CARACTÈRES ANATOMIQUES DU UIIUMATISME J
une cause lente qui détermine le caractère de l'affection locale? Rappelez- vous ce qui se passe, à cet égard, chez les sujets atteints de la goutte.
Toujours est-il que, lorsque les affections articulaires sont multiples (et c'est le cas le plus fréquent), elles se sont spontanément développées et semblent accuser, à ce double titre, une disposition générale de l'économie.
C'est, enpareil cas, l'influence à.\i rhumatisme qui doit être invoquée; car, dans l'état actuel de la science, nous ne connaissons aucun autre état diathésique auquel on puisse attribuer de pareils effets.
Charcot. Œuvr. compl. x.vii. Malad. des Vieillards.
TREIZIÈME LEÇON
Du rhumatisme articulaire aigu, considéré spécialement dans ses rapports avec le rhumatisme articulaire chronique et de la goutte.
Sommaire. - Description succincte du rliumatisme articulaire aigu et subaigu. — Son analogie avec le rhumalisme chronique ; diiïérences qui le séparent de la goutte. — Rhumatisme aigu; rhumatisme subaigu.
Arthropathies multiples. — Douleur. — Tuméfaction. ~ Rougeur. — Température. — Durée. — Mobilité de raffection.
État général dans le rhumatisme. — Fièvre. — Marche irrégulière de la maladie. — Rapport entre l'intensifé du mouvement fébrile et le nombre des jointures affectées. — Pouls. — Sécrétions. — Salive. — Urines. — Anémie profonde.
Parallèle entre le rhumatisme articulaire aigu, la goutte et le rhumatisme articulaire subaigu.
Hématologie pathologique du rhumatisme articulaire aigu et subaigu.
Messieurs,
Nous n'avons pas l'intention de vous donner une description complète du rhumatisme articulaire aigu. Une pareille étude ne peut se faire avec fruit que dans les hôpitaux ordinaires. Rien de plus rare en effet, chez les vieillards, que la forme aiguë du rhumatisme articulaire ; rien de plus fréquent chez eux, au contraire, que la forme chronique de cette maladie : nous vous l'avons déjà prouvé.
Nous ne saurions toutefois négliger complètement l'histoire du rhumatisme articulaire aigu. Nous voulons, en effet, soute-
lillUMATlSME ARTICULAIRE AIGU i^t]
nir dans le domaine de la clinique le parallèle que nous avons institué, sous le rapport anatoraique, entre ces deux affections ; et en nous plaçant à ce point de vue nouveau, nous établirons encore une fois qu'il existe entre elles non seulement des analogies, mais une véritable identité sur quelques points. Nous voulons, en un mot, achever la démonstration de la thèse que nous soutenons : à savoir, qu'il ne s'agit pas ici de deux raalaladies foncièrement distinctes, comme le veulent certains auteurs, mais seulement de deux manifestations différentes d'un seul et même état diathésique ; et vous reconnaîtrez aisément les traits frappants de ressemblance qui les unissent, malgré les diversités qui résultent, dans l'expression symptomatique d'une maladie, de la réaction lente ou de la réaction aiguë de l'organisme.
Nous arriverons, au contraire, à une conclusion tout opposée en ce qui concerne les rapports du rhumatisme avec la goutte ; nous vous ferons reconnaître que si certaines apparences rapprochent quelquefois ces deux maladies, il n'en est ainsi que dans des circonstances toutàfait exceptionnelles ; et que, grâce aux règles de diagnostic que nous établirons plus loin, ces deux affections peuvent presque toujours être nettement distinguées en pratique.
Nous allons donc vous présenter une description sommaire du rhumatisme articulaire aigu, dans laquelle nous aurons soin de n'insister que sur des caractères fondamentaux.