‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 58 sur 232 · SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

SEPTIÈME LEÇON

Symptomatologie de la goutte viscérale.

Sommaire. - Prédilcclioii des anciens pour réiude des métamorphoses pathologiques. - Importance de la goutle larvée à ce point de vue. — Scepticisme des modernes. — Définition de la goutte viscérale. — Troubles fonctionnels : lésions organiques. - Goutte larvée ; mal placée ; rétrocédée ; remontée. - La goutte viscérale peut-elle exister indépendamment de toute alTedion articulaire?

Aiïcctions du lubc digeslif. - Spasme de l'œsophage. — Dyspepsie, cardialgic, gastrite goutteuse. — Manifestations hépatiques de la goutte. - \pparcil circulatoire : lésions du cœur et des vaisseaux. — Mort subite. — Manifestations cérébrales de la goutte. - Son innucnce sur les maladies de Taxe médullaire n'est pas encore bien démontrée. Appareil respiratoire : asthme goutteux. — Voies urinaircs : souvent affectées dans la goutte. — ■ Troubles fonctionnels du rein. — Néphrite goutteuse. —Indication de quelques autres affections abarticulaires qui se rattachent à la goutte.

Messieurs,

Ainsi que je vous l'avais annoncé à la fin de notre dernière conférence, l'élude de la gouLLe viscérale va maintenant nous occuper. Le sujet, comme je vous l'ai déjà fait observer, avait vivement préoccupé nos prédécesseurs, et il vous sera facile d'en comprendre les motifs.

Habitués aux vues d'ensemble, et peu soucieux d'analyser minutieusement les faits cliniques, les médecins des siècles passés ont eu toujours une prédilection marquée pour l'étude des métamorphoses que subissent les affections à longue portée.

TUA.^Sl'OllMATIONS OhS MAl.ADIKS

Depuis GalienjLisqii'àRodBric à Castro, qui publiait au xvir siè- '•l<" 1111 ouvrage curieux sous un titre assez singulier {Quœ ex quibus), et depuis ce dernier jusqu'à Lorry, un grand nombre d'auteurs se sont attachés à décrire les transformations dee maladies (mutationes morboru7n). La goutte occupe une grande place dans ces écrits, et s'y trouve plus d'une fois invoquée, lorsqu'il s'agit de prouver que, sans perdre son identité, une maladie peut revêtir les formes les plus variées.

Il est généralement reconnu aujourd'hui que nos prédécesseurs avaient exagéré le nombre et la fréquence des transfigurations que peuvent subir les états pathologiques : et, de nos jours, cette étude autrefois si florissante est quelque peu tombée dans l'oubli; ou, pour mieuK dire, ellc^ ost envisagée à un tout autre point de vue.

Pour ce qui concerne en particulier la goutte larvée, il faut convenir que les anciens la voyaient partout, et même là où elle n'est pas. Mais nous ne saurions cependant nous ranger du côté des médecins qui, subissant aujourd'hui l'entraînement d'une réaction trop radicale, ont été jusqu'à nier l'existence de cette forme de la goutte. C'est là un scepticisme trop arbitraire. La goutte viscérale est une affection relativement peu fréquente, mais elle existe : nous espérons du moins vous le démontrer. 11 s'agit seulement de constater, par une analyse attentive, en quoi elle consiste, et quelles sont les limites qu'il convient de lui assigner.

Il ne me paraît pas nécessaire, au point où nous en sommes arrivés, de justifier à vos yeux l'importance de ce sujet, qui se recommande à votre attention sous un double point de vue ; car, sous le rapport de la pathologie générale, la question si obscure et si controversée des métastases et des rétrocessions se rattache de la manière la plus intime à cette étude ; et pour ce qui touche à la pathologie spéciale, l'histoire de ces manifestations viscérales nous permet de saisir à la fois les res-^em-

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