‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 99 sur 232 · CARACTÈRES ANATOMIQUES DU RHUMATISME · texte numérisé non relu

CARACTÈRES ANATOMIQUES DU RHUMATISME

se rapproclienl de certaines formes du rhumalisme chronique; CCS dernières sont les seules qu'il ail été possible d'étudier au point de vue anatomique. Elles débutent dans le tissu cellulaire sous-synovial et dans le tissu fibreux, et sont caractérisées par la formation d'un néoplasme qui rappelle absolument les tumeurs gommeuses par sa texture et son aspect extérieur.

Dans les cas observés par M. Lancereaux, il n'y avait pas d'altération de la synoviale, cependant les cartilages diarthrodiaux étaient érodés.

pig IQ Représentation, en partie schématique, de la dissolution desurates

qui incrustent une cellule carlilagineicse, sous l'influence de l'acide acétique (d'après M. Cornil).

c, Capsule cartilagineuse hérissée de cristaux libres.

c', Même capsule : les cristaux sont dissous, et il se forme d'autres cristaux d'acide urique.

c", Capsule dont la membrane apparaît, tandis que la cellule reste encore incrustée.

c'", Toute la cellule est claire, sauf un petit noyau central.

4" Artfir apathies goutteuses. — Les lésions de l'arthrite déformante présentent assez de ressemblance avec celles de la goutte pour qu'il soit souvent facile de les confondre au lit du malade ; mais, au point de vue anatomique, il n'en est plus de même. On ne trouve jamais la moindre trace d'un dépôt d'urate de soude, soit dans les affections articulaires qui relèvent du rhumatisme, soit dans les autres arthropatliies que nous venons d'énumérer.

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L'infillralion uralique du cai'Lilage esL donc le caractère fondamental de la goutte articulaire ; en outre, il n'existe ici aucune autre lésion constante du cartilage. Il n'y a point de seg:mentation de la substance fondamentale, et de prolifération des cellules, de telle sorte que, si les deux altérations se rencontrent simultanément, il y a évidemment juxtaposition des deux maladies ; elles ne se transforment jamais pour se confondre (1).

On peut considérer les lésions articulaires de la goutte commme le résultat de la présence d'un corps étranger à l'intérieur des tissus : tandis que les lésions du rhumatisme, au contraire, répondent à de véritables altérations des éléments histologiques. Aussi lorsqu'on traite par l'acide acétique un fragment de cartilage enlevé aux surfaces articulaires d'une jointure envahie par la goutte, on voit se dissoudre les cristaux d'urate de soude dont les cellules sont infiltrées ; cellesci reprennent alors leur aspect normal.

Nous croyons avoir établi : 1° l'unité des diverses formes cliniques du rhumatisme articulaire chronique au point de vue de l'anatomie morbide ; 2° l'existence d'une relation incontestable entre les altérations de l'arthro-rhumatisme aigu et celle de l'anthro-rhumatisme partiel ou chronique ; 3° l'existence d'une séparation tranchée, toujours au point de vue anatomique, entre l'affection qui nous occupe en ce moment et les autres arthropathies d'origine constitutionnelle.

Messieurs, dans le cours de cette exposition, une question a dû bien souvent se présenter à votre esprit. Les altérations que nous venons de décrire ont-elles un caractère spécifique ?

1. Charcot et Cornil. — ContribiUion à l'élude des alléralions analomiques de la çjoulte. {Mémoires de la Société de Biologie, 1864. Voir aussi plus loin dans ce volume).

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En d'autres termes, sont-elles exclusivement propres à la diathèse rhumatismale ?

Pour ne parler que de ce qui concerne le rhumatisme articulaire chronique, nous avons été conduits à admettre, même au pointde vue purement anatomique, des distractions tranchées entre les lésions articulaires qu'il détermine, et celles qui résultent de la goutte, la scrofule et la syphilis.

11 importe cependant de reconnaître que les lésions élémentaires dont l'ensemble constitue l'arthrite déformante peuvent se rencontrer également dans des cas où la cause rhumatismale ne saurait être invoquée. Ainsi dans V arthrite fongueuse, la prolifération des capsules et la segmentation du tissu fondamental du cartilage peuvent se présenter çà et là sous l'influence du travail inflammatoire qui, à un moment donné, s'empare des divers tissus. La raréfaction et la condensation du tissu osseux aux extrémités articulaires, la formation d'ostéophytes et de bourrelets osseux au pourtour des cartilages diarthrodiaux, se rencontrent aussi, comme on sait, dans des affections articulaires qui sont étrangères au rhumatisme. C'est donc l'altération simultanée des diverses parties de la jointure, suivant le mode que nous avons déjà indiqué, et l'extension que ces lésions peuvent acquérir sans se compliquer de suppuration, qui constituent à nos yeux le caractère anatomique de cette maladie.

Mais on est amené ici à se demander si une irritation complètement étrangère à la cause interne qui détermine le rhumatisme, — un coup, un choc, par exemple, — peut produire dans une jointure les diverses altérations de l'arthrite déformante.

Il est certain, messieurs, que dans ces conditions on peut rencontrer toutes les lésions queje viens de décrire. Mais en pareil cas, elles se limitent presque toujours àune seule articulation ; et même ici, n'est-on pas autorisé à faire intervenu-

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