‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 17 sur 159 · CINQUIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

CINQUIÈME LEÇON

Pathologie générale de l’épithélium pulmonaire.

S0.,«».RS. - L'épithélium pulmonaire se développe <1“

moven du blastoderme comme les endothéliums. - Patl ologiquement l'épilhèlium pulmonaire se comporte a la façon des épithéliums. - néveloppement des poumons; cellules hjpoWasti lu

tissu mésoblasLique.

Caractères des inflammations aiguës nutritive. — Irritation formative. —

des tissus vasculaires. — Irritation Cellules géantes. — Prolifération par

scission.

Messieurs,

En lerminant. dans la dernière séance, la description du revêtement épithélial pulmonaire, considéré dans les conditions normales, chez l'homme, pendant le extra-utérine, je vous faisais remarquer que ce revêlemeni

composé dune seule couche de

soudées entre elles par m. ciment, se confond en quelque sorte morphologiquement avec les endolhehums qui vrent les membranes séreuses, les parois des vaisseaux euins et lymphc^Liques, etc.

® Uu caractère commun à ces endothéliums, dont 1 epilhelium pulmonaire reproduit le type morphologique, est, vous e sa\ez,

ORIGINE DE l’ÉPITRÉLIUM PULMONAIRE 35

de se développer chez l’embryon aux dépens du feuillet moyen' du blastoderme, tandis que les épithéliums proprement dits naissent des feuillets interne et externe.

Or, suivant M. Ilis, auteur de travaux embryogéniques bien connus et quelques observateurs qui ont développé les vues qu’il a émises à ce sujet, il y a une distinction fondamentale à établir entre les épilhéliuins proprement dits et les endothéliums déjà séparés, vous le voyez, parle siège de leur développement. Ceux-ci doivent être assimilés aux cellules plates du tissu conjonctif, dont ils ne représentent qu’une simple modification quant à la forme, et dont ils possèdent, d’ailleurs, toutes les propriétés physiologiques.

Ils n’ont, à part certaines ressemblances, rien de commun avec les épithéliums, et ces deux ordres de tissu conservent leur autonomie et leur indépendance réciproques dans les diverses circonstances de la vie extra-utérine relatives aux phénomènes d’accroissement, de régénération, de formation néoplasique.

Ainsi, suivant M. Waldeyer, grand partisan dans le domaine pathologique de la doctrine de M. Ilis, jamais le tissu conjonctif ne peut se développer pathologiquement aux dépens du tissu épithélial et inversement, jamais une cellule conjonctive ou endothéliale ne peut reproduire une cellule épithéliale; et pour ne citer qu’un exemple, relatif au tissu épithélial, les cellules du carcinome ou de l’épithéliome — c’est là une conséquence de la doctrine — doivent naître toujours au sein ou dans le voisinage immédiat d’un revêtement épithélial ; si une tumeur carcimonateuse ou épithéliale se rencontre au sein du tissu conjonctif, elle y est de provenance étrangère, métastatique, c’est un foyer secondaire dont le germe vient d’ailleurs. '

Je me garderai bien d’entrer dans le débat suscité par cette doctrine, parce qu’elle ne concerne pas directement l’objet spécial de nos études actuelles; je veux me borner à relever ici

NOTIONS EMnUYOGKNIQUKS

que le cas de l’épithéliurn pulmonaire peut ÔLre considéré comme formant exception à la règle trop absolue qu’on voudrait poser; car, d’un côté, bien qu’en continuité directe avec le revêtement épithélial bronchique, il reproduit la forme des endothéliums; d’un autre côté, sous l’action des causes pathologiques, il se comporte, ainsi que nous l’avons laissé pressentir, tantôt à la manière des endothéliums développés aux dépens du feuillet moyen, tantôt à la manière des épithéliums proprement dits, dont il reprend, dans de certaines circonstances, à la fois, tous les caractères physiologiques et morphologiques.

Il y a là un point de vue devant lequel il ne sera peut-être pas inopportun de nous ari'êter un instant ; ce sera pour nous une occasion de vous présenter une sorte d’esquisse de l’anatomie pathologique générale de l’épithélium pulmonaire, et de justifier du même coup une assertion que j’ai émise dans la dernière séance, à savoir que les lésions de ces éléments tiennentune grande place dans l’analomiepathologique dupoumon.

Permetlez-moi, au préalable, de vous rappeler, très sommairement, quelques détails d’embryogénie élémentaire que nous devons utiliser chemin faisant.

Je place sous vos yeux un dessin représentant une coupe perpendiculaire à l’axe spinal et passant par la partie moyenne d’un embryon de poule, après 56 heures d’incubation {Fig- 16). Les principaux détails du développement sont déjà à cette époque très accentués. Voici le feuillet externe ou épihlaste, l’ancien feuillet séreux; l’inlerne ou hypo* blaste. Le moyen ou mésoblaste, divisé déjà, à cette époque du développement, en deux feuillets secondaires : somatoplè-

DÉVELOPPEMENT DES l'OUMONS

vre et splanchioplèvre, laissant entre eux la cavité pleuro -péritonéale.

Un mot maintenant relativement à ce qui concerne particulièrement le développement des poumons. A l’origine, les deux poumons sont, vous le savez, des boui’geons ou prolongements de l’œsophage. Déjà le troisième jour, de chaque côté de cette partie du tube digestif [Fig. 17), on trouve, par la dissection, deux prolongements ou diverticulums qui répondent à chacun des poumons. Les bourgeons, comme le tube digestif lui-

transversale de l'embryon de Poulet vers la S0‘ heure de l’incubation.

A, feuille externe. — A’, coupe de la moelle épinière. — B, feuillet interne, GC

vertèbres primitive.s. - D, corde dorsule. - EE, aortes primitives. - F, cavité pleuroperitoneale. - GG, corps de Wollf. — M, feuillet moyen. - (Ranvier, Leçons d'anatomie generale, fig. 1.) , > .

même, se composent essenlieliement de deux parties bien distinctes: 1“ une couche de cellules hij poblas tiques qui prennent bientôt le caractère d’un revêtement épithélial cylindrique ; et 2° une couche épaisse de tissu mèsoblastique. Par la suite, les culs-de-sac se ramifient, poussent des prolonge- I ments au sein du mésoblaste, prolongements se terminant par de petits renflements. Ces derniers répondent aux conduits alvéolaires et aux alvéoles, les autres aux ramifications bron- , chiques. Tandis que les cellules hypoblastiques formeront un revêtement sur toute l’étendue de la surface de ces cavités, le 1 mésoblaste donnera naissance aux tissus élastique musculaire 1 cartilagineux, conjonctif, etc. {Fig. 18), qui entrent dans la

gg développement des poumons

composiliou des parois des conduits aériens. Les vaisseaux y

pénètrent veçs le vingtième jour.

Nous ferons tout à l’heure l’application de ces notions élé-

pig, ^7. — Schéma d'une portion du canal digestif d'un poulet du quatrième jour (D'ixprès Gi')üe). — Le trait noir intérieui représent e l’hypoblaste, la partie externe moins sombre, le mésoblaste. — Ig, Jivertiruliim pulmonaire, présentant une extrémité terminale renflée qui l'orme la vésicule pulmonaire primitive. — St^ estomac. G deux diverticulums bépatiques, dont les extrémités terminales sont réunies par des rangées non interrompues par des cellules hypoblastiques. — p, diverticulum vésiculaire qui en nait {Fig- Élé-

ments d’embryologie de Foster et Balfour).

ptq ^ tS. Quatre schémas destinés à montrer

la format'ion des poumons (D'après Cotte). — a. mésoblaste. — b, hypoblastc - d, cavité du canal digestif. - l, cavité du d>ver .culum P .Iraouaire, - En 1, le canal d gestif a subi un étranglement qui la séparé en deux canaux, l'un supérieur, l’autre inrencur ; le premier étant le véritable canal alimentaire, le second le tube pulmonaire ; ils sont en commun! a' ion l'un avec l'autre. -- F.ii -, le tube inferieur (pulmonaire) s est élargi.

En 3 la porliou élargie s'est étranglée de manière à former encore deux tubes qui communiquent l'un avec l'autre et tous deux avec lé canal digestif. - En 4, ils se sont

complètement sépares l'un de 1 autre ainsi que du tube digestif, le mésoblaste a commence également à présenter les signes de cbense* nfents internes qui se sont produits. {F, g. 43 de Fosler et Balfour, loc. cd.).

menlaires; actuellement, j’en viens à la démonslmlion d une des propositions que j’émettais à l’inslaul, à savoir que sous rinfluence de certaines causes pathologiques, 1 epithelium pulmonaire se comporte à la manière des endothéliums loppés dans le feuillet moyen.

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