‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 30 sur 159 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le petit nombre de travaux qui ont été écrits sur la pneumonie chronique semble témoigner déjà des difficultés du sujet. Il s agit, en effet, de décrire une maladie rare, et dont Laennec avait pu même contester l’existence. Aujourd’hui, après les travaux de MM. Andral, Chomel, Grisolle, Requin,’ Raymond et quelques autres, personne ne saurait nier qu’il existe une espèce particulière d’inflammation parenchymateuse du poumon, caractérisée anatomiquement par diverses variétés d induration pulmonaire, et représentant à l’état chronique la forme aiguë de la pneumonie lohaire dégagée de toute complication. Mais il est certainement peu de médecins qui aient eu 1 occasion de vérifier, soit au lit du malade, soit à ramphilhéâtre, les descriptions produites par les auteurs que nous venons de citer.^ Ces descriptions, d’ailleurs, ont presque toujours été présentées avec réserve. Ainsi, Chomel avouait n’avoir pu réunir et comparer que huit cas, lorsqu’il composa son article Pneumonie chronique pour la 2“ édilion du Dictionnaire de Médecine en 23 volumes. M. le professeur Grisolle n’avait pu suivre qu’une seule fois l’évolution delà maladie au moment

J|g ,)!■: LA VNILUMONIE ClIltONlOUIC

Où il publia son Trmlé de la Pneumonie. Depuis ce temps, les raalénaux ne se sont guère multipliés; et Ton réunirait d.lficilement aujourd’hui, je crois, en compulsant les divers recueils ou les Irailés ex professa, plus de dix ou douze observations de pneumonie chronique lobaire simple, douées de toutes les garanties qu’on est en droit d’exiger. Le nombre des faits publiés comme exemples de pneumonie chronique est beaucoup plus considérable sans doute; mais en y regardant de près, on ne tarde pas à reconnaître que, pour la plupart, ils ne sont'poin^ relatifs à celte maladie. Le plus souvent, en effet, il s’agit de cas où une induration, sans caractère innammatoire apprLiable, persistait à la suite d’une pneumonie aiguë depuis longtemps guérie. D’autres fois, ce sont des exemples de ces pneumonies aiguës à lente évolution dont on a pu dire qu elles sont aiguës par les symptômes, et chroniques par la durée. Or, ces faits doivent, ce nous semble, être distraits de la pneumonie chronique proprement dite, et étudiés à part, si 1 on ne veut pas voir s’introduire la plus grande confusion dans l’histoire déjà si difficile de cette maladie.

Ayant à traiter un sujet encore à l’étude, nous nous sommes trouvés heureux de pouvoir étayer nos descriptions de trois observations inédites. L’une de ces observations appartient a M le docteur Monneret, qui, avec la plus grande obligeance, a bien voulu nous autoriser à l’insérer dans ce travail ; les deux autres ont été recueillies par nous il y a plusieurs années dans

les hôpitaux L

La pneumonie aiguë lobaire simple n'est pas la seule forme d’inflammation parenchymateuse aiguë du poumon qui se trouve représentée à l’état chronique. Des foyers tuberculeux,

^ Je prie mes collègues dans les hôpitaux. MM Hérard, Woillez, de recevoir mes uli-

qu’ils ont bien voulu me communiquer et qui m ont ete g

lilé pour la rédaction de ce travail.

INTIiODUCTlON ; HIULIOGHAPIlll’; M9

gangréneux, des corps étrangers inlroduits dans les voies respiratoires peuvent, par exemple, dans certains cas être Je point de départ d un ti'avail de plilegmasie clironique. Mais ici encoie les faits manquent, ou en tout cas ne fournissent pas matière à de grands développements; nous avons cependant dit quelques mots de ces diverses variétés de la pneumonie chronique dans un article accessoire où nous éludions aussi, fort brièvement, quelques affections du poumon qui ont été plusieurs fuis considérées comme étant d'origine et de nature inflammatoire.

Un historique en règle des diverses vicissitudes qu’ont subies les questions relatives à la pneumonie chronique, offi'irait peu d’intérêt, et nous n’aurions pu d’ailleurs que répéter ici mot pour mot ce qu’a dit à ce sujet M. Raymond, dans sa dissertation inaugurale; pour ce qui concerne la bibliographie, nous nous bornerons à indiquer, chemin faisant, les sources ‘

- Voici d’ailleurs un aperçu hisloriqua et bibliographique;

~ et Corvisart,iVo2^,W/ewe-

. se de Pa S n 80 ickoreuse), 1818, p. 2in. - Racine,

cse de laiis, in-8o, an \I. — hroussais, l’hleqmas. chron. tin 2' q J

- rri<inlM‘ 7 ’ v‘- f}' covn. niérlico-chirm-., mai 18-41)

Sio p. 79 1S«r Vanat. palhol p 348 .

ob Uièse^de I-ai-is,’ 18^’

SXnif'r <-h> onn,ne fondée svv huit faits, 184.'i). Corbin

(d 0 leans) Gn.-. méd^c., p. 80G, 4 obs. ? - Rat, thèse de Paris ms no 1

We rViT-r^lV bp. 993). - Requin, '

A. ’ - t^acour, thèse de Paris 1847 Inas d’nl,= i

Macquet, Société anatomiq., 18-47, p. 2- 8. — Ilardv et llèhipr \P “ —

-M851. t. JI, p. C4, (Ml;tionde^MuLurs o"^•

-Popham, Gaz.' méd Ztv

11 ' n' Ihichcteau, Traité des lualau. chroniaues ISGi'oi,.

I • • ' 7. tbirand-Fardel, (^/es î;ie/7/a)'(/s i8o I p 3 3 iq nli« ’r ’ douteuses). - Dupré, Gaz. média, janv. fév l83‘Mlwl / «'Oins Gaz. Miaa,. )836, page 055. 2 observations? -‘collon! tvi feiZlS!

BlBLlOUUAI’IllE

malheureusement trop peu nombreuses où nous avons pu puiser d’utiles renseignements.

1836, page 613. — Heschl, Gaz. hebdomad., 1836, page 673 {Anatom. pa-

Guy's-Hosp. Reports, 1843, p. 363. - llope, Principles üliistrat., Pif Lond. 1854, p. 13. — Noirot, Annuaire, 1858, t. III, 2 observations, Carnificat. — Wunderlich, Pa.'/i. et Thirap., l. III, IW. passim. —

Cmveilliier, Atlas d’anat. path., t. I, et Anatom. puthol., 184u, l. I, p- 139- 49 1- Bennett. Cliniad lectures, Edinb. 1838, p. 643, 2 observations? -

Sloices, Diseuses of the CkesL, Dublin, 1837, p ^3. - Cruveilhier A^d. path. génér., t. III, p. 6Û8. — Société anatonnq., t. X.VII, p. 238, 261 , t. XA1\ ,

n 2’i • t XXIX, p. 5. 445 ; t. XXX, n. 46.

En général, nos recherches chez les auteurs étrangers ont ete peu Iruc-

tueuses.

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