‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 64 sur 159 · TUBERCULES DE GUÉRISON · texte numérisé non relu

TUBERCULES DE GUÉRISON

en une petite tumeur fibreuse ; c’est le tubercule fibreux.

Cruveilliier avait déjà fait remarquer que les tubercules en général, les tubercules pulmonaires en particulier, sont curables à toutes les périodes de leur développement et sous toutes leurs formes : 1° tubercules solitaires ; 2° agrégats tuberculeux; 3° cavernes pulmonaires. Il y avait donc à considérer; 1° des granulations de guérison ; 2° des agrégats tuberculeux de guérison; 3° des cavernes de guérison, Laennec savait parfaitement que l’affection tuberculeuse n’est pas absolument incurable ; mais il ne s’était occupé que du mode de guérison des cavernes et il semblait croire que les désordres produits par les tubercules ne peuvent se réparer qu’après l’élimination de la matière étrangère. Cruveilliier montra que le tubercule peut s’arrêter dans son évolution à l’état de tubercule cru, à 1 époque où la mortification caséeuse n’a pas encore amené la désagrégation des produits nécrosés. Si l’on compare le tubercule de guérison à une granulation miliaire, au premier abord, il y a identité. En quoi donc ce tubercule diffère-t-il du tubercule en pleine évolution destructive? La zone embryonnaire plus large a subi l’évolution fibreuse, c’està-dire que les éléments cellulaires de gangue intermédiaire ont disparu pour faire place à un tissu dense, composé de lamelles fibreuses dans l’intervalle desquelles on distingue à peine quelques éléments cellulaires. Ces parties n’ont plus la structure qui permet la caséification, laquelle est donc confinée dans la partie centrale. Des vaisseaux se sont développés dans celte zone embryonnaire, qui ne se connaît plus qiCà la présence de cellules géantes et à sa disposition générale.

La matière caséeuse est en quelque sorte enkystée. Elle peut subir des transformations ultérieures qui, par l’adjonction de particules calcaires, en font une sorte de mastic et au

TL’HEUCULES DE GUÉIUSON

plus haut degré un peLil calcul. Il n’est pas non plus impossible que ce centre caséeux puisse se résorber et disparaître. Ce travail d’enkystement est marqué par un certain degré d’irritation inflammatoire subaiguë qui se communique aux parties voisines. Aussi, autour de ce tubercule de guérison, toute une rangée d’alvéoles se distingue des autres en ce que les parois de ces alvéoles sont épaissies, fibreuses, en même temps que leurs cavités sont limitées par un revêtement d’épithélium cubique, absolument comme dans les cas de cirrhose broncho-pneumonique primitive. Tout cela s’applique aux agglomérations tuberculeuses péri-bronchiques de la phtisie à produits massifs. Si le processus curatif est quelque peu accentué, on peut suivre, dans la zone embryonnaire ordinairement visible, les deux phases de l’évolution fibreuse dont il vient d’être question et qui doit aboutir à l’enkystement des produits caséeux, absolument comme dans le cas de tubercule miliaire. Voici une disposition que l’on rencontre souvent dans les poumons des sujets qui, après avoir présenté les signes de la phtisie pulmonaire, sont revenus à la santé et succombent à quelque maladie intercurrente. C est 1 apparence de l’agglomération tuberculeuse en pleine évolution. La zone caséeuse est distincte, les travées élastiques encore visibles ; mais la zone embryonnaire n’est plus qu’une paroi kystique fibreuse. La présence des cellules géantes qui persistent rend à peu près indiscutable l’interprétation proposée parM. Charcot. Quant aux cavernes de guérison, le mécanisme de leur formation a été décrit plus haut.

Dans les ganglions lymphatiques, dans la muqueuse du larynx, à la peau de la face (lupus dit scrofuleux), des tubercules stationnaires s’observent fréquemment.

Ici, la mortification caséeuse n’est pas chose nécessaire, fatale. Le tubercule, arrivé à son parfait développement, qu il s’agisse du tubercule élémentaire ou du tubercule aggloméré.

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