STRUCTURE LOBULAIRE DU POUMON
iiire lie sont autres que les lobules. Ils ont une indépendance anatomique réelle : il est, en effet, facile de les injecter, de les insuffler séparément. On peut les' isoler les uns des autres, sans altérer d’une manière notable la structure propre, à l’aide de l’hydrotomie et de la dissection. Après ces opérations, ils sont comparables aux feuilles d’un arbre supportées parleur pétiole, celui-ci étant simplement figuré par un ramuscule bronchique.
Mais, tandis que dans d’autres organes, je citerai le foie, les dimensions du lobule élémentaire sont assez minimes (1 ;j-), elles se montrent dans le poumon, vous le savez, comparativement colossales. Dans le poumon, les grands lobules atteignent quelquefois jusqu’à un centimètre cube. Il y a, du reste, sous ce rapport, de très grandes variations et il est possible de rencontrer dans la profondeur de l’organe, remplissant l’angle des divisions bronchiques, de très petits lobules qui, eux, ont à peine les dimensions d’un pois.
La forme des lobules est aussi très variable. Les lobules, qu’on qualifie de superficiels, parce qu'ils sont placés sous la plèvre, ont généralement l’aspect de pyramides dont la base pentagonale ou hexagonale ^ est marquée à la surface de l’organe par des sillons rectilignes s’unissant à angle droit ou obtus, et, en outre, chez l’adulte et surtout chez le vieillard, par une ligne noire plus ou moins foncée, tandis que le sommet, qui reçoit une bronchiole, est dirigé vers les parties centrales. — Quant aux lobules qui constituent les bords tranchants du poumon, ils offrent habituellement la forme d’un coin dont la base est tournée vers le centre. — Enfin, les lobules profonds revêtent des configurations si multipliées qu’on ne saurait guère les rattacher à un type commun.
Tout à l’heure, je vous parlais de l’indépendance relative dont jouissent les lobules et de la possibilité de les isoler les
* A oyez Sappey. — Traité d’anatomie descriptive, t. IV, p. 4o0, fig. 830.
■1^ ESPACES INTEU ET INTIU-Î.OCÜLAIHES
uns des autres par la dissection ; cet isolement, cependant, ne peut s’opérer sans que la trame conjonctive qui les relie entre eux soit detiuite. Et s il en est ainsi, cela tient a ce que tous les lobules sont comme enclavés dans une trame conjonctive qui les enveloppe de toutes parts d'une sorte de capsule. Celleci se confond, d’un côté, avec le tissu cellulaire sous-pleural et, de 1 autre, avec les tractus cellulaires qui, à partir du hile, accompagnent les tuyaux bronchiques dans leurs divisions et subdivisions.
La connaissance de cette région de la trame conjonctive du poumon n est pas, tant s’en faut, à dédaigner. Elle offre même, vous le verrez, un intérêt majeur au point de vue pathologique. Qu’il me suffise de vous faire remarquer pour le moment: 1° qu’elle sert de support à de nombreux vaisseaux ou lacunes lymphatiques, à des ramifications de la veine pulmonaire ; 2° que ces vaisseaux aussi bien que la gangue conjonctive elle-même peuvent être primitivement le siège de lésions importantes. Elle forme ce qu’on pourrait appeler dans le poumon, les espaces interlobulaires, se rapprochant des espaces du même nom dont nous avons parlé dans notre description des lobules du foie.
Ces espaces sont tout à fait distincts de ceux que, par opposition, je qualifierai à^intra-lobulaires. Ces derniers sont constitués par des tractus conjonctifs qui suivent, jusque dans la profondeur du lobule, les ramifications bronchiques et celles de l’artère pulmonaire.
Imitant les auteurs, j’ai comparé plusieurs fois les lobules pulmonaires aux feuilles d’un arbre supportées par leurs pé- * tioles. Mais, en réalité, le pétiole en question est au moins double pour chaque feuille, car il est nécessairement composé, au moins par un rameau bronchique et par une branche de l’artère pulmonaire, lesquels sont accollés l’un ù, l’autre par
ESl’ACliS INTIlA-LOBULAlllES
une espèce de gaine conjonclive que je vous proposais, il y a quelques instants, de désigner sous le nom ^'espaces intralobulaires, dénomination justifiée par les apparences qu’elle présente sur les sections propres aux études anatomo-pathologiques et empruntée d’ailleurs à la nomenclature proposée pour le foie par Kiernan. La relation constante qui unit dans ces espaces l’artère pulmonaire et la bronchiole est un fait qui mérite d’être relevé. Elle nous servira plus d’une fois de guide pour nous orienter dans nos études.
J’ai fait placer sous vos yeux une planche qui met assez bien
FUj. 1. — Schéma montrant les principatix traits de l'anatomie des poumons, —x, ai tère pulmonaire. — y, bronche avec scs rameaux. — m, tronc de la veine pulmonaire.
en relief quelques-unes des particularités sur lesquelles je viens d’insister 1). Elle est empruntée à un intéressant travail de M. Heale sur la structure du poumon L Elle montre, entre autres, l’accollement constant de l’artériole et de la bronchiole qui s’enfoncent dans le lobule ; elle montre aussi le trajet isolé des veines pulmonaires dans les espaces inter-lobulaires. Elle fait voir, enfin, que ces derniers vaisseaux ne se réunissent aux bronches et aux artères pulmonaires
' lleale. — Physiolog. An it. ofthe Liinç], London, 1862, p. 79.