CARACTÈRES DES CRISTAUX
suivants, de telle sorte que le 23, on en trouvait au moins quarante à cinquante dans chaque préparation, et ils sont devenus encore plus nombreux.
Fuj. 41. — Cristaux octaédriques trouvés dans le sang d'un sujet leucémique.
a, Ci’i.staux et globules blancs représentés à. l'aide de la chambre claire, avec un ■Grossissement de 450 diamètres.
b, Cristaux rompus : modes de rupture les plus ordinaires.
c', c*, c^, c‘, c“, c“, Cristaux groupés.
d, Crislaux modifiés par l'acide azotique.
e, Crislaux représentés, soit au moment où la chaleur commence à les dissoudre, soit au moment où ils se reforment après leur dissolution.
Ces cristaux sont incolores ou très légèrement colorés par le reflet des globules rouges; ils paraissent, au premier coup d’œil, être constitués par des tables losangiques; mais un examen plus
Fig. 42. — Concrétion fibrineuse expectorée par un sujet non leucémique et dans laquelle on a trouvé des leucocytes et des cristaux analogues aux précédents.
attentif démontre bientôt que ce sont des octaèdres très allongés, à formes très régulières et assez uniformes >. Ils ont d’ailleurs des dimensions variées. Les grands cristaux ont 0“™,04 de longueur
1 La forme oclaédriiiiie devient évidente quand on fait tourner ces cristaux .sur leur axe en établissant un courant dans le liquide de la préparation.
CiuacoT. Œuvres complètes, t. v. Poumons.
LUUCOCYTUÉMIE
el 0"'"',006 à 0,008 de largeur au niveau de la base ; d’au 1res ont O"'”, 026 de longueur el O"’"', 006 de largeur ; d’aulres OJil 0“'",002 de longueur; il en est qui sont plus petits encore; on trouve d’ailleurs toutes les dimensions intermédiaires. Nous donnons {fig. 41, a) la reproduction de plusieurs de ces cristaux, faite à la chambre claire. Ils sont représentés ainsi avec un grossissement d’environ 450 diamètres. On voit, du reste, dans cette figure, le rapport de leurs dimensions avec celles des globules blancs.
Ces cristaux, quoique assez résistants, paraissent avoir cependant une certaine fragilité. Il arrive parfois qu’un des sommets ou que les deux sommets se séparent du reste du cristal; d’autres cristaux se brisent au niveau de leur base et forment deux pyramides {fîg- 41, b). La rupture des cristaux se fait aussi, mais rarement, avec une plus grande irrégularité. Le plus grand nombre des cristaux, presque tous, sont intacts dans chaque préparation.
La très grande majorité des cristaux sont isolés, distincts les uns des autres. Il est rare de les voir unis, groupés. Lorsque celle union existe, le plus souvent elle n’a associé que deux cristaux. Les groupes que nous avons rencontrés le plus ordinairement sont ceux qui sont représentés fig . 41, c', c, . Ce n est que très
exceptionnellement que nous avons vu des groupes de plus de deux cristaux; ils tendent alors à se réunir autour d’un centre, d’où partent des demi-cristaux en rayonnant dans tous les sens (c*’).
Ces cristaux sont insolubles dans l’eau, à froid ; ils se dissolvent au contraire facilement et rapidement dans l’eau chaude, vers 60“ à 70° centigrades; ils se dissolvent aussi à cette température dans le sang qui les contient, et si on les a fait ainsi dissoudre en exposant à une chaleur convenable du sang disposé entre deux lames de verre pour l’examen microscopique, ils se reforment ensuite plus ou moins complètement au bout de plusieurs heures, et présentent alors les formes indiquées dans la fig. 41, e. A une température inférieure à 60°, et égale à celle du sang vivant, c’est-adire à 38°, 40° centigrades, ces cristaux se dissolvent encore, mais lentement.