‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 66 sur 159 · TUBERCULES FIBREUX · texte numérisé non relu

TUBERCULES FIBREUX

trace de mortification centrale. Le tissu du poumon, au voisinage, présente d’ailleurs un épaississement des espaces interlobulaires, des travées intralobulaires; en un mot, tubercule et pneumonie concomitante, tout annonce un processus chronique primitif.

Fig. 36.— (Dessin demi-sphéraatique). — A, tubercule de guérison entouré d une zone fibreuse où serpentent des capillaires, D. — C, coupe des bronchioles voisines, dont l'épithélium est devenu cylindrique. — B, cellules géantes.

On trouve aussi, a-t-il été dit, dans la phtisie essentiellement chronique, le tubercule fibreux sous la forme et avec les caractères des agglomérations tuberculeuses. Les nodules sont plus volumineux. Il y a une zone périphérique fibreuse et une zone centrale également fibreuse, mais où se dessinent les vestiges de l’artère, de la bronche et aussi des parois al-

J'IITISIE FIBliOÏDE

■veolaires ; mais tout cela est fibreux, rien n’est caséeux. M. Charcot fait remarquer qu’il est bien difficile d’admettre que la zone centrale, après avoir subi la fonte caséeuse, a été, après 1 élimination et la résorption des produits caséeux, le siège d une évolution fibreuse réparatrice. Les produits caséeux ne peuvent s’organiser. Il est plus probable que l’évolution fibreuse est faite ici au moment où le tubercule tout entier est dans l’état qu’il présente à l’ordinaire : zone embryonnaire ; parois alvéolaires infiltrées de cellules ; alvéoles combles par des productions embryonnaires polypiformes.

tn'J embryonnaire subissant dans sa

totalité 1 évolution fibreuse, et on aura la représentation de

l Microscopique le tubercule agglo-

leux. Quand le tubercule fibreux domine, à plus forle raison quand il existe presque exclusivement, on a alors afaire a \^p ume fibroîde. Les lésions de cette variété anatoique de la phtisie peuvent se résumer ainsi : poumon diminue de volume, présentant sur une étendue variable, dans le obe supérieur, les caractères de la cirrhose pulmonaire - çà la, quelques cavernes, quelques tubercules de guérison mais surtout des tubercules fibreux. Le mot de phtisie ûbroïdè re reserve aux cas où l’induration s’étend à tout un lobe ou a presque tout un lobe. Le processus de la transformatio' use se rencontre souvent limité à quelques parties du narenc iyme, dans toutes les formes de phtisie à évolution un peu lente: suivant Thaon, il figurerait dans un tiers des cas.

e P tisie fibroîde, à laquelle certains sujets tuberculeux emblentplus particulièrement prédisposés. L se cautérise P s seulement au point de vue clinique par les phénomènes de I alation des bronches, mais par le déplacement des oro-anes voisins, lequel peut s’expliquer aussi par les chanc» survenus dans la constitution physique de l’oi'ane °

Charcot. Œuvres compliiles, t. V. Poumons.

lésions SI’ÉC11'’1QUES de 1-ROEAGaTION

D. Lésions spécifiques de propagation. — C’est un fait acquis aujourd’hui à la science que la matière tuberculeuse, arrivée à la période de caséification, jouit de la propriété de propager le tubercule de proche en proche. Il semble qu’elle soit mûre alors, apte à la production de graines, qui pourront se détacher de la masse ramollie, et iront, transportées par les canaux lymphatiques, germer plus ou moins loin. A ce point de vue, le tubercule est une véritable néoplasie maligne, infectieuse, et cette propriété d’infection a été bien mise en lumière par les travaux de Yirchow, Rindfleisch, Lépine, Ponfick, Charcot.

11 est incontestable que, parmi les lésions tuberculeuses de la phtisie, il en est qui doivent être considérées ainsi comme des lésions d’origine secondaire, irradiées autour de foyers primitifs ; envisagées selon cette subordination, les lésions tuberculeuses se comprennent souvent mieux dans leur en-

semble, et souvent aussi l’interprétation clinique y gagne. Cette diffusion de la matière tuberculeuse autour des foyers caséeux s’effectue dans des limites très variables, et on peut, avec M. Charcot, y établir trois étapes : infection locale ou directe; infection à une distance plus ou moins grande par les vaisseaux lymphatiques ; enfin infection généralisée, dissémination par tout l’organisme de la granulalion grise.

La gramdation grise, est, en effet, la forme qu affecte la matière tuberculeuse émanée des foyers caséeux. M.leprofes-

seur Lépine a insisté, et avec raison, sur l’infection locale par simple contact. Qu’on examine la plèvre qui enveloppe le poumon tuberculeux, on verra que les tubercules s’y sont propagés; on verra comment, un peu plus tard. Yoici ce qu’on y voit encore. La plèvre viscérale est parsemée de granulations grises qui n’ont d’ailleurs suscité aucun travail réactionnel de voisinage; on ne constate à leur niveau ni fausses membranes, ni adhérences avec le parenchyme sous-jacent. Mais, si 1 on

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