‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 68 sur 159 · QUINZIÈME ET SEIZIÈME LEÇONS · texte numérisé non relu

QUINZIÈME ET SEIZIÈME LEÇONS

Tuberculose du poumon et pneumonie caséeuse *.

Sommaire. — Caraclères anatomiques du tubercule. — Tubercule élémentaire ou follicule tuberculeux. — Cellules géantes : mode de formation. — Cellules géantes angioplastiques. — Tubercule aggloméré : son siège primitif. Doctrine de Laënnec. — Doctrine allemande. — Opinion de l’auteur. — Phtisie à marche rapide simulant la pneumonie pseudo-lobaire.

Phtisie pneumonique aiguë ; phtisie galopante. — Analyse histologique

de deux cas. — Nature tuberculeuse de la phtisie pneumonique. Formes aiguë et chronique de la pneumonie caséeuse. - Résumé.

Avant d’étudier la tuberculose dans le poumon, M. Charcot a cru nécessaire de présenter, en matière d'introduction, quelques considérations relatives à la caractéristique anatomique du tubercule, en envisageant celui-ci d’une façon abstraite, en quelque sorte, indépendamment du siège qu il peut occuper dans tel ou tel organe.

On connaît ces nodules gris, demi transparents, résistants au toucher, qui répondent à la description de la granulation grise de Bayle, et dont les dimensions peuvent ne pas dépasser 1/20 mm. (Cornil). Ces nodules sont déjà des agrégats de nodules plus petits, qu’on peut appeler tubercules élémentaires on follicules tuberculeux. On peut étudier anatomique-

1 Leçons résumées par M. Oülmont, interne des hôpitaux.

CAIUCTKUiiS ANATOMIQUES DU TUBERCULIÎ

ment ce tubercule élémentaire, en quelque sorte, à l’état d isolement, dans diverses circonstances, et, en particulier, comme l’a fait xM. Ros te r ( Arch., 1869, t. XLVIIl), en exfiminant les tubercules qui se rencontrent quelquefois au sein du tissu de granulation des arthrites fongueuses.

Dans l’épaisseur de ce tissu sont disséminées de petites gi anulations bien distinctes les unes des autres, que les vaisseaux circonscrivent, mais sans pénétrer dans leur profondeur. xi 1 examen microscopique, on reconnaît qu’elles sont composées d’une zone externe de petites cellules arrondies, appai tenant au type embryonnaire, c’est-à-dire présentant un noyau volumineux, par rapport au protoplasma ; cellules analogues par conséquent, à celles qui constituent surtout le tissu ambiant, mais plus petiles et plus tassées, plus confluentes.

Au centre, est une cellule gigantesque, à protoplasma grenu, à prolongements périphériques qui semblent plonger dans la substance même du tubercule, et sur le bord de laquelle on peut compter régulièrement rangés 20,30 ou 40 noyaux; c’est la cellule géante, à laquelle on a, dans ces derniers temps^ assigné un rôle important dans la caractéristique de la tuberculose. xAutour de la cellule géante, existe une zone dite moijenne, formée de cellules plus volumineuses que celles de la zone externe, cellules épühélloides, comme les appellent quelques auteurs ou encore scrofuleuses, dans la nomenclature de M. Rindfleisch.

Ces divers éléments cellulaires sont comme soudés les uns aux autres par une gangue intermédiaire. Celle-ci consiste tantôt en une substance mo\\Q, prolopUmnique. Tantôt il s’y dessine des linéaments fibroïdes, franchement übrillaires même, surtout dans le tubercule adulte; ou encore, suivant quelques auteurs, un tissu d’apparence réticulée, rappelant le tissu cytogène des ganglions lymphatiques, si, toutefois ce dernier aspect n’est pas un artitice de préparation. Le tuber-

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