‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 4)Chapitre 4 sur 73 · V.œnV.K CliUKllIlALK : TYPK a CINI,» (UtUCUKS · texte numérisé non relu

V.œnV.K CliUKllIlALK : TYPK a CINI,» (UtUCUKS

Fig.?>. — Colle figure cslempriinlée au Iravail do M. Mcynerl(l).

Les numéros 1, 2, 3, 4, 5, désignent l'ordre des couches de l'écorce grise; m, la subslniice médullaire.

(l) Th. Meyncrl. — Vom GehiviLP di'.r Snii//fl/ii(!vc. S/ric/ier's Uundbuch. T. II. p. 70 i.

28 ÉCOUCE CÉUICIiUALE I TYPE A CINQ COUCHES j

2" La deuxième couche {Fig. 5, 2) est marquée par une aggloméraLion de cellules nerveuses pyramidales de la peliLe espèce, très nombreuses, très tassées, et qui lui communiquent une couleur grise très manifeste. j

-S" La troisième couche (Fif/. 5, 3) est en grande partie \ formée par des cellules pyramidales, les unes de dimension moyenne, les autres volumineuses. Celles-ci, plus espacées j que celles-là, sont situées de préférence à la partie la plus in- j férieure de cette couche, et pénètrent même dans la couche sui- ] vante. Outre les cellules, on trouve encore dans cPtte<roisième couche des faisceaux de fibres médullaires qui s'enfoncent I perpendiculairement à la surface de l'écorce grise et forment, ! dans l'intervalle des groupes de cellules pyramidales, des espèces de colonnes. Cette disposition a été fidèlement repré- i sentée par M. Luys (1) et par Henle (2). C'est dans la zone la plus inférieure de cette couche qu'existent dans certaines régions les cellules géantes. Il semblerait que la rareté des cel- | Iules et la présence des fibres médullaires dût donner à cette j couche une coloration blanche, il n'en est rien ; la réalité est ! que, en raison sans doute de la présence du pigment des cel- ] Iules et de l'abondance des vaisseaux capillaires, cette région : de l'écorce des circonvolutions présente à l'œil une coloration jaunâtre.

4" Viennent ensuite la quatrième couche {Fig. 5, 4) où l'on aperçoit des granulations ou cellules globuleuses, à caractère mal déterminé, et la cinquième , oiî nous retrouvons ; les cellules fusiformes, dont nous avons parlé il y a quelques j instants (Fig Jî, ly).

(1) AUfifi, eLc, pl. XX, fig 4. j (■i) Loc. cil., Hfî. 198, p. 271,

sTRUcruHi!: : régions fondamentales i^J

Ces investigations sommaires nous ont mis à même d'apprécier l'intérêt que peut offrir l'examen de la structure de la substance grise corticale, fait par circonvolutions. On sait d'ailleurs depuis longtemps que certaines régions de l'écorce grise diffèrent d'une manière très notable, au point de vue de la structure. Mais l'étude la plus féconde à cet égard, et la plus récente, est celle qu'a entreprise M. Betz, et dont les résultats ont été insérés dans le Cen^ra/èto^^ de l'an passé (1).

M. Betz s'est proposé pour but d'étudier circonvolution par circonvolution les modifn:ations de texture que peut présenter la substance grise. A ce point de vue, il y a lieu de distinguer, d'après lui, à la surface des hémisphères, deux régionsfondamentales qui sont à peu près limitées parle sillon de Rolando.

En avant de ce sillon, l'écorce grise est caractérisée par la prédominance sur les cellules globuleuses des cellules pyramidales de grande dimension. La région orbitaire est comprise dans cette circonscription.

En arrière., la région comprend tout le lobe sphénoïdal, l'occipital et la partie médiane jusqu'au bord antérieur du lobe quadrilatère. Là, les couches granuleuses l'emportent sur les grandes cellules, qui sont relativement rares.

11 y a, d'ailleurs, dans chacune de ces régions, un département spécial qui mérite de nous arrêter. Occupons-nous d'abord de celui de la région postérieure.

1° Les éléments nerveux, bien développés, sont, ici, des cellules assez volumineuses. Pour M. Meynert, c'étaient les plus grosses qu'on pût rencontrer dans l'écorce des hémis-

(Ij P. Iji'tz, in Kiow. — Aaalomischcr Nac/iweis ziceier Gekirncenlra. In Cenlralhlall, 1874, n°» 37 et 38 ; — ibicL, 1881.

blCI'Al»'l'ICMKN'r Dl'.S CKLI-lIl.KS (IKAN'l'KS

plières, avant la découverte des cellules géantes. Elles ont quelquefois 0,030 [A de diamètre. Mais les prolongements de protoplasma sont peu nombreux ; le prolongement basai est dirigé horizontalement et fait quelquefois communiquer deux cellules entre elles. Le territoire où l'on observe cette dispotion comprend : a) le cuneus ; h) la moitié postérieure du lobule lingual et fusiforme ; c) tout le lobe occipital ; d) les deux premières circonvolutions sphénoïdales et le pli de passage. Selon M. Betz, cette région serait destinée aux fonctions de sensibilité. Il y a longtemps déjà que, pour d'autres raisons d'ordre anatomique sur lesquelles nous reviendrons, les parties postérieures du cerveau ont été désignées comme le siège du sensorium.

2" Le département du lobe antérieur qui mérite une mention particulière pourrait être appelé, vous allez voir pour quelle raison, le département des cellules pyramidales gigantesques ou cellules motrices par excellence. Il comprend la circonvolution frontale antérieure dans toute son étendue, la circonvolution pariétale antérieure dans son extrémité supérieure, enfin une partie que nous étudierons prochainement sous le nom de lohulc paracentral et qui siège à la face interne des hémisphères, à l'extrémité des circonvolutions frontale et pariétale (ascendantes dans ces régions). G'estlàqu'existent à peu près exclusivement les cellules géantes. Leur répartition n'y est pas uniforme, car elles sont plus nombreuses qu'ailleurs aux extrémités supérieures des deux circonvolutions médianes et surtout dans le lobe paracentral. Elles sont disposées en groupes ou en îlots. On les trouve dans les points qui viennent d'être indiqués chez les singes de toute espèce, aussi bien chez les inférieurs que chez les chimpanzés. Enfin, chez le chien, M. Betz a observé ces mômes cellules dans les points désignés par Fritsch et Hilzig comme centres moteurs,

DKPAUTKMKNT DES CKLIAU.KS CÉANTIîS

clairement dit dans les parties quiavoisinent le sulcus cruciatus. Ce qui augmente l'intérêt de ce fait, c'est que, chez le chien, les cellules géantes pyramidales n'existeraient que dans les régions dites psycho-motrices.

11 ne vous a pas échappé sans doute, Messieurs, que, chez le singe, cette répartition des grandes cellules nerveuses est à peu près l'apanage des circonvolutions où l'expérience a montré, entre les mains de M". Ferrier, l'existence des points moteurs, c'est-à-dire des circonvolutions centrales. C'est là un résultat intéressant, fourni par l'étude histologique et qui, combiné aux données expérimentales ou anatomo-pathologiques, ne pourra pas manquer de jeter quelque jour sur l'histoire des localisations cérébrales.

TROISIÈME LEÇON

Considérations sur la structure normale da l'écorca grise des circonvolutions. {Suiie.)

Sommaire. — Description d'une coupe de l'écorce grise du cervelet. — Type de slralification en cinq coaclies des élémjntâ cellulaires nerveux. — Régions où existe ce type de stratification. — Département des cellules pyramidales ou cellules gigantesques. — Relation entre ces cellules et les centres psycho-moteurs.

Description de la l'ace intei-ne des hémisphères cérébraux. — Lobule paracentral. — Circonvolutions ascendantes. — Faits cliniqu3s et cxpérimentau.x relatifs au dcveloppsmsnt des ccUulei pyramidales géantes.

Structure de 1 ecorce grise des régions postérieures de rcncéphalc.

Messieurs,

Avant de serrer de plus près la question qui, dans ces leçons préliminaires, nous sert d'objectif — il s'agit, vous ne l'avez pas oublié, de la théorie des localisations dans les maladies cérébrales — je dois mettre la dernière main aux considérations que j'ai été amené à vous présenter dans la dernière leçon relativement à la structure normale de l'écorce grise des circonvolutions, étudiée comparativement dans les divers départements des hémisphères cérébraux.

A. Cette structure, j'ai dû l'envisager tout d'abord dans son type vulgaire, c'est-à-dire le plus généralement répandu. On pourrait, avec M. Meynerl, le désigner sous le nom de

ECOHCK GUISiî DU ceuvei.ct

type de stratification en cinq couches des éléments cellulaires nerveuœ ou réputés tels.

Je vais vous rappeler, très sommairement, quels sont les trails les plus caractéristiques de cette structure. A cet effet, il est nécessaire de reporter votre attention sur la figure S qui représente une coupe de la troisième circonvolution frontale, coupe prise au fond d'un sillon de séparation.

Pour établir un contraste, je crois utile de vous tracer la description d'une coupe de l'écorce grise du cervelet, empruntée comme la précédente à M. Meynert. Dans l'écorce grise du cervelet, vous remarquez successivement : 1° une couche épaisse, pauvre en éléments cellulaires et qui rèçoit les prolongements protoplasmiques des cellules nerveuses situées dans une couche sous-jacente ; — 2° plus bas, une couche oii l'on retrouve, suivant M. Meynert, des cellules fusiformes et des fibres médullaires parallèles à la ligne limitante ; — 3° au-dessous, les cellules de Purkinje qui occupent la limite supérieure d'une couche granuleuse très accentuée ; — 4° plus bas enfin, la substance médullaire (1).

Si maintenant vous jetez un coup d'oeil sur la figure qui représente les cinq couches de l'écorce grise du cerveau proprement dit, vous voyez par là que la substance grise corticale n'est point faite exactement sur le même modèle, dans les diverses circonscriptions de l'encéphale. J'aurai tout à l'heure à faire ressortir des différences très prononcées encore, sinon aussi tranchées, suivant la région des hémisphères qu'on examine ; mais je dois revenir auparavant sur le type à cinq couches.

B. Le mode d'arrangement, ainsi désigné, se retrouve dans toute l'étendue des régions de l'hémisphère, situées en avant du sillon de Rolande, et un peu èn arrière de lai dans une

(I) Voir aussi : llciilo. — Nervenlehi-e, clc, (ïk. 1(52, 163 A, 163 13. CiiARcoT. QiuvrcH couiplctos, ï, IV, Localisations 3

34 KGonci': ciiriÉBRALK : typk a (;inq couciiks

partie des lobes pariétaux, mal délimitée encore du côté du lobe occipital. Nous verrons dans un instant que ce type se montre très notablement modifié dans les parties postérieures de l'encéphale comprenant : 1" tout le lobe sphénoïdal ; 2" le lobe occipital, et 3° enfin les parties de l'écorce grise de la face interne qui sont circonscrites par l'extrémité postérieure du lobe et par un sillon qui délimite en arrière une région parfaitement distincte que nous allons décrire tout à l'heure; sous le nom de lobe carré.

a) Mais je crois nécessaire, pour plus de clarté, de reven'r sur un point que j'ai relevé déjà : c'est que, dans les régions des hémisphères où règne sans partage le type à cinq couches, il existe, je le répète, tout un département où la structure de l'écorce se distingue par un détail intéressant, il s'agit de la présence constante dans ce département de cellules pyramidales comparativement énormes, et que, pour ce fait, on a qualifiés de cellides gigantesques. Tout en conservant la forme pyramidale propre aux éléments cellulaires nerveux de la région, ces cellules, vous le savez, se différencient nonseulement par leurs dimensions, mais encore par la netteté du prolongement nerveux et par le développement des prolongements de protoplasma. Ces derniers traits permettent de les rapprocher des cellules nerveuses motrices des cornes antérieures de la moelle épinière.

Les régions où se rencontre cette importante particularité sont à proprement parler les régions centrales de la surface externe de l'hémisphère, à savoir : la circonvolution frontale ascendante, la circonvolution pariétale ascendante, surtout dans leur partie supérieure; enfin, un petit lobule situé II la face interne de l'hémisphère, lobule jusqu'à ces derniers temps resté innommé et que M. Betz a proposé de désigner Hous le nom de lobule par acentr al (LP).

HCOUCE CEHKBRALl!: : T\l>\<: A CINQ GOUCHKS

Je vous rappellerai que l'exisLence de ces grandes cellules dans Técorce grise et leur JocalisaLion dans les régions indiquées ci-dessus ont été pour la première fois reconnues par

tiff.b. - Face interne dp Vhêmisplière cérébral, dessinée d'après nature. hem, £cib-.ure calloso-marginalc; - Spo, Scissure pariéto-occipitale :- Se, Scissure calcarine ; - S/, Sillon transversal du lobule paraccntral ; - Sr, Ex remué supérieure de la scissure de Rolando. - LP, Lobule paraccntral ; - Lg, Lobe carre ou fivanl-ooin ; - LC, Lobule cunéiforme ou coin ; LO, Lobe occipital ; en, Circonvolution de ITIippocampe ; CA, Circonvolution de la corne dAmmon ; CC, Circonvolution du corps calleux ; CP, Face interne de la circonvolution fronlale. - I, Corps calleux; - 2. Cavité du ventricule latéral ; - 3, Couche optique ; - 4, Partie antérieure et externe du pédoncule cérébral; — 5, Corps godronné (1).

M. Belz et M. Mierzejewski. Les résultats, obtenus par ces auteurs, ont été confirmés récemment par M. J. Batty Tuke dans des leçons professées h Edimbourg (2). J'ai pu, à mon tour, en reconnaître l'exactitude.

(1) Consulloz, sur la lopo^raphiè de la face médiane du cerveau, la plancli» VIII de V Allas de Foville et la fifc'. i de l'ouvratîo d'Ecker.

(2) Edlnlnirfjh Med. Jotirn., nov, 1874, p. :j'.)4.

3(5 FACE MÉDIANE Dl) GEIWEÀl)

Je me suis efforcé de faire ressortir devant vous que ces régions, remarquables par une particularité de structure, sont justement celles où. chez le singe, d'après les expériences de M. Ferrier (1), siégeraient les centres psychomoteurs pour les membres. N'est-ce pas là, Messieurs, une coïncidence gui méritait de vous être signalée ?

Laissez-moi aussi revenir sur ce fait que, chez le chien, les parties réputées excito-motrices par les expériences de M. Ferrier lui-même et par celles, antérieures, de Hitzig, se distingueraient, d'après M. Betz, par la présence des cellules pyramidales gigantesques qu'on ne retrouve nulle part ailleurs, dans l'écorce, chez ces animaux. Mon insistance est justifiée, je l'espère, par la nécessité qui s'impo&e de fixer aussi exactement que possible tous ces détails dans votre esprit.

h) Ces faits donnent évidemment un intérêt tout spécial aux régions de l'hémisphère où se rencontre cette particularité anatomique. Je pense donc qu'il est fort utile de bien connaître ces régions topo graphiquement afin de pouvoir les désigner avec précision dans le protocole des autopsies. En conséquence, je vous demanderai la permission d'entrer à ce sujet dans quelques développements. Nous aurons la, d'ailleurs, l'occasion toute naturelle de décrire la configuration de la face médiane des hémisphères, région qui, jusqu'à ce jour, est demeurée, à mon avis, un peu trop dans l'ora-

^'liéjà, la disposition des circonvolutions ascendantes, de leur origine au bord supérieur de l'hémisphère, nous est connue, de telle sorte que notre attention pourra être concentrée

(1) West Riclin, Asylum, l. IV, p. VI cl .0. - P'-;^'^^^"^' '"^"^ Sodely, n» 151, 1874. - British med. Journ., dec. 19, 1674.

PACK MI'ÏDIANK DU CRilVKAU 37

sur les dispositions qui s'observent h la face interne de l'héniisphère. Sur cette coupe (Fïg. 6), qui a divisé le corps calleux d'avant en arrière, vous reconnaissez, d'abord au centre, la surface de section de cette grande commissure (Fïf/. 6, 1) ; au-dessous, le septutn Luciclum, la face interne de la couche optique {Fig. 6, 3j, puis, la surface de section des pédoncules cérébraux {Fig. 6, 4).

Prenons, pournous mieux orienter, un point de repère sur la face externe, dont la connaissance nous est maintenant familière, et suivons, en remontant, le sillon de Rolando jusqu'à son extrémité la plus interne (Sr). Ce sillon s'arrête quelquefois un peu en dedans de la scissure interhémisphérique ; mais, d'autres fois, il arrive jusqu'à elle en déterminant sur le bord supérieur de l'hémisphère une sorte d'encoche (Sr),

Le lobe paracentral (LP) est situé immédiatement au-dessous de ce point. Il est limité ainsi qu'il suit : en arrière, par une scissure oblique qui n'est autre que le prolongement postérieur de la scissure calloso-marginale (cette scissure, prolongée, borne en arrière la circonvolution pariétale ascendante) ; en has, par la partie horizontale du sillon callosomarginal (Scm), sillon qui le sépare de la circonvolution dite du corps calleux {gyrus fornicatus); — en avant par un sillon, en général peu profond, mais qui, se continuant parfois sur la face externe de l'hémisphère, dessine en avant la partie interne de la circonvolution frontale ascendante et limite de cette façon le lobule paracentral.

Nous avons donc sous les yeux un petit lobule, de forme quadrilatère, dont le plus grand diamètre est d'avant en arrière. En général, un sillon peu profond (S^), situé à égale distance du bord supérieur et du bord inférieur, le parcourt dans sa longueur. En somme, et tenant compte tant de sa structure que de ses rapports, on pourrait dire que le lobe

PM^F. MKDIANK T)U ckhvkau

paracentral représente l'extrémité interne renversée sur la face médiane de l'héraisplière, des deux circonvolutions ascendantes.

Ce point étahli, les notions que nous avons encore à exposer, concernant la topographie de la face interne des hémisphères, ne sont pas difficiles à présenter : 1° en avant du lobe paracentral, vous reconnaissez la surface médiane de la première circonvolution frontale (C F) ; 2° au-dessous, et séparée de la précédente par le sillon calloso-marginal, est la circonvolution du corps calleux (CC) (gyrits fornicatus); 3" ce pli se continue en arrière avec un lobule parfaitement circonscrit qu'on appelle le lohuleq uadrilatère [avant-coin, Vorzwickel). Ce lobule (L Q) appartient à proprement parler au lobe pariétal; c'est, pour ainsi dire, la face interne ou médiane du lobule pariétal supérieur. En arrière, la scissure temporo-occipitale, très accentuée à cet endroit parce qu'elle . n'est par interrompue, comme sur la face externe, par des plis de passage, sépare nettement le lobe carré (ou q ladrilatère) du lobe occipital; 4° immédiatement en arrière du lobule carré, dans le domaine du lobe occipital, il y a à remarquer un lobule triangulaire dont la pointe est en bas et en avant, la base en arrière et en haut et qui est limité en arrière par une scissure profonde, la scissure calcarine, ce petit lobule (L C) s'appelle le coin [cuneus, Zioichel) ; 5° audessous du triangle vous reconnaissez la promiscuité déjà signalée à propos de la face externe entre le lobe occipital et le lobe sphénoïdal. Là, il convient de distinguer surtout deux circonvolutions dirigées dans le sens antéro-postérieur. Ce sont : a) le lobule occipito-sphénoïdal latéral ou lobule fusiform,e\ b) le lobule occipito-sphénoïdal médian on lobule lingual; 6" je me bornerai à mentionner seulement, plus en avant et en plein lobe sphénoïdal, le lobule de l'hippocampe, le crochel qui fait partie du système de la corne d'Ammon (CA).

KXKMPI.KS DR I,I-;S1(»NS DU I.OBULK PAltACENTUAL 39

Nous aurons assurément dans le cours de ces leçons l'occasion d'uliliser les données topograpliiques que nous venons de recueillir, maisj'ai liâie d'en finir avec cette description qui. pour le moment, constitue en quelque sorte une digression.

G. J'en reviens, Messieurs, au lobule 'paracentral et aux circonvolutions ascendantes. Celles-ci ont déjà une histoire en pathologie expérimentale, et, plus tard, il y aura lieu de vous montrer qu'elles ont aussi une histoire dans la pathologie humaine. Je ne sache pas que, chez le singe, le lobule paracentral qui existe comme chez l'homme, au moins chez les singes supérieurs, ait jamais été l'objet d'investigations physiologiques.

a) Ici s'ofïre naturellement Toccasion que je dois saisir de signaler un fait, à la vérité encore unique dans son genre, mais qui, néanmoins, dès à présent, prête un certain intérêt à ce lobule, dans la pathologie humaine. Ce fait, que je vais résumer, a été recueilli par un observateur attentif, M. Sander (1).

Un enfant, qui mourut à l'âge de quinze ans, avait ét3 frappé, dans le cours de sa troisième année, de paralysie spinale infantile. Cette affection avait atteint et atrophié plus ou moins tous les membres et surtout ceux du côté gauche.

L'autopsie fit reconnaître dans la moelle toutes les lésions découvertes parles auteurs français. Un examen minutieux du cerveau fit voir que les deux circonvolutions ascendantes sur la face externe étaient beaucoup plus courtes que dans l'état normal. Elles laissaient un peu l'insula de Reil h découvert, et, de plus, elles étaient dépourvues de replis. Le

(1) Cenlralhln/l, 1875.

iO KXIÎMIM.KS m LKSIONS DU LUIJULE PAUACK.NTUAI.

lobule paracenLral était tout à fait mdimentaire et contrastait, sous ce rapport, avec toutes les autres circonvolutions qui avaient acquis un développement parfait. Enfin, les lésions étaient plus prononcées dans l'hémisphère droit que dans le gauche, ce qui est en rapport avec cette circonstance que les lésions spinales étaient plus accusées à gauche qu'à droite.

L'auteur émet l'opinion que, dans ce cas, - les membres ayant été de bonne heure complètement paralysés, par suite d'une lésion spinale profonde, les centres psychomoteurs, frappés d'inertie à une époque où ils étaient encore en voie^ d'évolution, ont été, en conséquence, frappés d'arrêt de développement. J'avoue que cette interprétation me paraît mériter d'être prise en considération. 11 esta regretter, toutefois, que l'on n'ait pas songé àrecliercher dans les centres psychomoteurs l'état des cellules nerveuses.

Un cas, observé par M. Luys, se rapproche dans une certaine mesure du précédent. Dans un cas d'amputation ancienne, mon collègue, à la Salpêtrière, a noté une atrophie des circonvolutions cérébrales du côté opposé au membre amputé. Malheureusement, le siège de l'atrophie, à ma con-, naissance du moins n'a pas été précisé.

b) Je me trouve ainsi conduit à vous entretenir d'un autre fait, concernant encore le département de l'encéphale qui nous occupe. Ce fait est le suivant : D'après les études de M. Betz, les cellules pyramidales géantes n'existeraient qu'en petit nombre chez les très jeunes enfants; c'est plus tard seulement que leur nombre s'accroîtrait, et cet accroissement s'effectuerait, selon toute vraisemblance, sous l'influence de l'exercice fonctionnel (1).

(i) Reizharkeit der Grosshirnrinde. In Centralblatl, 1875, n» 14.

CKNTUES PSYCII()-M()TI<:UUS 4-1

Ce fait raérile d'être rapproché, d'une part, de celui de M. Sander, et, d'autre part, aussi d'une observation de l'ordre expérimental, enregistrée tout récemment par M. Soltmann(l). Cet auteur, et je crois queM. le professeur Rouget (de Montpellier) a, de son côté^ noté quelque chose de semblable, aurait remarqué que, chez les chiens nouveau-nés, l'excitation des régions répondant au siège des points psychomoteurs ne produisait aucun movement musculaire dans les membres correspondants, tandis que quelque temps après la naissance, vers le neuvième ou le onzième jour, ces points deviennent excitables.

Ces observations, encore pou nombreuses, mais dont il est juste de tenir compte, sembleraient indiquer que les centres psycho-moteurs ne sont pas préétablis, si l'on peut ainsi dire, tant sous le rapport anatomique qu'au point de vue physiologique. Ils se développeraient avec l'âge, par le fait, sans doute, de l'exercice fonctionnel.

A Pappui de cette vue, je vous présenterai une remarque par laquelle je terminerai ce qui a trait au sujet spécial qui vient de nous arrêter. Les régions à grandes cellules appartiennent au type à cinq couches et elles ne se caractérisent, en définitive, anatomiquement que par la présence même ce ces cellules géantes. Or, ces dernières, morphologiquement, ne difïèrent pas d'une façon foncière des cellules pyramidales de la grosse espèce, lesquelles, ainsi que cela appert des recherches de Koschewnikofl, possèdent, elles aussi, en outre des prolongements de protoplasma, les prolongements nerveux, attributs des cellules motrices.

Il paraît naturel de se demander si ces cellules et môme celles de la petite espèce qui les représentent en miniature

(1) Voy. p. 193, l'exposé des l'echcrches aniilogiics faites par MM. P;irrol, Schlossberger et Weisbach. (Noie de la 2» éd.)

42 UK(i[()NS l'OSTr.IllKUllKS CKHVKAIJ

ne seraient pas susceptibles, dans de certiines conditions, sous l'acLion par exemple d'une excitation fonctionnelle anormale, d'acquérir du développement et de donner de la sorte naissance à des centres moteurs supplémentaires, destinés à remplacer les centres primitifs qu'une lésion quelconque aurait détruits. Ainsi s'expliquerait, par exemple, comment les mouvements volontaires peuvent se reproduire dans un membre, malgré la destruction d'un centre moteur, phénomène dont la guérison plusieurs fois constatée de l'aphasie, en dépit de la persistance de la lésion de la troisième circonvolution frontale, nous fournirait le paradigme.

D. Pour achever l'exposé de la structure de l'écorce cérébrale, je n'ai plus qu'à vous donner quelques renseignements . très sommaires sur les particularités de cette structure dans les régions postérieures de l'encéphale.

Les régions oiî se rencontrent ces particularités comprennent, je vous le répète, le lobe occipital tout entier, le lobe sphénoïdal et les parties postérieures et médianes de l'hémisphère jusqu'au bord postérieur du lobe quadrilatère.

Le caractère général de l'écorce grise, dans ces régions, c'est que les cellules nerveuses pyramidales y sont, en règle, peu nombreuses et peu volumineuses, tandis que les granulations, au contraire, prédominent d'une manière notable. Ce n'est point qu'il n'existe là de grosses cellules nerveuses, mais elles sont comparativement très rares, solitaires, pour employer l'expression de M. Meynert. M. Betz ajoute qu'elles n'ont pas de prolongement nerveux distinct et que les prolongements de protoplasma sont eux-mêmes à peine développés.

Les circonscriptions du cerveau où cette disposition s'observe correspondent pour beaucoup d'auteurs ou sensorium com?nime. Si cette interprétation était exacte, il s'en suivrait

RKdIO.NS l'OSTRlUlîUIlKS DU CIÎKVRAU 43

que les cellules, dont nous venons de parler^ seraient des cellules sensitives. Cette hypothèse ss fonds encore sur d'autres considérations anatomiques et sur des données pathologiques que j'aurai ultérieurement à relever avec plus de détails.

QUATRIÈME LEÇON

Parallèle entre les lésions spinales et les lésions

cérébrales .

Sommaire. — Conditions indispensables pour l'él^iide des localisations cérébrales dans les maladies chez l'homme. — Nécessité d'une bonne observation clinique et d'une autopsie régulière.

Histoire naturelle des lésions encéphaliques.

Parallèle entre les grands compartiments de l'axe cérébro-spinal. — Systématisation des lésions delà moelle épinière.— Localisations spinales. — Le cerveau est placé sous un autre régime pathologique que les autres parties du névraxc : rareté des localisations. — Différences des lésions.— Fréquence des lésions vasculaires dans les maladies du cerveau. — Nécessité de l'étude de la distribution des vaisseaux. — Aperçu extérieur des artères cérébrales.

Messieurs,

J'espère avoir élé assez heureux pour vous faire bien saisir, dans les leçons précédentes que, sans l'acquisition préalable de connaissances solides et précises en anatomie normale, il eût été téméraire de nous engager dans le domaine que nous nous proposons de parcourir ensemble. La subordination, par un côté, de l'anatomie pathologique à l'égard de l'anatomie normale est, en effet, surtout manifeste dans toutes les questions relatives à la pathologie cérébrale. Vous allez, dans un instant, le reconnaître une fois déplus.

ilis'romiî NATiJalîiJj': uks liîsIons enckpiialiques

Permellez-moi, en inaugurant la séance d'aujourd'hui de vous rappeler les conditions indispensables pour aborder les problèmes qui concernent les Localisations cérébrales dans les maladies chez l'homme. Ces conditions fondamentales sont les suivantes : 1° une bonne observation clinique recueillie, autant que possible, à la lumière des données de la physiologie expérimentale ; 2° une autopsie régulière, c'est-àdire parfaitement explicite, anatomiquement parlant.

Les études topographiques auxquelles nous nous sommes livrés déjà nous ont fait faire un grand pas, car elles nous mettent à même de déterminer, mieux peut-être qu'on ne l'a fait jusqu'ici, le siège, l'étendue et la configuration des lésions révélées à l'autopsie.

Mais, Messieurs, il faut bien l'avouer, pour le point de vue spécial que nous envisageons, les observations anatomiques les plus exactes et les plus minutieuses ne pourront pas être toujours utilisées. Il importe ici, comme ailleurs, d'apprendre à faire un choix parmi les observations, et, sous ce rapport, il se présentera plus d'une difficulté que nous aurons à surmonter.

Pour vous faire bien reconnaître la situation, le mieux est, je pense, de jeter tout d'abord un coup d'œil général sur ce que j'appellerais volontiers Vhisfoire naturelle des lésions encéphaliques.

1" Quelles sont les altérations susceptibles d'atteindre l'encéphale (le cerveau en particulier) ? 11 ne s'agit pour le moment, cela va de soi, que des formes les plus usuelles, les plus vulgaires et aussi des lésions partielles, des lésions en foyôr, ainsi qu'on les dénomme encore, qui seules, en pareille matière, peuvent être mises à profit.

46 MOKLLE Kl'lISlKHK : SySTKMArlSATlON DËS MÏSlONS

2" Quelles sont, en second lieu, les condilions analomiques : générales qui président soit au développement, soit au mode de répartition de ces lésions ?, Car, Messieurs, dans cet j ordre de choses rien ne se fait au hasard, même dans l'encéphale.

Pour parvenir à ce but, je me propose de faire appel encore une fois à la méthode comparative, ce puissant levier dans les sciences naturelles. J'établirai, au point de vue de l'anatomie pathologique, une sorte de parallèle entre les grands compar- i timents de l'axe cérébro-spinal ou autrement dit du névraxe^ si vous voulez bien faire usage de ce mot pris dans lanomen- . clature de M. Piorry, — à savoir : 1° la moelle épinière ; 2° | le bulbe rachidien; 3" le cerveau proprement dit. 1

A. On peut dire qu'un grand fait domine la physiologie pa- 1 thologique de la moelle épinière : c'est l'existence très répan- ^ due, dans ce domaine, des lésions dites systématiques. Nous entendons désigner par cette expression, que j'emprunte à | M. Yulpian, les lésions qui, systématiquement, — la dénomi- j nation est parfaitement appropriée — se circonscrivent sans \ en dépasser les limites à certaines régions nettement déter- i minées de cet organe complexe. Je vous prie à ce propos de reporter vos yeux sur la figure 7, qui vous remettra en mémoire nos études antérieures. j

Il est, vous ne l'avez pas oublié, des lésions qui se bornent . aux cornes antérieures de substance grise {Fig. 7, D). Ce | sont dans le mode aigu, la paralysie infantile; dans le mode ; chronique, les diverses formes d'amyotrophie spinale à mar- | che progressive. — Il en est d'autres qui se limitent aux | faisceaux latéraux et qui se traduisent par une parésie des i membres avec tendance à la contracture. Vous n'ignorez pas | que les faisceaux de GoU peuvent être lésés isolément et que la région des bandelettes externes (F/Vy. 7, B, B), dans l'aire

LKSIONS SYSTKM.VTiyUKS I)K I.A MOICLLK ICPl.NIKHK 47

des l'îiisceau.K latéraux, esL seule le su/j.slratum anaLoniiqiie nécessaire des syraplùmes spinaux labéLiques.

C'est ainsi que, guidée dans ses premiers pas par l'expérimenlalion chez les animaux et éclairée par la clinique, l'anatoraie pathologique est parvenue chez l'homme à décomposer l'organe complexe qu'on appelle la moelle épinière, en un certain nombre de compartiments, de départements, d'organes secondaires.

Fif/. 7. A, A, cordons lalôniux; — A' faisceaux de Tiirck ; — B, B, zones radi^ culaW-esposlérioures ; — C,C, cornes poslérieures : — D,D, cornes antérieures; — F, zone radicuiaire anlcrieurc; — E, cordons de Coll.

Aux lésions systématiques de ces diverses régions répondent autant d'ensembles symptomatiquos ou syndromes qui leur ont fait prendre place dans la clinique, et ainsi ont été constituées, dans la pathologie de la moelle épiniùre, un certain nombre d'a/fections élé)nentaires. L'analyse fondée sur la connaissance de ces affections élémentaires est d'un grand secours pour débrouiller les hybrides, les formes complexes.

48 CEUVIÎAII : PKliuOMlNANCIÎ DU SYSTÈME VASCULAIRE ]

Nul doute, que l'élude de ces lésions systématiques n'ait j

puissamment contribué à faire sortir du chaos, oîi elle était ^

restée pendant longtemps plongée, la question des localisa- \

fions spinales. \

B. Les lésions systématiques se retrouvent encore dans le j bulbe rachidien, dans la protubérance, dans les pédoncules ' cérébraux eux-mêmes. Je citerai, comme exemples, les dégénërations secondaires de la moelle, consécutives aux lésions | de l'encéphale, la sclérose symétrique et primitive des cordons latéraux, la parahjsie bulbaire par lésion isolée des , noyaux d'origine des nerfs, etc. Mais, au-dessus de ce point, j ce mode altération pathologique paraît cesser d'exister, et ] l'on peut dire, quant à présent, que dans le cerveau les lésions j systématiques font défaut. \

Ainsi, dans le cerveau, aujourd'hui, on ne connaît point, à \

proprement parler, de lésions systématiquement limitées aux i

couches optiques, aux différents noyaux du corps strié, aux :

diverses circonscriptions de l'écorce grise. Ce n'est pas, cepen- j

dant, que des localisations anatomiques étroites, appropriées ;

aux recherches, ne puissent se produire dans l'encéphale ; mais ! elles sont relativement rares et en quelque sorte accidentelles.

Quelle est la raison matérielle de ce fait singulier? C'est que Y encéphale placé, si je puis ainsi m'exprimer sous un autre régime pathologique que les autres parties du névraxe. | On peut dire, en effet, d'une façon générale, que dans l'encé- | phale et plus particulièremen t dans le cerveau , c'est le système | vasculaire (artères, veines, capillaires) qui domine la situation, i

Je vous rappellerai à ce sujet l'importance des ruptures vas- •

culaires qui occasionnent l'hémorrhagie en foyer intra-encé- , phalique ; le rôle prédominant des oblitérations vasculaires par

thrombose, par embolies, donl l'effet est de déterminer l'isché- ■ mie, puis le ramollissement partiel du cerveau.

Page 1