‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 38 sur 101 · FIÈVRE JAUNE : PRONOSTIC · texte numérisé non relu

FIÈVRE JAUNE : PRONOSTIC

déclare ensuite peut être franche et aboutir, en définitive, à une guérison complète 5 mais c est le plus laie el, en îègle générale (19 fois sur 20), de cinq à huit jours après la cessation de ce qu’on peut appeler le premier accès, il survient une rechute, dans laquelle tous les symptômes que nous avons énumérés, se montrent de nouveau, tantôt avec plus de violence, tantôt, au contraire, avec une intensité moindre. Ces deux accès constituent habituellement tous les symptômes de la maladie; on a vu cependant les rechutes se reproduire une seconde et même une troisième fois. — La fièvre à rechute est rarement mortelle ; on n’a guère vu succomber dans 1 épidémie, qui a sévi à Edimbourg, en 1842-43, que des enfants, des vieillards ou des adultes d’une constitution délabrée. — A l’ouverture du corps, on a trouvé, le plus souvent, la rate volumineuse, la membrane muqueuse de l’intestin injectée ; d’ailleurs, aucune altération des glandes de Peyer ou des Follicules isolés. — Cette maladie ne paraît avoir été observée jusqu’à ce jour, qu’en Angleterre, en Écosse, en Irlande et dans l’Amérique du Nord. O11 a essayé, mais presque toujours sans succès, de prévenir, par l’administration du sulfate de quinine, l’apparition de la rechute ou des rechutes qui la caractérisent.

o. C’est à l’époque où nous étudierons l’affection qui a été décrite sous le nom d’ictère grave, et quelquefois aussi sous celui de fièvre jaune sporadique, que nous aurons à rechercher en quoi elle se rapproche et en quoi elle diffère de la fièvre jaune proprement dite.

PRONOSTIC

Il en est de la fièvre jaune comme de la peste; dans certains cas, c’est une affection très bénigne et qui peut être presque

inaperçue; mais, le plus souvent, bien qu’il y ait sous ce rapport d’assez grandes différences, suivant les épidémies, c'est une des maladies les plus meurtrières. Ses allures insidieuses permettent, d’ailleurs, rarement de porter un pronoslic assuré; il faut se garder surtout de se laisser tromper pai ce moment de calme qui survient habituellement après 1 accomplissement de la première période : tel malade chez qui les plus graves accidents ont disparu comme par enchantement et qu’on peut croire sauvé est pris tout à coup du fatal vomissement noir et succombe en quelques heures. Ce dernier symptôme annonce presque toujours une mort prochaine. Les déjections noires, les pétéchies, une teinte très foncée des téguments, la suppression des urines, le ralentissement très marqué du pouls, l’algidité, la syncope, les mouvements convulsifs, sont aussi des signes du plus fâcheux augure.’ La forme congestive est en général beaucoup plus grave que la lorme inflammatoire. — On doit, suivant M. Dutroulau ( loc . C1t " P' 449)’ considérer la complication paludéenne dans la fièvre jaune comme étant toujours fâcheuse, en ce que le plus souvent, dans les cas isolés, endémiques ou sporadiques, elle donne, au début de la maladie, une marche ou une physionomie insidieuse qui rendent le traitement incertain et l’issue plus fréquemment funeste. — Parmi les signes favorables, on a noté surtout la prolongation du mouvement fébrile au-delà du temps accoutumé, l’apparition de sueurs, pour peu qu’elles surviennent du quatrième au sixième jour; la disparition de 1 épigastralgie, des vomissements et des évacuations bilieuses.

La maladie est en général d’autant plus grave quelle attaque des individus non acclimatés; chez les jeunes enfants et chez les jeunes gens dont la constitution est épuisée, elle e>t presque toujours mortelle.

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