‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 41 sur 101 · TU ÉH A PEUT! QUE · texte numérisé non relu

TU ÉH A PEUT! QUE

De l'aveu des médecins qui ont sur ce point le plus d’expérience, il n’est pas de médication empirique ou spécifique qui puisse triompher de la fièvre jaune, et c’est à la médecine symptomatique qu’il convient ici d’avoir recours. Les indications rationnelles varient singulièrement suivant l’intensité des cas, la prédominance de certains symptômes, la forme que i g vêt la maladie, la période à laquelle elle est parvenue. Dans • es deux premiers jours, si les signes d’hyposthénie sont bien marqués et que le sujet soit robuste, on peut employer les émissions sanguines générales ou locales. Elles ne doivent, on conçoit, jamais être poussées bien loin, puisqu’elles ne

FIÈVRE JAUNE : TRAITEMENT 15î>

s'adressent pas à l’essence du mal. Affaiblir le sujet, ce serait d’ailleurs le mettre dans de fort mauvaises conditions pour faire face à la période de collapsus. Les boissons acidulées, les bains frais, les affusions froides, les laxatifs, les purgatifs salins, sont aussi des moyens qu’il convient d’employer tant que la maladie en est encore à sa première phase. Dans les périodes ultérieures, il s’agit principalement de soutenir les forces. On administre alors, suivant les indications particulières, les toniques ou les stimulants. Le quinquina, le vin, l’eau-de-vie même, sont les médicaments dont on fait surtout usage. On promène à la surface du corps des sinapismes ou des vésicatoires. Il faudrait avoir exclusivement recours à ces derniers agents, si la maladie se présentait dès l’origine sous la forme congestive. L’opium, le camphre, le musc, trouvent leur emploi dans les cas où les accidents nerveux se déclarent. Lorsque la fièvre jaune se complique de l’élément paludéen, mais seulement alors, le sulfate de quinine peut se montrer d’une efficacité réelle.

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MALADIES INFECTIEUSES

Caractères anatomiques et nosologiques de jaune et de l'ictère grave 1

la fièvre

« 11 a existé beaucoup d’épidémies de fièvre jaune • on en trouve la description dans un grand nombre de livres ■ mais on n’est pas dispensé pour cela de décrire la dernière.» Ainsi par e M. Magalhaes Coutinho, dans son excellente description dej épidémie qui vient de régnera Lisbonne (Gaz. hebd., I80O, n° 6, p. 100). Cette remarque, applicable à la plupart des affections épidémiques, l’est surtout à la fièvre jaune, qui a ele, comme nous l’avons rappelé tout récemment (1857, p. 803), le sujet de plus d’une description de fantaisie. Il est notamment un point sur lequel de modernes recherches concernant les affections hépatiques, faisaient désirer que l’attention se fixât particulièrement; nous voulons parler de l’état pathologique du foie. On sait d’ailleurs que l’anémie de cet

organe, avec coloration jaune plus ou moins foncée, dans la fièvre jaune, est généralement considérée, depuis les travaux

de M. Louis en 1828, comme le caractère anatomique de la maladie.

Or, M. le docteur Guyon vient de mettre sous les yeux de 1 Académie des sciences des peintures représentant les viscères abdominaux d’individus morts de fièvre jaune à Lisbonne, et une de ces peintures est destinée à faire ressortir la colora-

rfaâ^lsTs1,1^0!?}*011 aVGC M‘ A- DECH-"'nnE. Extrait de la Gazette hebdoma-

Fl K VUE JAUNE ET ICTÈRE GRAVE

tion qui esl propre au foie et qui accompagne la dégénération graisseuse de cet organe. Suivant notre honoré confrère, celte dégénéralion, peu explicable en raison de la rapidité du mal , n’aurait pas encore été signalée, et ce serait un nouveau fait acquis à la science par l’épidémie de Lisbonne {Gaz. hebd., 1858, n° 5, p. 79). Cette assertion sera pour nous l’occasion de quelques remarques.

Disons d’abord que, considérée dans ses caractères extérieurs, l’altération décrite par M. Louis est à peu près, sinon tout à fait, constante dans la fièvre jaune. M. Dutroulau, dans une épidémie de lièvre jaune à La Martinique, de février 1839 à juillet 1841 ( Dissertation inaugurale , n° 52, Paris, 1842), dit ne l’avoir pas vu manquer une seule fois dans plus de cent autopsies. M. le docteur Catel [Bulletin de /’ Académie de médecine , 1842, p. 1060) l’a également rencontrée en 18.38 sur tous les sujets, au nombre de 150, qui ont été ouverts. Enfin, les faits qui servent de base à la vaste monographie publiée en 1855 à Philadelphie parle docteur R. La Roche [Yelloiv Fever Considered in ils Historical, Pathological , Etiological and Therapeutical Relations , 2 vol, in-8) aboutissent à un résultat semblable. M. Guyon n’ignore pas sans doute cette confirmation invariable, universelle, des observations de M. Louis; mais est-il au courant des recherches qui ont eu pour objet de déterminer la nature spéciale de l’altération hépatique ? C’est ce que ne permet guère de penser l’espèce de prise de date qu’on a vue plus haut, relativement à la dégénération graisseuse du foie. En consultant M. La Roche ( loco citato ) et M. Bâche {American Journal, 1854, t. XXVIII, p. 121), qui se sont livrés à des études anatomiques sur ce sujet lors de l’épidémie qui a ravagé Philadelphie (1853), il verrait que, sur tous les foies examinés (une vingtaine), la dégénérescence graisseuse a été formellement constatée. Les cellules sécrétantes, pales et comme flétries, avaient perdu la netteté de leurs ccm-

MALADIES INFECTIEUSES

tours; leurs noyaux avaient disparu. Elles renfermaient des granulations et même des globules graisseux; et, de plus, une grande quantité de ces globules était répandue dans l'intervalle des cellules.

Les observations de M. Guyon n en sont pas moins précieuses en ce que, d’une part, elles concourent, avec les données de la symptomatologie, à démontrer l’identité de la fièvre jaune sous des latitudes et des climats différents, ainsique 1 établit, d’ailleurs, l’un de nous, dans un article destiné à la suite des Éléments de pathologie interne , de Requin (Y. p. 126) • de 1 autre, elles tendent à confirmer la justesse du rapprochement qui a été déjà fait entre le typhus iclérodes et l’affection connue sous le nom d’ ictère grave. Dans cette dernière maladie, en effet, le foie est également atteint de dégénérescence graisseuse. Néanmoins, l’altération dont il est le siège diffère en quelques points de celle qui est propre à la fièvre jaune. Ainsi :

1 le foie, dans le typhus ictérodes, conserve son volume normal , il est atrophié dans l’ictère grave : toutefois, l’atrophie n est pas constante, et la dénomination à' atrophie jaune aiguë du foie , par laquelle on désigne encore cette espèce d’ictère, est en ce sens vicieuse ; 2° dans la fièvre jaune, le tissu du loie est toujours sec, anémique; dans l’ictère grave, ce caractère est moins constant, et le parenchyme hépatique est parfois humide, comme gorgé de bile ; 3° enfin, et cette différence est très importante, dans la fièvre jaune, les cellules hépatiques se flétrissent, se remplissent de granulations graisseuses, mais persistent ; tandis que dans l’ictère grave elles se déchirent et disparaissent.

Ces différences, tout anatomiques, n’impliquent pas sans doute une différence de nature enlre les deux maladies ; mais il est indispensable d’en tenir compte, au point de vue de la nosologie, qui ne peut encore, dans l’état actuel de la science, cire basée sur la nature intime des maladies.

CU 0 LÉ lt A ASIATIQUE : TKMPÉ1UTUUE CENTRALE

Sur la température du rectum dans le choléra asiatique ' .

M. Charcot fait connaître les résultats de quelques recherches thermométriques qu’il a entreprises, à l’hospice de la Salpêtrière, pendant le cours de la dernière épidémie, dans le but de déterminer la température des parties centrales, chez les cholériques, aux diverses époques de la maladie. Le thermomètre était introduit dans le rectum et il y était maintenu, chaque fois, pendant cinq ou six minutes au moins. Quelquefois, en outre, on déterminait comparativement la température de l’aisselle et celle de la paume des mains. Ces recherches ont été faites chez sept femmes âgées de 69 à 84 ans, et chez trois autres femmes âgées de 30, 59 et 47 ans. Voici l’analyse très sommaire de ces observations.

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