Î86 ARTHRITE PAR REPOS PROLONGÉ
vesLiges chez des sujets qui succombent h des affections organiques du cœur, après avoir eu autrefois plusieurs accès de rhumalisme articulaire aigu. 11 y a une transition insensible entre ces faits et ceux où, par suite de la prolongation ou du retour incessant de l'affection rhumatismale, la maladie est devenue décidément chronique. Les altérations sont alors plus profondes ; les villosités synoviales se sont développées, les corps étrangers commencent à se produire, les surfaces articulaires commencent à subir Téburnation, et les végétations osseuses se forment autour des jointures : enfin le tissu osseux est devenu friable vers les extrémités articulaires.
C'est ainsi qu'on parvient à prouver, au point de vue anatomique, la connexité étroite qui r;îliG entre elles les diverses formes du rhumatisme articulaire. Ce ne sont point des affections différentes : ce sont des variétés d'une seule et même espèce morbide.
IJ — ALTÉRATIONS DES .lOINTURES DANS CERTAINES AFFECTIONS INDÉPENDANTES DU RHUMATISME.
Un mot maintenant sur les caractères qui distinguent l'arthrite déformante des autres arthropathies chroniques.
r Arthrite par repos prolongé. — Au premier degré, d'après Teissier et Bonnet (1), l'arthrite par repos prolongé donne lieu aux lésions suivantes : un épanchement séro-sanguin se forme dans la jointure; on y trouve même parfois du sang liquide. La synoviale est injectée, ecchymosée, quelquefois même il y aurait, dit-on, des ulcérations des cartilages.
Mais à un degré plus avancé, j'ai pu constater qu'il existait
1. Teissier. — Mémoires sur les effets de l'immobilUé longtemps prolongée des articulations. Lyon, 1844. — Bonnet, op. cit., t. I.