‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 2)Chapitre 85 sur 159 · M FIÈVRES INTERMITTENTES ET ALBUMINURIE · texte numérisé non relu

M FIÈVRES INTERMITTENTES ET ALBUMINURIE

rendent cette opinion assez probable. La gêne mécanique qu’éprouve le cours du sang, dans son trajet à travers le tissu du système cppillaire de l’organe, pourrait peut-être, en pareille circonstance, rendre compte du passage de l’albumine dans les urines. Quoi qu il en soit, un semblable vice anatomique est bien de nature, on le conçoit, à favoriser la production de l'albuminurie, quelle que soit, d’ailleurs la cause qui la provoque.

Blackair, MM. Rayer ^ et Bouillaud® ont rencontré des cas d’hydropisie avec urine coagulable, développée à la suite de fièvres intermittentes prolongées, qui se comportaient à tous égards à la manière de la néphrite albumineuse, et résistaient à l’emploi des moyens thérapeutiques à l’aide desquels on triomphe le plus habituellement des divers accidents de la cachexie palustre. Dans un cas du même genre, observé parM. Néret, l’autopsie fut pratiquée, et les reins présentèrent d’une manière non équivoque l’altération propre à la maladie de Bright^. Il semble établi, d’après cela, que l’albuminurie consécutive à la fièvreintermittente est quelquefois le symptôme d’une véritable néphrite albumineuse. Les faits de cet ordre devraient être distingués de ceux dans lesquels l’obstruction des vaisseaux capillaires de la substance corticale du rein par des corpuscules de pigment pourrait être invoquée pour expliquer le passage de l’albumine dans l’urine. Cette obstruction, en effet, alors même qu’elle date de loin et quelle est très prononcée, n’engendre, paraît-il, que bien rarement des modifications unpeu profondes dans le tissumêrae des reins. Ces organes il est vrai, sont quelquefois comme ratatinés, leur surface présente des sillons plus ou moins profonds, d’où résulte une apparence lobulée ; mais c’est là le fait d’une atrophie qui reste

4 Obsevü. on the nature and cure of dropsies. London, 1818, p. 42 et suiv.

» Traité des maladies des rems, t. II, p. 469.

3 Clinique médicale, l. Jll,p. 283.

* Archives générales de médecine, 1847, t. XV, 4" série, p. 514.

MÉLANÉMIE : SYMPTÔMES

loujoui's partielle, et l’on n’y rencontre habituellement pas les lésions variées, et en particulier les granulations qui appartiennent à la néphrite albumineuse.

Les altérations pigmentaires du cerveau et des reins sont à peu près les seules qui paraissent pouvoir se révéler par des symptômes particuliers. Frerichs a observé plusieurs fois des hémorragies intestinales développées, pendant le cours de fièvres d’accès, et qui se manifestaient d’une manière intermittente survenant immédiatement après chacun des paroxysmes fébriles. Il est possible que l’obstruction des vaisseaux capillaires hépatiques ait contribué, ainsi que l’admet l’auteur, dans une certaine mesure au moins, à déterminer ces hémorragies; mais 1 influence de l’obstacle mécanique sur la production du flux de sang n’était certainement pas très grande dans ces caslà, car l’administration du sulfate de quinine s’y montrait presque toujours très promptement efficace. — L’accumulation des corpuscules du pigment dans la rate et dans les vaisseaux lymphatiques reste, à ce qu’il paraît, toujours latente. — L’obstruction des vaisseaux capillaires des poumons s’observe rarement, et elle est toujours très disséminée. On ne saurait mettre sur son compte la dyspnée, les hémoptysies, l’œdème pulmonaire, qui accompagnent quelquefois la fièvre intermittente ou lui succèdent. — Les noyaux inflammatoires qu’on rencontre parfois çà et là dans la parotide et dans le tissu musculaire du cœur ne dépendent pas d’une agglomération de corpuscules pigmentaires. — C’est à la présence du pigment dans le sang qui circule à travers les vaisseaux capillaires de la peau que serait due, suivant Frerichs, la coloration toute particulière que présente, en général, le tégument externe des individus atteints de cachexie paludéenne Si la mélanémie est

ID après les recherches (le M. le docteur Vulpian, la coloration bron zée de la peau, dans la maladie d’Addison, serait due à un dépôt de ma lière pigmentaire qui se fait surtout dans la région tout à fait inférieure des cellules de la couche muqueuse. C’est au voisinage des noyaux que le dépôt

Page 1