‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 3)Chapitre 7 sur 101 · VARIOLE CHEZ LE FOETUS · texte numérisé non relu

VARIOLE CHEZ LE FOETUS

et postérieure; mais on en voit de nombreuses et de volumineuses sur ses régions latérales, surtout au niveau du pavillon de l’oreille. Elles sont disposées de la manière suivante : groupe arrondi de sept pustules au-dessous de l’oreille droite; groupe également arrondi de huit pustules, dont deux très volumineuses et les autres petites au-dessous de l'oreille gauche; ces groupes occupent presque toute l’étendue des régions latérales du cou; mais ils sont plus rapprochés du pavillon de l’oreille que du moignon de l’épaule.

Région thoracique antérieure: deux volumineuses pustules symétriquement disposées, au centre des régions pectorales, de chaque coté. Région abdominale antérieure : dix pustules disséminées irrégulièrement, dont trois très volumineuses.

Régions thoracique et abdominale postérieures : cinq pustules vc» lumineuses disséminées; une de ces pustules, très large (7 millim. en diamètre), paraît formée par la réunion de plusieurs pustules secondaires, et occupe la partie centrale de la région lombaire. Irois petites pustules existent sur la région antérieure du scrotum. Cinq grandes pustules sont disséminées sur les fesses. Le membre supérieur gauche présente douze pustules volumineuses, dont deux seulement occupent la face interne du membre.

Membre thoracique droit : quatre petites pustules seulement, dont trois sur le moignon de l’épaule, et une sur la partie externe et supérieure de l’avant-bras.

Membi es abdominaux : côte droit, cinq pustules disséminées, dont deux à la partie interne et antérieure. Membre gauche : sept pustules, dont trois forment un groupe qui siège au tiers inférieur de la partie postérieure et externe delà jambe. 11 n’existait pas de pustules aux extrémités supérieures ou inférieures. Les pustules, avant l’ablation de l’épiderme, étaient presque toutes ombiliquées, bien dessinées et d'une couleur d’un blanc mat. En détachant l'épiderme, on enlevait avec lui le disque pseudo-membraneux, et l’on trouvait toujours, dans l’épaisseur du derme, une ulcération arrondie, taillée à pic, plus ou moins profonde et plus ou moins étendue en surface. Les plus grandes de ces ulcérations avaient environ de 4 à 5 millim. de diamètre ;

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les plus petites, 1 ou 2 millim. seulement; quelques-unes intéressaient toute l’épaisseur du derme, et l'on voyait dans leur fond, le tissu graisseux sous-cutané ou môme les muscles superficiels; dans d’autres, le tissu graisseux était séparé de l’ulcération par une fine membrane transparente qui en formait le fond.

Dans la plupart des cas, au voisinage des ulcérations, les follicules pileux étaient hypertrophiés. Dans aucune des ulcérations, on n’a remarqué l’existence d’un travail de cicatrisation commençant. Mais quelques-unes d’entre elles étaient remplies par une sorte de bourbillon jaunâtre, de consistance caséeuse, moulé sur la cavité de l’ulcère, et s’enlevant toujours avec la plus grande facilité. En règle générale, l’ulcération du derme avait une forme légèrement conique, le fond de l’ulcération étant plus petit que sa surface extérieure.

J’ai l’honneur de rappeler h la Société que, dans une autre circonstance, j’ai eu l’occasion de donner quelques détails sur la structure des pustules varioliques d’un fœtus. (Voir Compte rendu de la Société de biologie , avril 1851, et plus haut, p. 3.)

ANGINE DIPHTIIÉRITIQUE

Note sur l’état des muscles et des nerfs du voile du palais dans un cas d’angine diphthéritique '.

Les études d’ailleurs si remarquables, dont la paralysie diphthérique du voile du palais a été récemment l’objet, laissent subsister encore des desiderata assez nombreux. On ignore, par exemple, sur quels éléments, nerfs ou muscles, portent plus particulièrement les altérations, dans cette forme de paralysie ; si ces altérations sont, comme on dit, purement dynamiques, ou si, au contraire, elles se révèlent à l’anatomiste par des modifications de texture. Le fait que nous avons l’honneur de présenter à la Société de biologie pourra contribuer à combler la lacune que nous signalons.

Observation. — Cancer de l'utérus. — Angine diphtérilique. — Symptômes de paralysie du voile du palais. — Nasonnement de la voix. — Déglutition difficile surtout pour les liquides. — Troubles de la prononciation. — Affaiblissement progressif. — hémorrhagie utérine , épanchement pleurétique-, mort. — Autopsie. — Examen microscopique des fibres musculaires du voile du palais.

La nommée Guillory, âgée de SI ans, passeinentière, a été admise à l’hospice de la Salpêtrière, salle sainte Marthe, n° 8,

1. En collaboration avec M. Vulpian. Extrait des comptes rendus de la Société de Biologie, 1862, p. 173.

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le lor mars 1862. On constate, lors de son entrée, l’existence d’une ulcération cancéreuse qui déjà a détruit le col utérin et a envahi même une partie du vagin ; les premiers signes de l’affection utérine remontent à un an environ. La malade est très émaciée, profondément anémique.

Le 30 mars, elle accuse de la difficulté à avaler et une douleur vive, siégeant à l’isthme du gosier, s’exagérant à chaque mouvement de déglutition. L’amygdale du cèté droit, le voile du palais du même côté, la luette, sont recouverts d’une fausse membrane blanche, épaisse, tenace, qu’on peut détacher à l’aide d’une pince, par larges lambeaux, principalement au niveau de la luette qu'elle enveloppe comme un doigt de gant. J1 n’y a pas d’engorgement ganglionnaire, il existe fort peu de réaction fébrile. Les fausses membranes sont plusieurs fois enlevées en leur totalité, à l’aide d’une pince, et une cautérisation, à l’aide du nitrate d’argent, est pratiquée chaque fois sur les parties qu’elles recouvraient ; mais plusieurs fois ces fausses membranes se reproduisent.

Le 9 avril, les fausses membranes ne sont plus représentées que par une légère couche grisâtre. La douleur pharyngienne a presque complètement disparu ; mais la voix est déjà manifestement nasonnée.

Le 20 avril, le nasonnement a fait de tels progrès que la parole est devenue presque inintelligible ; si la malade essaye de souffler, une grande partie de l’air s’échappe par les narines ; la succion s’opère encore sans trop de difficulté. La déglutition des solides est très difficile ; celle des liquides à peu près impossible, ceux-ci sont presque en entier rejetés et passent par les fosses nasales. Cependant, l’examen direct du voile du palais fait constater que cet organe n’est pas flasque et tombant, seulement, il reste en grande partie immobile, pendant la prononciation des voyelles a , e , et aussi dans les mouvements de déglutition simulée. Toutes les parties du voile du palais ne paraissent pas, d’ailleurs, également affectées ; ainsi, pendant la prononciation des voyelles a, e, il se produit une contraction assez manifeste des glosso-slaphylins. Les palato-stapliylins et pharyngo-staphjdins manifestent de très légères contractions, sous l’influence de l’excitation électrique.

paralysie du voile du palais

La sensibilité générale est partout normale ; il n’existe pas dé trace de paralysie des membres ; la vue et en général tous les organes des sens sont intacts. Il n’y a pas d’albumine dans les urines.

A partir de ce jour, la faradisation est pratiquée chaque jour par l’application directe des deux pôles de l’appareil sur le voile du palais.

Le 12 mai, il ne s’est produit aucune amélioration dans les symptômes de paralysie du voile du palais. L’alimentation est presque impossible ; la malade s’affaiblit de plus en plus. Le 20 mai, se déclare une hémorragie utérine assez intense. Le 23 mai, survient un point de côté siégeant sous la mamelle droite, et l’on constate dans la plèvre de ce côté l’existence d’un épanchement moyennement abondant.

La malade succombe le 26 mai, à huit heures du matin.

Autopsie. — Ulcération cancéreuse qui a détruit le col de l’utérus et s'est étendue au vagin ; hydronéphrose, par suite d’oblitération de l’un des uretères de droite. Deux verres environ de sérosité citrine sont contenus dans la cavité pleurale droite; des fausses membranes fibrineuses sont appliquées sur la plèvre diaphragmatique.

Examen du voile du palais. — Les muscles du voile du palais paraissent, examinés à l’œil nu, plus pâles que dans l’état normal.

L 'examen microscopique des fibres de ces muscles montre que la plupart d’entre elles ont conservé leurs caractères ordinaires ; on voit assez manifestement les stries transversales (l’examen n’est fait que vingt-quatre heures après la nécropsie). Mais on trouve çà et là, interposées aux fibres saines, des fibres plus ou moins remplies de fines granulations graisseuses. Quelques-unes de ces dernières fibres sont parvenues h l’intérieur d’un grand nombre de ces granulations. Les nerfs musculaires du voile du palais présentent des altérations remarquables. Certains filets nerveux sont con-

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slitués par des lubes entièrement vides de matière médullaire ; de distance en distance, on voit sous le névrilème des corps granuleux dont quelques-uns sont elliptiques, pourvus d’un noyau bien distinct, et dont d’autres sont plus allongés èt semblent dépourvus de noyau. Les filets nerveux altérés à ce degré sont rares; la plupart ne sont que partiellement altérés 1 ; ils sont composés de tubes nerveux de deux sortes. Dans les uns, la matière médullaire est complètement intacte ; dans les autres, la matière médullaire est devenue granulense. Ces tubes altérés ont conservé encore, jusqu’à un certain point, leur largeur, mais au lieu de la substance médullaire normale, on y voit des granulations très fines, tantôt juxtaposées dans une assez grande longueur, tantôt formant des agglomérats peu étendus, simulant des corps granuleux. Outre ces granulations enfermées dans les gaines des tubes, il y a un semis de fines granulations graisseuses, soit dans l’intervalle des tubes, soit sous le névrilème commun; enfin, il y a quelquefois sous ce névrilème quelques corps granuleux tout à fait semblables à ceux que l’on trouve, par exemple, dans certains foyers de ramollissement cérébral.

La membrane muqueuse de la face buccale du voile du palais a été trouvée saine ; cependant il y a çà et là quelques fines granulations graisseuses. Quelques-uns des filaments nerveux qui sépanouissent dans cette membrane, ont été examinés et ont paru entièrement sains.

1. Il est possible que les filets nerveux composés de tubes sains entremêlés de tubes altérés, soient constitués par des tubes sensitifs (sains) et par des tubes moteurs (altérés).

De la fièvre typhoïde ' .

ÉTIOLOGIE.

A. Spécificité cle la fêvre typhoïde. — C’est là un point aujourd hui unanimement reconnu ; oui, unanimement ; car il n y a pas à tenir compte des quelques esprits excentriques qui protestent, pas plus que de ceux qui s’inscrivent en faux contre l’impossibilité mathématique de la quadrature du cercle. A priori , si 1 on médite sur les faits nosologiques, exanthème sin cJeneriS si l’on médite sur les faits, physionomie tout à fait singulière de l’ensemble symptomatique, marche toujours aiguë de la maladie, caractères nécroscopiques d’une nature vraiment à part ; si, de plus, on considère que la maladie est de celles qui, après qu’on les a eues une fois, ne reviennent plus jamais, en règles générales, dans tout le cours de la vie, tout cela suffit déjà pour établir une forte présomption de spécificité. A posteriori, les recherches étiologiques aboutissent forcément à conclure de la façon la plus affirmative et la plus tranchée ; car, il n’y a aucune cause manifeste, soit prédispo-

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sur la fièvre h/phoùle et le <' A de l'c/in/n •' anière partie du chapitre

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CiiAiico.'. Œuvres complètes, t. vm, Maladies in/ietiemes. 2

MALADIES INFECTIEUSES

sanie ou occasionnelle, qui se montre constamment ou exclusivement liée au développement de la fièvre typhoïde, hommes et femmes, jeunes et vieux, gens de tout tempérament et de tout état, faibles et forts, riches et pauvres, militaires et bourgeois, citadins et campagnards, etc., etc., tous sont sujets à cette maladie ; le jeune âge et la circonstance d’ètre un nouveau-venu dans une grande ville, voilà bien deux titres étiologiques sous l’étiquette desquels on a, dans les relevés statistiques, un assez grand nombre de cas à inscrire, et nous tâcherons tout à l’heure de faire comprendre pourquoi; mais, après tout, ni l’une ni l’autre de ces conditions-là n'est absolument nécessaire, tant s’en faut; ainsi, force nous est bien d’avouer, et la logique le veut, force nous est bien d’avouer qu’il y a là une condition occulte, ou, autrement dit, spéciGque. Maintenant reste à savoir si c’est là une spécificité pathologique de premier ou de second ordre, selon la distinction que j’ai adoptée et soumise à l’épreuve de l’argumentation dans ma thèse : De la spécificité. N’y a-t-il là rien autre chose qu’une modalité spécifique de l’économie animale, comme dans le scrofulisme, par exemple, ou dans la goutte? Rien autre chose qu’une modalité inhérente au sang ou aux tissus du malade, et intransmissible à un individu sain, c est-à-dire, en un mot, une spécificité pathologique de second ordre? Ou bien, au contraire, y a-t-il là une cause spécifique par excellence, un agent morbifique réellement distinct, invisible et intangible, miasme, virus, ou n’importe quoi, comme dans l’intoxication paludéenne, dans l’intoxication variolique, danslamorve, etc.? Que de problèmes à poser ! Quelle matière à controverses ! Voilà où la divergence d’opinion peut exister, je le confesse, entre les bons esprits. Toujours est-il, cependant, que le développement primitif du typhus, un cas sur la réali té duquel on tombe d’accord. Les anti-contagionnistes supposent qu il en est toujours ainsi; les contagionnistes, les partisans de 1 identité

FIÈVRE TVl’flOÏDE : CONTAGION

de la fièvre lyphoïde et du typhus, admettent seulement que le fait a lieu quelquefois.

1>. 7? ansmission contagieuse delà fièvre typhoïde . Thèse

fort controversée et qui n’est pas, il faut le dire, susceptible de démonstration absolue. Les uns ne se font pas scrupule de la trancher résolument par une complète négation: mais, notons-le bien, c’est en exagérant la valeur logique des faits négatifs ou, pour mieux dire, des faits à l’égard desquels nou< manquons de renseignements (comme cela nous arrive tant de fois à Paris, même pour les sujets atteints de varioles ou de toute autre affection non moins incontestablement virulente); c est en repoussant les meilleures preuves avec un parti-pris d’anticontagionisme ultra-pyrrhonien. Les autres croient à la contagion ; et, tout bien considéré, nous nous rangeons de leur côté.

Il existe des faits nombreux et de tout point irrécusables qui démontrent comment on peut, très aisément parfois, suivre dans les petites localités, pour ainsi dire pas à pa’s de maison en maison, d’un village à un autre, la transmission de la maladie par contagion. Les documents les plus précieux silice sujet ont été présentés par MM. Bretonneau, Gendron. îedvache et autres auleurs dont les travaux ont été cités et commentés à l’article Bibliographie.

Nous poumons y ajouter l'intéressante relation d'une énienne observée par le docteur Austin Flinf (Résumé de reies clmmos sur la fièvre continue, Paris, -1834) à Norlh Boston, hameau de l'Etat de New-York. Les grands centres de population sont, par contre, peu favorables à ce genre de recherches ; il y est fort difficile de remonter à la source d , mal et de s isoler de toutes les chances d'erreur. Peut-être aussi ne retrouve-t-on pas dans les villes, au même de*r aue dans les campagnes, les conditions nécessaires à la pfop,!“

MALADIES INI-'HC. XIEUSU.S

lion des agents spécifiques. Le fai L est que c est à peine si MM. Louis et Chomel ont pu, dans le cours de leur longue pratique, rassembler quelques observations de fièvre typhoïde contractée dans les salles des hôpitaux de Paris où l’on trouve, presque constamment, un plus ou moins grand nombre de (lolbiénentériques en voie de traitement. Pendant l’épidémie (pii a sévi à Paris, en 1853, sur 228 cas existant à l'Hôtel-Dieu, du 1er au 30 janvier, on li a noté qu’un seul cas déclaré a f intérieur ; et, sur les 439 cas relevés en février, dans le même hôpital, il n’en est que 10 qui se soient développés dans les salles {Arch. gêner, de Méd., t. I, 1853, p. 507). Ces résultats paraîtront, sans doute, peu favorables a la doctrine delà contagion, etles médecins anticontagionnistes n’ontpas manqué de les faire valoir. Mais, on ne doit pas oublier que les salles de nos hôpitaux sont spacieuses, bien tenues, ventilées avec soin ; que les individus qui viennent y chercher un refuge ont peut-êLre été autrefois atteints de la maladie, et qu’ils y entrent, pour la plupart, au début ou pendant le cours d uneaffection fébrile aiguë ; autant de conditions qui rendent très difficile la transmission de la fièvre typhoïde par voie de contagion. 11 faut, en effet, pour que celte contagion ait lieu, outre les conditions personnelles d’aptitude sur lesquelles il nous faudra revenir, un séjour prolongé auprès d'un ou de plusieurs malades atteints de fièvre typhoïde et. confines dans un local étroit et mal aéré ; c’est du moins ce qui paraît établi par les belles recherches du docteur Piedvache ; un contact momentané (1724), une courte visite rendue au malade paraissent ne pas suffire ; il semble aussi très douteux que la contagion puisse s’opérer par l’intermédiaire de vêtements, d’objets de literie, ou, enfin, par l’entremise d un indivi u non atteint de la maladie.

En somme, en temps ordinaire, car il faut bien laiie e> réserves pour les cas insolites d une grande ép. demie, 1

EIÈVHE TYPHOÏDE

principe spécifique de la fièvre typhoïde est doué de peu d’énergie; il est peu volatil; pour qu’il se puisse transmettre de l’individu malade à l'individu sain, il a besoin de subir un certain degré de concentration. Sous ces divers rapports, il cède assurément le pas au virus (yphique (1568, B.), et à la plupart, des agents contagieux que développent, aune certaine époque de leur cours, les pyrexies incontestablement virulentes.

C. Développement primitif de la fièvre typhoïde. — Lorsque la fièvre typhoïde se développe par contagion, l’apparition des cas est successive, elle suit l’ordre des rapports intimes des individus entre eux. Mais il arrive souvent que cette maladie éclate simultanément sur plusieurs points, sous forme épidémique, ou bien encore isolément, sous forme sporadique, sans qu’on puisse, cette fois, malgré les recherches les plus sévères, lui reconnaître une origine contagieuse ; pour expliquer ces cas-là, il faut bien, de toute nécessité, invoquer son développement primitif.

Reste à savoir si l’encombrement, le séjour prolongé dans une atmosphère viciée par des émanations putrides, les affections tristes de toute espèce, la nostalgie, l’usage d’aliments à demi-putrifiés, les fatigues successives qui rendent l’homme comparable aux animaux surmenés, reste à savoir si toutes ces causes, pour ainsi dire matérielles et palpables, agissant ensemble ou séparément, sont capables, à elles seules, de produire la maladie de toutes pièces ; toujours est-il qu’aux yeux de la plupart des médecins, l’encombrement peut, pour son propre compte, aggraver singulièrement la fièvre typhoïde, la rendre épidémique, ou même, enfin, lui faire revêtir les caractères du typhus pestilentiel le plus meurtrier. — On sait que la plus grande partie des cas de fièvre typhoïde observés à Paris, dans les hôpitaux, se montrent chez des individus qui

MALADIES INEJiCTI KUSLS

ont quitté la province depuis peu de temps: sur 92 malades du service de M. Cliomel, interrogés sur ce point spécial, 64, c'est-à-dire plus des deux tiers, demeuraient à Paris depuis moins de deux ans. Deux de ces malades seulement étaient nés dans la capitale. Comment expliquer ce fait remarquable? Quels sont les agents de cette cause complexe, qu'on désigne sous le nom d'acclimatement et sur laquelle l’attention des médecins est éveillée depuis la publication du Traité de la fièvre enter o-mèsentérique? Est-ce la contagion, est-ce, au contraire, le développement primitif de la maladie qu'il faut surtout invoquer ici? C’est ce qu’on ne saurait encore décider aujourd’hui.

D. Conditions personnelles d'aptitude. — Développée soit par contagion, soit primitivement, la fièvre typhoïde attaque (le préférence les individus âgés de dix-huit à trente ans. Passé cinquante ans, il est rare qu’on la contracte. On a cependant rapporté un certain nombre d’exemples très authentiques de cette maladie, observés chez des vieillards.

Citons entre autres les suivants : Rayer, dans Ballet, de P Académie royale de méd., t. VIII, 1842, p. 37, fièvre typhoïde, chez une femme de cinquante-six ans ; Yalleix, Union médicale , 1853, n° 66, chez un homme de 61 ans ; — Lombard, Gaz. médic., 1853, p. 592, chez une femme de soixantedouze ans). Mais ce sont là de rares exceptions. Chez les enfants, d’après MM. Rilliet et BarLhez, elle est fréquente surtout de neuf à qualorze ans ; onia voit moins souvent déjà de quatre à neuf ans; au-dessous de quatre ans, elle devient très rare ; mais elle peut se montrer cependant encore chez de très jeunes enfants, même chez les nouveau-nés, ainsi que le démontrent les deux observations suivies de détails nécroscopiques insérées dans les Archives générales de médecine (3° série, t. IX, 1840) par M. Charcellay. Après les conditions

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