‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 42 sur 101 · CAS TERMINÉS PAR LA. GUÉRISON · texte numérisé non relu

CAS TERMINÉS PAR LA. GUÉRISON

MALADIES INFECTIEUSES

OnOLÉIiA ASIATIQUE : TEMPÉRATURE CENTRALE 161.5

À propos de ces observations, M. Charcot présente les remarques suivantes : Si l’on prend 37°, 2, pour type de l’état physiologique, on remarquera que, dans tous les cas, sauf un seul, le septième et dans toutes les expériences, la chaleur centrale, mesurée par l'introduction du thermomètre dans le rectum, était sensiblement augmentée, ou tout au moins ne descendait pas au-dessous du taux normal. Le chiffre 36° 2, observé dans le cas exceptionnel N° 7, est un chiffre minimum qui peut se rencontrer, bien qu'assez rarement toutefois, chez les vieillards, dans les conditions physiologiques.

On voit, par les observations 3, 4, 6, que des chiffres assez élevés, tels que 37° 8, 38°, 38°, i ont été obtenus dans le même temps où les symptômes d’algidité et la cyanose cholériques étaient le plus prononcés. Il est bon de noter que les cas dont il s’agit étaient des plus graves, et se sont rapidement terminés par la mort.

L'observation N° 2 doit être considérée à part. Un chiffre très élevé, 40° 8, a été noté dans une expérience faite cinq heures avant la mort. Une heure après la mort, la température rectale était descendue à 40°. L’examen microscopique a démontré qu’il n’existait, chez ce sujet, aucune complication inflammatoire pouvant expliquer l’élévation de la température. Ce fait peut être rapproché de ceux qu’a signalés M. Doyère, lors de l’épidémie de 1854 ( Mémoire des savants étrangers à l'Institut). Il démontre, comme ceux-ci, que dans le choléra, — et pareille chose s’observe également dans des affections d’un tout autre ordre, — la température s’élève quelquefois d'une manière très remarquable, aux approches de la terminaison fatale.

Les observations 1, 8, 9 sont relatives à des malades dont la température a été examinée, pendant la période de réaction (réaction typhoïde). L’algidité était à peine prononcée ou même la peau était chaude. Le chiffre maximum a été 39°, 6

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(obs. 9, et, dans ce cas, la maladie s’est terminée par la guérison), le chiffre minimum 37°, 6.

Dans les cas 5, 6, 8, la température de l’aisselle et celle du rectum ont été prises comparativement. Celle-ci a été de 37° 37°, 8 (cas N° 5), 37°, 8 (cas N° 6), 37e, 6 (cas N° 8) , tandis que les chiffres correspondants fournis par l’examen du rectum étaient 38°, 6, 38°, 8 (différence d’un degré, cas N° 5), 36°, 2 (différence de plus d’un degré, cas N° 6), 33°, 8 (différence de près de 2 degrés, cas N° 8).

Il résulte de tout cela que la thermométrie rectale doit être, dans ce genre de recherches, préférée de beaucoup à la thermométrie de l’aisselle, puisqu’elle accuse plus exactement que celle-ci la température des parties centrales. Plusieurs auteurs avaient remarqué déjà que, dans le choléra, l’examen thermométrique du rectum peut fournir une température élevée, alors que chez le même individu, l’examen de l’aisselle donne, au contraire, un chiffre très inférieur au taux normal. Le docteur Zimmermann, entre autres, a vu la température du rectum s’élever, pendant l’algidité, à 39°, 2, tandis que la température de la bouche était de 33°, 4, et celle de l’aisselle seulement de 32°, 4 (. Deutsche Klienick, 1855).

Par suite de la prompte cessation de l’épidémie, à l’hospice de la Salpêtrière, mes recherches ont dû être interrompues avant d’avoir été suffisamment multipliées. Néanmoins les résultats que j’ai obtenus tendent évidemment à confirmer l’opinion émise par plusieurs observateurs, à savoir que, chez les cholériques, dans la période algide, le refroidissement reste superficiel et ne s’étend pas aux parties centrales.

Il n’échappera à personne que d’un autre côté ces résultats fournissent un appui à l'ingénieuse Théorie physiologique du choiera présentée par notre collègue, le docteur Marey, dans un des derniers numéros de la Gazette hebdomadaire.

Cil 0 LÉ II A

Rapport sur diverses communications relatives au

choléra *.

J’ai eu à examiner, comme rapporteur, quarante-trois lettres, notes ou mémoires, adressés à l’Académie et relatifs au traitement du choléra asiatique. J’ai le regret de dire que, dans l’accomplissement de cette tâche, je n’ai pas été plus heureux que ne l’avait été mon confrère, M. Vulpian, dans une circonstance analogue. Mon examen, en effet, ne m’a fourni aucun résultat qui mérite d’être pris en considération.

La plupart de ces lettres (trente-sept) ont été adressées par des personnes étrangères à la profession médicale et plus généralement aux sciences biologiques. 11 ne faut pas s’étonner, par conséquent, qu’elles contiennent presque toujours des naïvetés qui prêteraient à rire si le cas n’était pas aussi sérieux. Il faut d’ailleurs tenir compte des bonnes intentions. Toutes ces lettres, en effet, n’ont pas été dictées par l’amour du lucre ou de la notoriété, car souvent les auteurs ont discrètement gardé l’anonyme. Il faut plutôt y voir, en général, pensons-nous, l’un des effets de la manie d’ improvise)' en médecine, travers encore si communément répandu, on le sait,

1. Au nom d’une Commission composée de MM. Gosselin, Vulpian, Maret, Hert, rtichet, Pasteur, lloulay; Charcot, rapporteur.

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même parmi les gens éclairés. L'un considère les évacuations cholériques comme représentant un effort de la nature qu’il ne faut pas contrarier et conseille aux malades de boire de grandes quantités d’eau de source; deux autres conseillent l’ingestion d’huile d’olives. Celui-ci préconise la saignée celui-là voudrait que l’on but de l’urine d’enfant, etc.

Les Notes ou Mémoires émanant de médecins ou d’étudiants en médecine ont nécessairement un tout autre caractère. Malheureusement on n’y trouve guère que des théories plus ou moins ingénieuses sur ce que l’on appelle « la nature »> du choléra, avec des projets de médication déduits plus ou moins logiquement de ces théories. La sanction expérimentale fait absolument défaut. Les principaux moyens proposés sont les injections hypodermiques, soit de phénate de quinine (?), soit de chlorure de pilocarpine. L’emploi à l’intérieur du sulfate

de quinine a haute dose, de l’eau oxygénée, de la limonade sulfurique.

Une note sur l enchaînement des lésions et les symptômes de choléra asiatique et sur les indications qui en dérivent, pour le traitement préventif et curatif de cette maladie , mérite une place a part, parce qu’elle a été adressée par M. le Dr Duboué (de Pau), auquel on doit la publication de plusieurs travaux importants. L’auteur cherche d’abord à établir, en se fondant sur les résultats obtenus par quelques anatomo-pathologistes, que l’agent cholérique, introduit primitivement par les voies respiratoires, pénètre ensuite dans le système des artères et des capillaires de l’arbre aortique, où il détermine la desquamation de 1 endothélium vasculaire. L’agent pénètre consécutivement dans 1 intestin, où il provoque la desquamation de 1 epithelium de la membrane muqueuse. La diarrhée qui se produit, en conséquence, est due à une sorte de filtration du sérum du sang qui se fait à travers la mince couche de choion des \ illosilés intestinales dépouillées de leur épithélium.

CliOLÉHA

En lliérapeutique, la conséquence de celle lliéorie esl qu’il n'y a qu’une seule indication pour le traitement préventif individuel et deux indications pour le traitement curatit.

L’indication du traitement préventif consiste h fortifier (sic) à l’avance tout le système endothélial et épithélial, de façon à leur permettre de résister lorsque l’agent cholérigène viendra à pénétrer dans l’organisme. Cela s’obtiendra en administrant journellement aux personnes exposées à la contagion deux doses de 0 gr. 25 chacune de tannin pur préparé à l'éther.

Pour ce qui est du traitement curatif , la première indication consiste surtout à rétablir la circulation interrompue. Le moyen d'obtenir ce résultat a déjà été employé par un grand nombre de médecins. 11 s’agit de pratiquer des injections cxtraveineuses abondantes d’un sérum artificiel auquel il conviendra, selon M. Duboué, d’ajouter I gr. par litre de tannin à l’éther.

La seconde indication sera remplie en reprenant, dès que la circulation sera rétablie, l’emploi du tannin, à la dose de 3 gr., 6 gr. et 8 gr. par jour, dans le but de favoriser la régénération des endothéliums et des épithéliums.

Nous nous sommes borné à exposer, sans vouloir entrer dans la critique. Il suffira de remarquer, pensons-nous, qu’une série d’observations cliniques et d’expériences thérapeutiques régulièrement instituées pourraient seules permettre d’atteindre le but visé par l'institution du prix Bréant 1 .

1. Comptes rendus de V Académie des sciences, 1884, t. XGIX, p. 224.

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