G MÉLANÉMIE ET FIÈVRES INTERMITTENTES
les cas de pyémie, de typhus, de gangrène, auxquels Rokitansky fait allusion dans son Traité et a7ialomie pathologique, et dans lesquels le sang contenait un certain nombre de corpuscules de pigment. — Si l’on en juge d’après le travail de Frerichs, l’altération pigmentaire constituerait une complication fréquente de la fièvre intermittente, au moins dans certaines épidémies ; le docteur Magnus Jiuss assure l’avoir rencontrée à peu près constamment dans les cas nombreux de cachexie paludéenne qu il a observés à Stockholm, pendant ces trois dernières années’. On ignore d’ailleurs, quelles sont les circonstances qui favorisent son développement. Peut-elle se surajouter à peu près indifféremment à toutes les formes de l’intoxication palustre ? Meckel est porté à penser qu’elle se maniteste principalement dans les cas où les accès présentent une certaine intensité et dans ceux où la rate acquiert un grand développement. Mais Planer l'a vue tantôt coïncider avec des accès d’intensité moyenne, et tantôt aussi faire complètement défaut, dans des cas où, cependant, la rate aurait acquis un volume considérable à la suite de fièvres intermittentes prolongées. Dans l’épidémie qui a été pour Frerichs l’occasion de ses recherches, la fièvre était le plus souvent de type quolidien ou tierce, rarement quarte ; l’apyrexie était souvent imparfaite, et la maladie avait une tendance manifeste à prendre le type rémittent ou même continu. Les accidents cérébraux étaient des plus fréquents. — On ignore à quelle époque de la maladie la mélanémie prend naissance, mais il est certain qu’elle peut survivre aux accès même pendant un temps fort long. Dans plusieurs des observations rapportées par Planer, les malades présentaient les accidents de la cachexie paludéenne à un degré plus ou moins marqué, et chez eux les accès avaient cessé d’exister quelquefois depuis plusieurs semaines ou même depuis plusieurs mois.
Archives générales de médecine, septembre 1857, p. 303.