TYPHUS FEVER ET FIÈVRE TYPHOÏDE
sont artificiellement représentées comme deux maladies essentiellement différentes; mais, c’est alors forcer la nature et méconnaître les analogies les plus légitimes.
Diverses contrées de l’Allemagne et du nord de l’Europe ont vu, dans ces derniers temps, régner simultanément, sous lorme épidémique, la fièvre typhoïde et un typhus avec exanthème pétéchial. On a pu, dans ces pays-là, étudier comparativement ces deux affections, et reconnaître qu’elles présentent habituellement, dans leurs symptômes et dans leur
marche, des différences notables. On a constaté que les lésions intestinales manquent rarement dans la première, tandis qu’elles font généralement défaut dans la seconde. Mais on a vu, par contre, assure-t-on, les deux affections se présenter avec des symptômes tellement identiques, qu’elles ne pouvaient plus être distinguées l’une de l’autre, et, ce qui serait plus important encore, on les a vues naître l’une de l’autre par voie de contagion. (Magnus Huss, Statistique et traitement du typhus et de la fièvre typhoïde , observations recueillies à l’hôpital Sépharine de Stockholm, Paris, 1855.) Aussi, est-ce
une opinion assez généralement répandue en Allemagne que le typhus abdominal (notre fièvre typhoïde) et le typhus exanthématique ne sont pas deux maladies essentiellement distinctes, mais bien deux formes d’une même maladie. (Voy. Rokitansky, Handbuch der Spec. path. Anat., II band p 9g Wien, 1842.)
D un autre côté, la doctrine qui consacre la non-identité du typhus fever et de la fièvre typhoïde compte parmi ses promoteurs des médecins du plus grand mérite, et elle semble ciaque joui gagner du terrain, tant en France qu’en An°leterre elCH Àmérique. M. Gerhard (de Philadelphie) avait déjà,
en. S' 7’ cIlerché a étahlir que le typhus fever d’Amérique — qui paraît dire en lous points identique au typhus d’Irlande, - et la fièvre typhoïde, diffèrent par des caractères analomf
MALADIES INFECTIEUSES
ques et symptomatiques de premier ordre, et que ce sont deux maladies bien différentes. MM. Shalluk (de Boston) et Valleix, en 1839, Stewart, en 1840, Ritchie, en 1847, s’appuyant sur des observations recueillies en Angleterre, sont venus ensuite confirmer les conclusions auxquelles était arrivé M. Gerhard. M. Guéneau de Mussy, témoin de l’épidémie de typhus fever qui a sévi en Irlande, pendant l’année 1847, a été conduit plus tard à admettre que cette maladie diffère complètement de la fièvre typhoïde, mais qu'elle ne saurait être distinguée du typhus des camps (Grisolle, loc. cit., p. 59 et 61). Tout récemment, enfin, M. le docteur Jenner, dans plusieurs travaux importants, qui ont pour base des observations recueillies dans le London fever hospital , a cherché à séparer plus nettement encore qu’on ne l’avait fait jusqu’à lui, le typhus fever de la fièvre typhoïde. Il a rassemblé en outre (3e mémoire), un certain nombre de faits qui tendraient à faire admettre que les causes spécifiques des deux affections n’ont entre elles rien de commun, et qu’on ne voit jamais, par exemple, le typhus engendrer par contagion la fièvre typhoïde, ou réciproquement.
Pour le moment, il est à peu près impossible, ce nous semble, de prendre parti pour l’une ou pour l’autre des opinions contraires qui divisent ainsi les médecins les plus éclairés. Mais nous croyons faire remarquer que la question en litige a été portée, dans ces derniers temps seulement, sur le terrain où elle peut être débattue avec succès, et où elle trouvera sans doute un jour une solution définitive. Dans les maladies spécifiques, lorsqu'il s’agit d’établir des distinctions nosogiaphiques, les vices anatomiques, et à plus forte raison les perturbations fonctionnelles, ne sauraient jamais fournir que des caractères de second ordre (67. B. y.) ; c’est la cause qui constitue icile caractère essentiel de la maladie. Et, par exemple, les maladies d’intoxication paludéenne (1450. B.) ne peuvent-