GOUTTE ET LE RHUMATISME SUBAIGU
Après cette description sommaire du rhumatisme articulaire aigu, nous sommes en mesure de faire ressortir les différences et les analogies qu'il présente, soit avec la goutte, soit avec le rhumatisme subaigu.
r Pour ce qui concerne la goutte aiguë, nous ne voyons ici qu'une seule analogie à signaler : c'est la marche irrégulière et paroxystique de la maladie. Partout ailleurs, on ne trouve que des différences.
Ainsi, dans la goutte, la température est moins élevée (autant que nous pouvons l'affirmer dans l'état actuel de la science), la fièvre est moins intense; elle paraît plus exactetement subordonnée au nombre des jointures affectées, et n'acquiert un degré vraiment élevé que dans la goutte généralisée.
Le pouls n'offre plus le caractère spécial que nous lui avions trouvé dans le rhumatisme.
Les sueurs sont beaucoup moins abondantes, et n'ont point cette acidité que nous avons signalée.
L'état des urines diffère de ce que nous avons constaté dans le rhumatisme, bien que l'expérience extérieure soit la même; mais lorsque nous procédons à l'analyse des urines, chez les goutteux, loin d'avoir un excès d'acide urique, nous trouvons plutôt une diminution de ce produit.
Enfin, l'anémie ne se prononce jamais, dès l'origine, dans la goutte aiguë.
204 HÉMATOLOGIE PATHOLOGIQUE
2° Le rhumalisme articulaire mbaigu se présente encore avec les caractères de l'état aigu : seulement le mouvement fébrile est moins intense, ainsi que tous les phénomènes qui raccompagnent; cependant, l'anémie est tout aussi prononcée; d'une autre part, les affections articulaires ont plus de fixité, ce qui contraste avec la mobilité extrême des manifestations locales du rhumatisme articulaire aigu. Enfin, l'on peut établir une distinction entre ces deux formes de la maladie, sous le rapport de la durée; elle est de six semaines à deux mois dans le rhumatisme subaigu, d'après Macleod; dans le rhumatisme aigu, elle a été diversement appréciée, mais elle est toujours inférieure au chiffre que nous venons d'indiquer; elle serait, en effet, de huit à quinze jours, d'après M. le professeur Bouillaud ; de vingt et un jours, d'après Légroux ; de vingt-huit jours, d'après Chomel et Requin; d'après Lebert, elle varie suivant le traitement employé, et peut s'étendre de vingt-huit à trente-cinq jours.