JJE LA PNEUMONIE CHRONIQUE SIMPLE
Anatomie pathologique. — Les altérations que l’on rencontre dans les poumons, chez les individus qui succombent à la suite de pneumonie chronique, se présentent sous des aspects variés, mais qu on peut cependant toujours ramener à un certain nombre de types fondamentaux. Étudions-les d’abord dans les cas où la maladie, ayant eu une issue relativement prompte, elles sont peu avancées dans leur développement et permettent ainsi de saisir la transition entre l’état aigu et l’état chronique proprement dit.
^ A. Induration rouge : Andral ^ Ilope Forster L — Hépatisation indurée: Lebert. — Les caractères de cette forme diffèrent peu de ceux qui appartiennent à l’hépatisation rouge de la pneumonie aiguë. Le tissu malade est rouge, compact, lourd, non crépitant; la surface de section en est très manifestement granuleuse. La seule différence un peu notable consiste
P- i. III,
^nnojplcs and illustrât . of rnorbid anatomy . London IS'U n » Forster. - llandhuch der pal/i. Anat., Bd. II, s Jgi ’ '
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en CO. que la consistance est devenue plus ferme; à la friabilité, au ramollissement, a succédé l’induration; on a noté aussi, dans les cas qui paraissent correspondre à des phases un peu pins avancées de l’altération, une certaine sécheresse des tissus accompagnée généralement d’une diminution dans la vascularité et d’une teinte plus pâle. On connaît malheureusement fort peu les raodiûcalions que subit, en pareil cas, l’organe pulmonaire dans sa texture intime. Chez un homme mort à la suite d’une pneumonie, dont la durée avait été d’un mois, l’organe malade présentait, à l’œil nu, les particularités que nous venons de signaler. Dans ce cas, M. Leberti trouva la substance pulmonaire infiltrée d’une matière d’exsudation ferme et consistante, paraissant être surtout de nature fibrineuse et ayant son siège tant dans les vésicules que dans le tissu cellulaire interstitiel; les fibres pulmonaires, quoique écartées, étaient partout parfaitement bien conservées; on retrouvait çà et là les diverses espèces de corps granuleux qu’on rencontre dans l’état aigu; mais, en outre, il existait un certain nombre de cellules fusiformes. Ce dernier fait, qui se trouve d’ailleurs en conformité parfaite avec quelques résultats obtenus, dans leurs investigations microscopiques, par MM. Forster et Ileschl ^ est important à signaler ; il permet jusqu’à un certain point de rattacher l’induration rouge à l’induration grise, et de les considérer comme représentant deux phases, deux degrés successifs d’une même altération. En effet, un des principaux caractères de cette dernière forme de la pneumonie est fondé, ainsi que nous le dirons plus bas, sur la prédominance anormale de tissus lamineux et fibroïdes de nouvelle formation, au sein du parenchyme pulmonaire. Or, on sait que les cellules fusiformes représentent les premiers rudiments du développement de ces tissus.
' Atlas d' anatomie palholorjique, t. I, p. 6i8*
■U^vager Viertelj., 51-52, 1858, Uebev Lungen Induration, clc.
( ANATOMIE l'ATflOLOGIOUE 123
R. Indumlum jaiinn: llope \ — Induration aUmmmcuse : Addisoii Hépatisation jaune : LeherL — Xi^su ferme, dense et sec; coloration jaune pâle teintée de ronge; la texture est en général granuleuse; cependant çà et là les granulations sont effacées, et la surface de section paraît lisse et plane. La substance exsudée est plus abondante que dans le cas précédent; elle distend le parenchyme du poumon, au point que dans certains cas on le dirait injecté avec de la cire ou du suif; bon nombre de vaisseaux capillaires sont devenus imperméables, comprimés qu'ils sont par le fait delà distension exagérée des vésicules pulmonaires; de là dérive un aspect anémique tout particulier que présente l’induration, dans les points où ses caractères sont le plus accusés. Les éléments anatomiques qu on trouve à l’aide du microscope sont d’ailleurs à peu de chose près les mêmes que dans la forme précédente; ce sont des cellules épithéliales présentant divers degrés d’altération, des globules pyoïdes, purulents, et enfin çà et là des cellules fusiformes. M. Leberl semble admettre que l’hépatisalion jaune se forme à la suite de l'induration rouge, et que celle-ci doit nécessairement précéder celle-là. Rien ne démontre cependant, quaiù à présent, qu’il en soit ainsi; c’est même, probablement,’ plutôt à des différences dans l’abondance ou la nature chimique des exsudats qu’il faut rapporter la diversité d’aspect observé. Bans les cas dont il s’agit, la constitution du sujet, la crase du sang, doivent avoir, on le conçoit à priori, la plus grande influence sur la composition des liquides déversés dans 1 organe enflammé. Depuis longtemps déjà, M. le professeur Cruveilhier a appelé l’attention sur l’existence d’une va-
^ Lnc. cU, (Yellow induration).
■ Aclclison. — Obsn-val. on pneumonia and ils conscuue^iccs n ■. ,
neporfs, 20 série, 1843, p. 363j. ^Humccs {Ourj s Hospital
” /-oc. cil.
* Voir un bel exemple de ce genre dans Cruveilliicr AlUn ■
tholofjique, 290 livr., J'neumonie sudaigue, etc. d anatomie pa-
,jg/^ DE LA l'NIiUMONlIi üllUOMOUE
riélé de la pneumonie aiguë, qu'il propose d’appeler du nom de pneumonie œdémateuse, el qui survient principalement chez les individus atteints de cachexie séreuse. On a admis, dans ces derniers temps, en outre de ces pneumonies séreuses, et à notre avis, tout aussi légitimement, des pneumonies fibrineuses, hématoïdes, suivant que l’exsudât pneumonique est très riche en fibrine ou, au contraire, remarquable surtout par la prédominance des éléments colorés du sang h II est probable que ces variétés de la pneumonie aiguë devront se retrouver dans les l'ormes lentes et chroniques de la maladie; mais c’est là un point de vue que nous nous bornerons à signaler, sans vouloir y insister plus longuement. Nous ferons remarquer seulement que l’induration jaune ne paraît pas exiger, pour se constituer, plus de temps qu’il n’en faut à l’induration rouge; on l’a rencontrée à peu près dans les mêmes circonstances que celle-ci, c’est-à-dire chez des individus qui avaient succombé de un mois à six semaines après le début des premiers accidents
thoraciques.
G. Induration grise, ardoisée: Andral, Grisolle, Chomel, greij, grey-iron induration: Addison, Hope; Lur g en-induration : auct. Germ. — Dans les deux variétés anatomiques de la pneumonie chronique que nous venons de décrire et qui rappellent, à quelques nuances près, le tableau si exact qu’a trace Laennec de l’hépatisation rouge, le parenchyme pulmonaire ne semble pas encore avoir éprouvé, dans sa texture intime, de modifications profondes, irréparables; les exsudais qui infiltrent les tissus sont encore liquides ou liquéfiables, et ils possèdent à peu près les mêmes qualités chimiques ou microscopiques qu’on leur connaît dans l’état aigu. Dans l’induration grise que nous devons maintenant décrire, et qui doit caractériser ana-
‘ Schulzenberger. - Comble rendu de la clinique médicale. Strasbourg,