RÉTRÉCISSEMENTS ACCIDENTELS
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miers à signaler; nous voulons parler de la claudication intermittente paralysie des membres inférieurs omjios-
térieiirs.
Les oblitérations de l’aorte abdominale ne sont pas extrêmement rares, dans l’espèce chevaline. Lorsque la compression, exercée par une tumeur voisine, n’en rend pas compte, il faut les attribuer, d’après M. Goubaux, à la rupture delà membrane interne. Il arrive souvent que, pendant le travail, les pieds de derrière viennent à manquer sur un terrain glissant ; l’animal tombe alors à plat ventre, et l’extension forcée qui en résulte pour les membres postérieurs, peut amener une déchirure de la membrane interne de l’aorte, au point où l’effort est le plus vivement ressenti, c’est-à-dire vers la région lombaire. Il en est de même quand une ruade est énergiquement lancée en l’air, sans que les pieds rencontrent un appui. On comprend donc qu’il est très intéressant de constater les signes qui révèlent l’existence de cette lésion chez le cheval, afin d’en faire l’application à la pathologie humaine.
Quand l’oblitération des collatérales ne permet plus au sang de refluer au-dessus de l’obstacle, il se produit une paralysie permanente ; mais aussi longtemps que la circulation peut se rétablir par les anastomoses, on n’observe que des phénomènes de claudication intermittente ; l’animal marche bien quand il n’est pas fatigué, mais il commence à boiter dès que la course se prolonge; bientôt, à bout de forces, il tombe sur le sol, où il reste étendu, en donnant tous les signes d’une vive douleur; les membres sont roides, contractés, refroidis. Au bout de vingt ou trente minutes, les symptômes s’amendent ; l'animal se relève, et reprend toutes les apparences de la santé.
L’un de nous (M. Charcot) a observé, chez l’homme, une lésion semblable, avec les symptômes correspondants. 11 s’agissait d’une oblitération de l’artère iliaque primitive droite.
MALADIES DE l’AOIVI'E
avec claudicalion intermitleiile dans le membre inférieur du même côlé ; le malade était sujet à des accès de paralysie douloureuse, provoqués par la marche, et dissipés par le repos. Cette oblitération avait été occasionnée par un anévrisme de la portion terminale de l’aorte, situé auprès d’une balle logée au voisinage du sacrum. (Yoir plus loin, p. 572.)
Ces faits qui correspondent aux données de l’expérimentation physiologique chez les animaux, et aux effets bien connus de la ligature de Taurte chez l’homme, offrent une importance capitale, au point de vue du diagnostic. Si la paraplégie n’a pas été toujours observée chez les malades atteints d’une lésion de ce genre, ils ont éprouvé néanmoins de l’affaiblissement, de l’atrophie musculaire, et des fourmillements dans les jambes. Ces symptômes ont été jusqu’à la paraplégie complète chez un homme dont l’histoire est rapportée par Gull et qui présentait une dilatation tellement prononcée des artères périphériques, qu’on ne pouvait mettre en doute l’existence d’une oblitération de l’aorte.
Au reste, le cours du sang se rétablit plus facilement chez les sujets atteints d’une obstruction accidentelle que chez ceux qui présentent un rétrécissement congénital ; car, dans le premier cas, le siège de l’obstacle étant presque toujours situé plus bas que dans le second, les voies ouvertes à la circulation supplémentaire sont, à la fois, plus nombreuses et plus variées, et les vaisseaux pelviens peuvent entrer en jeu. C’est peut-être ce qui explique pourquoi, dans quelques cas de cette espèce, il n'existait pas une dilatation sensible des artères collatérales (Barth). L’atrophie des membres inférieurs, dans de telles conditions, n’a presque jamais lieu.
Pao.NOSTic. — Le pronostic dépend essentiellement ici de la cause qui a provoqué l’occlusion de l’aorte. Dans les cas où il s’agit d’une compression exercée par une masse solide, il est
CONCRÉTIONS FIBHINEUSCS '
évident que la gêne de la circulation n’est qu’un épiphénomène delà maladie, dont la marche dépend essentiellement de la nature et du progrès de la tumeur. Lorsque, au contraire, une altération intérieure du vaisseau est le point do départ des accidents observés, la gravité de l’affection dépendra du siège et de l’étendue du rétrécissement, ainsi que du degré de coarctation qu’il présente. Ce n’est guère que dans les cas d’oblitération absolue qu^on observe la paralysie et le sphacèledes extrémités. Les ruptures de l’aorte ne surviens nent guère ici qu’à la suite d’efforts violents; et la vie peut se prolonger assez longtemps, dans les cas d’obstruction accidentelle, comme nous Lavons déjà vu pour les rétrécissementscongénitaux.
Bihliographie. — Velpeau. Exposition d'un cas remarquable de maladie canceieiise avec oblitération de L'aorte. Paris 1825. — Barth. Presse médicale, 1837, et thèse pour le doctorat, même année. — Tiedemann, Yon der VerengeruiKj Hud Sc/üiessung der Pulsadern. Ileildelberg, 1841. — Andral. Aiiat.. path.ol., t. Il, p. 373. — Bouillaud. Dict. de Méd. et deChir. prat., Art. Aorte. — Dalmas. Dvd. de Méd.. en 30 roi. — Goubaux. Mémoire sur les paralysies du cheval causées j>ar l’oblitération de l’aorte postérieure, etc., etc. In Recueil de Med. vélér. prat. 1846. — Charcot. Sur la claudication intermittente observée dans un cas d'oblitération complète a'une des artères iliaques primitives. In Gaz. méd. île Paris, 1859. (Voir plus loin, p. OOO.) — Gull. Case of Paraplegia from obstructed Aorta. In Guq’s Hosp. Reports. 3*1 sériés, vol III^ p. 311 ; 1835.