FIÈVRE TYPHOÏDE : DIAGNOSTIC
thiénentérie, lorsqu’il revêt la forme typhoïde, ce qui s’observe fréquemment, à certaines époques de certaines épidémies; d’autant mieux qu’en pareil cas, des symptômes typhoïdes bien dessinés peuvent succéder à une période algide peu prononcée, ou qui même aura passé presque inaperçue. Indiquons ici pour le point de vue spécial qui nous occupe, parmi les symptômes les plus caractéristiques de l’affection typhoïde cholérique : 1° Des urines rares, toujours chargées d’albumine, laissant déposer un sédiment grisâtre qui, à l’examen microscopique, paraît composé de cellules d’épithélium rénal et de caillots fibrineux cylindriques complètement transparents ou recouverts de cellules d’épithélium glandulaires, de granulations graisseuses. (Frerichs, Die Bright'che Nierenkrankheit , etc. Braunschweig, 1851. On y trouve l’analyse des travaux de Reinhard t et Leubuscher, et du docteur Hamernik) ; 2° Une
réaction fébrile relativement modérée, quelle que soit l’intensilé des phénomènes typhoïdes; o° Les vomissements muqueux et bilieux répétés, les selles rares; 4° L’érythème rubéiforme cholérique Roseola cholerica de Rayer, 316, J. S.) bien différent des taches lenticulaires rosées de la fièvre typhoïde. Dans la méningite cérébro-spinale épidémique (typhus cérébro-spinal de quelques auteurs), on observe le plus souvent dès le début, des douleurs vives de la nuque, une roideur prononcée des muscles de la région postérieure du cou (f orget, lourdes (557) et Boudin, Archiv. génér. de méd., t. XIX, 4e série, 1849). La phlébite de la veine porte s accompagne de violents frissons revenant irrégulièrement, par accès, pendant toute la durée de la maladie, d’un gonflement notable du foie, d’épigaslralgie, de météorisme, avec développement des veines sous-cutanées abdominales, d’une teinte ictérique des téguments (Leudet, Archiv. gêner, de mecl., 1853, t. I, lr0 série, p. 157). — En cas de tuberculisation générale aiguë, lorsque la maladie revêt la forme typhoïde
MALADIKS INFECn&llSËS
(825, B.), l’erreur de diagnostic sera le plus souvent très difficile à éviter; principalement s’il n’existe pas quelques indices d’une lésion tuberculeuse du poumon (Leudet, Recherchas sur la phthisie aiguë de V adulte. Thèse de Paris, 1850, p. 35; Gosset, De la tuberculisation generale aiguë de l'adulte , thèse de Paris, 1854-, p. 56). — Quant au typhus fever des Anglais, nous verrons bientôt à l’aide de quels caractères on peut le distinguer de notre dothiénentérie. — Les affections qui peuvent simuler les fièvres typhoïdes et rendre son diagnostic difficile sont tellement nombreuses, que nous n’avons pu qu’indiquer en passant, les principales d’entre elles, nous bornant d’ailleurs à renvoyer aux sources où l’on pourra trouver, sur ce sujet important, des détails plus complets.
PRONOSTIC
Toujours grave, il se peut fort bien qu’une fièvre typhoïde, commencée sous les apparences les plus bénignes, atteigne ensuite, par son développement ultérieur, par l’intervention d’épiphénomènes, d’affections deutéropathiques, le plus haut degré de gravité et se terminer par la mort.
а. Pronostic un peu moins grave, avant qu’après l’âge de quinze ans ; — toujours extrêmement grave après quarante
ans. Les malades d’une constitution forte ne sont pas plus
que les gens chétifs à l’abri d’une terminaison fatale.
б. La mortalité est plus grande, dit-on, parmi les sujetsnon acclimatés ; — les travaux excessifs, les fatigues intellectuelles, les émotions morales antérieures a la maladie, ou se prolongeant même pendant son cours, doivent être notés parmi les circonstances défavorables; il en est de même du séjour obligé du malade dans un lieu étroit, mal aéré, humide.