‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 54 sur 159 · PROVENANCE DU CHARBON PULMONAIRE 2H · texte numérisé non relu

PROVENANCE DU CHARBON PULMONAIRE 2H

pas sans intérêt toutefois d’examiner rapidement les objections qui ont été élevées par les différents auteurs contre cette doctrine, et en premier lieu les arguments favorables à cette idée que le charbon pulmonaire est de provenance intestinale.

Il est bien certain, tout d’abord, que les particules charbonneuses introduites dans les voies digestives peuvent perforer les parois intestinales et de là se répandre dans certaines parties de 1 organisme. On les a retrouvées, en semblable cil constance, dans les ganglions mésentériques, les veines mésaraïques, la veine porte, le foie, le cœur droit, et dans le poumon lui-même. Les expériences qui ont mis ce fait en lumière ont eu autrefois un grand retentissement, et il suffira de citer les observations d'OEsterlen (1845), Mensonides et Donders, Orüla, Ch. Robin. Ces expériences montrent, en effet, que le charbon peut suivre cette voie détournée pour pénétrer dans le poumon ; mais elles ne montrent nullement que ce soit la sa voie habituelle, le chemin qu’il doit en quelque sorte nécessairement parcourir pour y arriver.

Il est vrai qu’à une certaine époque on crut avoir démontré directement, par des expériences instituées sur les animaux que les poussières en suspension dans l’atmosphère ne pouvaient pénétrer, pendant la respiration, dans la profondeur des voies aériennes, et on plaçait dans les-cils vibratiles appartenant à l’épithélium respiratoire l’obstacle qui s’opposait à cette pénétration. II est bien évident que, s’il en était ainsi réellement, la question serait jugée, et il faudrait de toute nécessité admettre une autre voie pour l’introduction des poussières dans le poumon. L’action des cils vibratiles est réelle en effe^ comme le démontre une expérience de Rindfleisch. II suffit dé déposer sur le pharynx d’une grenouille du charbon en poudre fine pour voir, sous l’influence des mouvements des cils les particules charbonneuses cheminer et être en définitive rejétées

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