DE LA CAN1T1E
« ricordia motus, ipsi capul remiserit. Simile habet exem- « plum Julius Scaliger; et in nostra historia viro nobili de « Saint- V allier cujus in gratiam Diana Pictavis ejus filia regios « concubitus passa est, eadem improvisa canilies advenlasse « legitur. At nil mémorandum magis quam qnod aiilicis « narrabat æternæ mémorisé rex noster Henricus 1 V, se scil- « licet mœrore et metu confection, in barbam simul atque « capillos manu incubuisse per 24 horas, lanienæ illius Baril tholomæanæ tempore, eoque exacto, hanc et barbæ et « capillorum partem fuisse in canitiem conversam , quam « ostentabat. » La circonstance si remarquable notée dans le récit précédent, d’une canitie partielle survenue rapidement, et limitée aux parties du système pileux soumises, pendant un certain temps, à la pression de la main, reparaît dans le fait qui suit : « llsignore d' Andelot » , dit Guerrazi (Isabella Orsini, 3e ediz., Firenze, 1845, p. 128, 129), « tenenclo la faccia ap- « pogiata alla mano quando gli portarono la notizia del sup- « plicio del suo fratello ordinato dal duca di Alva corne « complice dei conti di Egmont e di Ornes, tutta quelea parle « délia barba e del sopraciglio compressa dalla mano muto « colore, e parce vi fosse caduta sopra farina. »
Dans ce même ouvrage, Guerrazi signale encore deux personnages célèbres à divers titres : Guarini (de Vérone), l’un des restaurateurs des lettres classiques en Italie, et Ludovic Sforza, dit le More, comme ayant été presque subitement frappés de canitie : le premier, au moment où on lui annonça la perte, en mer, de manuscrits grecs qu’il avait, à grand’peine, rassemblés à Constantinople; le second, dans la nuit même qui suivit le jour où il tomba au pouvoir de Louis XII, son mortel ennemi L
On a souvent dit et répété que Marie-Antoinette avait blanchi complètement dans la nuit qui suivit sa condamnation. Cette circonstance n’est signalée ni dans les Révolutions de Paris de Prudhomme, ni dans V Histoire de Marie-Antoinette, de Montjoye (Paris, 1814). Elle n’est pas mentionnée
Charcot. Œuvr. comp. r. vm, 2" pl. Affections de la peau.
AFFECTIONS DU TÉGUMENT EXTERNE
— Les faits qui précèdent peuvent avoir été primitivement recueillis par des écrivains étrangers à l’élude des sciences naturelles, et qui, dans leurs récits, ont peut-être cédé à l’attrait du merveilleux ; il y a là un motif plus ou moins légitime de suspicion qui toutefois ne saurait plus être invoqué à l’égard des exemples suivants : Schenk, llannemann et Pechlin, cités par Yoigtel ( Handbuch derpalh. anat., Halle, 1804. Bd. I, p. 90), ont rapporté chacun un cas de canilie rapide ou presque subile survenue à la suite d’une terreur profonde. On trouve encore dans le même ouvrage de Yoigtel un fait emprunté aux Mémoires de la Société de médecine de Londres pour 1792 (t. III) : « Une jeune fille brune, âgée de treize ans, s’aperçut un matin, en se levant, qu’une mèche de ses cheveux avait totalement blanchi pendant la nuit. Au bout de quelques jours, d’autres mèches blanchirent de même, puis d’autres encore. En même temps, la peau des diverses parties du corps, qui jusque-là avait été brune, se décolora peu à peu et prit une teinte rosée. » L’absence d’une émotion violente parmi les circonstances étiologiques et la coïncidence, évidemment fort remarquable, d’une décoloration notable du tégument externe avec la canilie, distinguent notablement ce dernier exemple à la fois de ceux qui précèdent et de ceux qui vont suivre. Bichat [Anatomie générale , t. IV, p. 815) dit avoir connu une personne qui, à la suite d’une nouvelle funeste, blanchit presque entièrement dans l’espace d’une nuit. M, Rayer enfin, dans son Traité des maladies de la peau (t. III, p. 733), rapporte un cas recueilli par M. Cassan, et relatifàune nommée Perat, femme Leclère, qui, citée devant la chambre des pairs pour déposer dans le procès de Louvel,
non plus dans l 'Histoire de la captivité de Louis XVI (Paris, 1817). MM. Edmond et Jules de Concourt ( Histoire de Marie-Antoinette. Paris, 1838) disent bien que la reine avait les cheveux tout blancs le jour où elle monta sur l’èchafaud (p. 419); mais ils disent également (p. 345) qu’elle avait déjà grisonné à l'époque de la mort du roi.