnant lieu, dans la majorité des cas, à aucun phénomène caractéristique^ peuvent être quelquefois diagnostiqués à l’aide de la percussion ; souvent aussi elles donnent lieu à un bruit de souffle, surtout lorsque leurs parois sont couvertes d’incrustations calcaires. Elles ne contiennent pas habituellement de caillots 'et ne se prêtent point à la formation de ces dépôts stratifiés qu’on

Charcot. Œuvres complues, t. v, Poumons et Cæuv.

MALADIES DE l’aüUTE

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rencontre si souvent dans les anévrismes; cependant on y trouve quelquefois des concrétions fibrineuses, surtout quand leur surface interne est jaunie d’aspérités (Burns).

Les dilatations simples de l’aorte sont des lésions essentiellement incurables, puisqu’elles n’ont aucune tendance à se laisser oblitérer par des caillots. Dans les cas où elles occasionnent de la dyspnée ou des palpitations incommodes, on peut avoir recours à des moyens palliatifs ; la digitale, les saignées générales et locales, les applications de glace pourront quelquefois procurer au malade un soulagement provisoire.

Bibltographie. — Morgagni. De sed. et causis morborum. Ep. XVll, XVIII et passiin. — Sénac-Traitê de la structip'e ducæur, t.II, p. 206. — Ilurns (Allan). Discases of the Reart, p. 206.— Scarpa. Del aneurisma, etc., p. 55. — l'elletan. Clinique chirurrp cale, t. I, p. 89. — Hodgson, ouvrage cité, p. 49. — Laënnec. Traité d’auscidtation médiale, 2" édit., t. II, p. 688.

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