‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 31 sur 232 · Archives de Médecine, 1836, t. XII, p · texte numérisé non relu

Archives de Médecine, 1836, t. XII, p

PHÉNOMÈNES ANALOGUES CHEZ l'aDULTE â3

la fièvre Jau ne ëjndémiqne, dam la, peste et dans le typhus, il est des cas où l'atteinte profonde de l'organisme ne se révèle par aucun symptôme qui puisse faire pressentir la gravité du mal. Ici, le pouls paraît nature ou peu s'en faut, la langue est nette, la peau est fraîche ou légèrement chaude dans la région de l'estomac et du foie ; l'esprit est libre, les forces sont conservées. Mais tout à coup, apparaissent les vomissements noirs, et la mort survient inopinément. Un médecin américain, Galdwe, auquel on doit un bon traité de la fièvre jaune, a désigné sous le nom de Walhing cases (cas oîi l'on marche), expression pittoresque, mais à peu près intraduisible dans notre langue, ces cas insidieux dans lesquels on voit des gens frappés à mort se croire à peine malades, et continuer à vaquer à leurs affaires, jusqu'aux derniers moments de leur existence (1).

Ces formes insidieuses ne sont donc pas exclusivement propres à la pathologie sénile ; mais si nous laissons de côté ces cas peu fréquents pour n'envisager que ceux de la clinique ordinaire, nous sommes amenés à reconnaître qu'en règle générale, il existe chez le vieillard un défaut de corrélation entre la lésion locale et l'appareil des symptômes généraux. Pareille chose existe chez l'enfant, ainsi que l'a fait remarquer ingénieusement Gillette (2), mais c'est en sens inverse. A cet âge, les réactions sont pour ainsi dire exagérées, tumultueuses, et le trouble violent des fonctions est loin de prouver un mal grave. Chez le vieillard, au contraire, l'organisme reste pour ainsi dire impassible devant les altérations les plus graves. C'est donc par défaut que pèchent ici les réactions, et le médecin doit redoubler d'attention et tenir compte des moindres

1. Mc.d. and pfn/s.Mcm. containinq a particulnr inquirj/ inio Ihe oriqin and nature of l/ie laie peslilenllal épidémies of Ihe Uniled Stnles, Philadelphie,

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