‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 62 sur 159 · FORMATION DES CAVERNES PULMONAIRES · texte numérisé non relu

FORMATION DES CAVERNES PULMONAIRES

Qu’on suppose un tubercule miliaire développé primitivement autour d’une bronchiole et ayant envahi les parois d’un acinus voisin. La paroi bronchique étant épaissie par la néoplasie, la lumière du conduit est rétrécie: elle est déjà encombrée par la présence des produits d’exsudation ou de prolifération catarrhale, et finit par s’oblitérer. A un moment donné, le bouchon catarrhal, la paroi bronchique elle-même, la paroi acineuse aussi, subissent la fonte caséeuse, et la matière ramollie se déverse dans le conduit bronchique situé en amont, et, a-t-il été dit, plus ou moins dilaté. 11 en résulte une petite excavation qui occupe la place de la bronchiole et de l’acinus, dont il ne reste d’abord que des débris et bientôt plus rien. L’artère satellite, oblitérée par les végétations de l’endartérite et facilement reconnaissable à la présence des tuniques élastiques, se distingue vers la partie centrale du néoplasme tuberculeux, au voisinage de la petite excavation, comme pour témoigner que là a existé une bronche. Ainsi se forment de petites cavernes primitives qu’on peut appeler cavernes acineuses.voit, d’après son mode de formation, que la caverne acineuse est faite sur le plan de la disposition des bronches. Ses parois sont sinueuses et pourraient être prises facilement pour une dilatation bronchique. Il faut remarquer ici que le pus produit dans la bronche peut refluer dans la caverne ; mais il ne faudrait pas voir là une preuve de l’intervention du processus phlegmasique, dans la formation de la cavité.

Plusieurs cavernes acineuses peuvent communiquer ensemble; le lobule tout entier se vide en quelque sorte par la bronche. La réunion de plusieurs cavernes acineuses forme les cavernes lobulaires qui occupent tout un lobule. Enfin il est facile de comprendre comment plusieurs cavernes lobulaires, par les progrès de la fonte caséeuse, donnent naissance à des cavernes poly lobulaires, puis à des cavernes lobaires, c’est-àdire occupant tout ou partie d’un lobe du poumon (Fig. 35).

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