Recherches sur la fièvre typhoïde, t. II, p
DE L EXPECTATION
ger; contre ces affections, on emploie tous les jours différents agents thérapeutiques qui peuvent tous invoquer en leur faveur un certain nombre de succès. Il serait à souhaiter que des relevés très nombreux, et faits sans le moindre parti pris, vinssent établir la marche naturelle, la durée et les différentes circonstances de ces maladies. Dans les cas, je le répète, où les affections sont graves, ou bien lorsqu’on connaît des moyens à l’aide desquels on obtient leur guérison à coup sûr, il faut agir. Dans quelques-uns de ces cas, on a cependant été conduit à employer la méthode expectante.
C’est ainsi que, dans la pneumonie, maladie réputée pour très grave, quelques médecins, réfléchissant aux heureux résultats d’un grand nombre de méthodes différentes, et voyant que les statistiques avancées par certains médecins, dont la thérapeutique n’est pas autre chose que de l’expectation sous un autre nom, ne s’éloignaient pas de celles que fournit la médecine agissante, furent amenés à essayer l’expectation pure, et ont ainsi rendu un véritable service à la science1.
Par des considérations analogues, on a été entraîné à user de l’expectation dans les fièvres éruptives, les pyrexies contagieuses, et à faire ainsi justice de tous les agents vantés tour à tour, et tour à tour répudiés, dans le traitement de ces affections.
De même, certains médecins ont pensé qu’il serait utile d’essayer la méthode expectante, en présence des maladies contre lesquelles on connaît cependant des remèdes certains. La fièvre intermittente est certainement le triomphe de la médecine agissante : cette maladie spécifique a trouvé son remède spécifique, et le quinquina est, de l’aveu général, un des médicaments sur l’efficacité desquels on peut le plus compter. — Et pourtant, que de succédanés du quinquina n’a-t-on pas vu proposer? Chacun de ces nouveaux moyens s’appuie sur un nombre imposant d observations suivies de guérison. L’expé-