‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 19 sur 101 · TOPOGRAPHIE MÉDICALE · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE MÉDICALE

Le typhus fever est répandu dans toute la Grande-Bretagne, mais c’est surtout en Écosse et en Irlande qu’il exerce le plus de ravages. Il y est endémique, et y règne conjointement avec la fièvre typhoïde. On peut se faire une idée de la proportion dans laquelle se montrent habituellement ces deux affections dans les diverses parties de l’Angleterre, si l'on consulte celles des relations d’épidémies de fièvre continue qui sont accompagnées de détails nécroscopiques. Dans les épidémies de Dublin de 1836-37 ct!84/-48, les lésions de l’entérite folliculeuse ont été rarement rencontrées (A. Kennedy, {Medical report on the fever hospital , Corlc-Street, Dublin, et Dublin Quaterly Journ. of med. science , 1849, p. 64). Elles existaient au contraire assez fréquemment dans l’épidémie de 1818 et dans celle de 1825 (Stokes). A Edimbourg, de 132 sujets morts de fièvre continue, et dont l’autopsie a été faite par le docleur Reid, 8 seulement présentaient ces lésions. Pendant l’épidémie de 1846-47, elles ont été rencontrées dans 19 cas sur63 par le docteur Bennet (M ont hly Journal ofmedic. and surgic. science. Edinburg, 1848, l. VIII, p. 295). A Londres, la proportion des cas où l’autopsie démontre l’existence des lésions des plaques de Peyer et des follicules isolés de l’intestin, est habituellement plus considérable : elle est de 1/3 environ d’après le docteur Davidson ; d’après le même auteur, elle est

MALADIES INFECTIEUSES

de 1/4 seulement à Glascow ; àDublin, elle est plus faible encore. Le typhus fever règne aussi fort souvent, sous forme de maladie populaire, dans le nord de l’Amérique, où il paraît être fréquemment importé par les émigrants irlandais (Gerhard, toc. cit. — Upham, Records of macula te d typhus , or ship fever. New-York, 1 8S2. — Flint, loc. cit. (1731 F.). Dans ces dernières années, diverses contrées de l’Europe, la Silésie, la Bohême, la Suède, certaines parties de l’Italie, de la France et de la Belgique, ont été le théâtre d’épidémies de typhus plus ou moins meurtrières. Partout la maladie s’est présentée avec des caractères qui permettent, ce nous semble, de l’assimiler complètement au typhus fever des anglais. L’exanthème pétéchial était presque toujours des mieux marqués, et il passait par les diverses phases que nous avons indiquées (p. 61.). Les symptômes abdominaux et les lésions spéciales de l’iléon et des glandes mésentériques manquaient dans la grande majorité des cas. La rate était habituellement volumineuse et ramollie. La maladie affectait souvent une marche relativement rapide; elle était transmissible par contagion (Finger, Prager vierteljahr., Bd. 23, p. 30. Relation d’une épidémie de typhus observée dans l’hôpital de Prague pendant les années 1846, 1847 et 1848. — Virchow, Archiv. fürpatholog. Aiiat., t. II, 1849. Épidémie de Silésie. — Lasègue, Le typhus en Silésie in Archiv. yen. de méd., t. XXIII, p. 301, 1850. — Magnus IIuss, ouv. cit., 1736. — F. del Gindice, Statistica medica dell' ospedale di S. Maria délia Pace, per l'anno 1852, in Filiatro Sehezio, fascic. 278. Napoli, 1854. — Ch. Schützenberger, Compte rendu de la clinique médicale, etc., in Gazette médicale de Strasbourg , n° 6, p. 191, 1855).

NOTE HISTORIQUE

Il semble donc que le typhus fever n’est pas une maladie exclusivement propre à la Grande-Bretagne ou à l’Amérique du

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