FIÈVRE TYPHOÏDE : RÉCIDIVES
personnelles relatives à l’âge, notons encore les aûections tristes, les excès de tout genre, etc., et faisons remarquer qu’une constitution forte ne nous met pas, tant s’en faut, à l’abri de la fièvre typhoïde.
E. Conditions d'immunité. — Ceux qui, une fois déjà, ont subi la maladie, en sont exempts pour l’avenir. Yoilàune règle qui ne souffre guère d’exceptions : nouveau trait de ressemblance qu’il faut ajoutera ceux qui relient déjà la dothiénentérie aux affections incontestablement virulentes. On a cependant rapporté quelques exemples, rares il est vrai, de récidives de la fièvre typhoïde. Mais ces récidives-là ont toujours été rencontrées dans des circonstances particulières et qui mériteni bien d’être notées. C’est, en effet, constamment pendant le cours de la convalescence, parfois la mieux établie, mais toujours à une époque peu éloignée du terme de la maladie primitive, qu’on a vu, en pareil cas, reparaître tout le cortège des symptômes caractéristiques; la fièvre, la céphalalgie, les épistaxis, les taches rosées, le météorisme, se sont développés successivement dans l’ordre habituel ; et, si cette fièvre typhoïde nouvelle s’est terminée par la mort, on a pu constater, lors de l’autopsie, des altérations intestinales de date toute récente, au milieu d’ulcérations guéries ou en voie de guérison (Grisolle, Traité de pathologie interne , t. I, 1855, p. 37. — Rilliet et Barthez, Traité des maladies des enfants , p. 684 et 691, 1853; — et surtout: Thierfelder, Beitrâge zur Lehre von typhus, in Archiv.für phys. Heilg , Stuttgart, 15 juin 1855.
— On y trouve huit observations de cette sorte de récidive.
On a fait remarquer avec raison que la fièvre typhoïde attaque îaiement les enfants ou les adultes, pendant la convalescence d’une autre maladie aiguë, ou pendant le cours d’une affection fébrile, d’une phlegmasie, par exemple.
MA LA DI ICS INracTlF USES
F. Distribution géographique. — La fièvre lyphoïde est répandue dans toute l’Europe. D'après le docteur Richter (Fuchs, Medizinische Géographie , Berlin, 18113, p. 37), les pays baignés par l’océan Atlantique, le Portugal, l’Espagne, la France, l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande, sont ceux où elle sévit avec le plus d’intensité. Elle est moins commune en Italie, en Allemagne, en Nonvège, en Suède, en Danemark; en Russie elle semble disparaître peu à peu, à mesure qu’on se rapproche de la frontière asiatique; elle est très commune dans toute l’étendue de l’Amérique du Nord. Dans les autres parties du monde, il n’est peut-être pas un pays où la fièvre typhoïde ne puisse se développer; mais elle ne s’y montre que rarement et presque exclusivement chez les Européens non encore acclimatés. (Citons quelques exemples parmi les plus récents et les plus authentiques : la fièvre typhoïde a été rencontrée avec tous les caractères anatomiques et symptomatologiques qui la distinguent, en Algérie (Ilaspel, Maladies de l'Algérie , t. II, p. 248); en Egypte, au Caire, à Alexandrie (Primer, Die Kranheiten des Orients , Erlangen, 1847; Griesinger, Archiv. für phys. Ileilk., t. XII, 1833); sous les tropiques, même dans l’archipel des îles de la Sonde (Heymann, Kranhheiten in den ïropenlandern , Wurzbourg, 1833, etc.). — Suivant M. Boudin, les localités marécageuses se font remarquer par la rareté de la fièvre typhoïde, mais seulement lorsqu’elles impriment à l'organisme une modification profonde (Boudin, Etudes de géologie médicale, Paris, 1843, p. 23).
DIAGNOSTIC
a. Sans doute il est des cas, et c’est heureusement le plus grand nombre, où la fièvre typhoïde se présente, dès son début, avec un tel appareil de symptômes caractéristiques, qu'il est, pour ainsi dire, impossible de la méconnaître. Mais il peut
DIAGNOSTIC
K1ÈVHE TYPHOÏDE :
arriver fréquemment aussi qu’il faille suspendre son jugement parfois pendant plusieurs jours, et attendre, avant de porter un diagnostic irrévocable, qu’on ait pu recueillir un nombre suffisant d'indices significatifs. Comment reconnaître, en elle!, pendant le cours de la première période, qu’il ne s’agit pas tout simplement d’une synoque éphémère, hypéresthénique ou bilieuse, alors qu’aucun des symptômes véritablement propres à la dolliiénenlérie ne s’est encore décélé ; si la peau n’est pas âcre et brûlante; si la céphalalgie, l’insomnie, la stupeur, la prostration des forces sont peu prononcées; si les symplômes abdominaux sont nuis ou presque nuis; si les épistaxis, les râles typhoïdes, etc., ne se sont pas encore montrés? Les principes qui doivent nous guider, en pareille occurence, ont été développés ailleurs (1694-1715. A. B. E. — 1722); nous nous bornons ici à signaler la difficulté. — Il ne faut pas oublier que les pyrexies virulentes, la variole, la scarlatine, la rougeole, et principalement les formes anomales et malignes de ces maladies peuvent parfois, pendant leur période prodromique et en l'absence de certains symptômes (lumbago variolique (1582), bronchite, coryza morbileux (1519), pharyngite scarlatineuse (127), simuler à s’y méprendre, la fièvre typhoïde, c’est ce qui arrive souvent aussi, au début de certaines inflammations, de la méningocéphali te, par exemple (563-566) ; cependant les vomissements, la constipation, le délire précoce et bruyant, la paralysie et les convulsions partielles, le peu d’intensité du mouvement fébrile et autres symptômes plus spécialement propres à cette dernière maladie, servent le plus souvent à la faire reconnaître.
6. La fièvre typhoïde, dont la deuxième et la troisième période sont marquées surtout par la prédominance des phénomènes adynamiques ou mômes ataxiques, peut encore être