‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource] (volume 5)Chapitre 98 sur 232 · ARTHRITE SCROFULEUSE · texte numérisé non relu

ARTHRITE SCROFULEUSE

sur les cartilages diarLhrodiaux, des ulcérations centrales, taillées abruptement comme avec un emporte-pièce, et des ulcérations périphériques. Il n'y a pas de bourrelets osseux, ni d'ankyloses celluleuses, mais on trouve une raréfaction très prononcée du tissu osseux. Mais ce qui caractérise essentiellement cette arthropathie, c'est l'existence d'une couche de tissu conjonctif qui recouvre le cartilage diarthrodial dans toute son étendue ; cette membrane peut aisément se détacher des surfaces sous-jacentes, et l'on trouve alors le cartilage dont les cellules ont subi dans les chondroplastes la dégénération graisseuse. Cette membrane est souvent pénétrée d'arborisations vasculaires, qui s'avancent parfois vers les parties centrales ; il est probable que les cas de vascularisation des cartilages, qui ont été signalés par certains auteurs, s'expliquent de cette manière. J'ai pu constater ces lésions chez les sujets frappés depuis longtemps d'hémiplégie ou de paraplégie, surtout aux parties qui restent découvertes, lorsqu'il existe une déformation articulaire.

Vous savez que certaines de ces altérations se trouvent combinées avec celles de l'arthrite déformante, dans le cas où les articulations sont condamnées à un repos absolu. Au reste, il faut reconnaître que c'est Irà une question importante, mais encore peu étudiée et qui réclame de nouvelles recherches.

2" Arthrite fongueuse ou scrofuieu.se. — Les recherches de M. Ranvier (1) établissent que l'arthrite .fongueuse se sépare profondément de l'arthrite sèche, même au point de vue des lésions élémentaires. C'est ce que démontre l'étude des lésions qui caractérisent cette maladie. Pour ce qui concerne les os et les cartilages, dans l'arthrite déformante, il y a proli-

1. Janvier. - Des altérations histologiques du cartilage dans les tumeurs oiancnes. Pans, 1866.

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féraLion des éléments cellulaires; dans rarlhrile fongueuse, au contraire; ces éléments sont frappés de mort et subissent la dégénération graisseuse, comme on le voit dans les os et les cellules de cartilages. D'ailleurs, à une époque plus avancée de la maladie, la distinction s'accuse de la manière la plus évidente : l'arthrite fongueuse donne lieu à des végétations des os et des membranes synoviales, avec destruction et résorption des cartilages ; puis survient la carie ou la nécrose des os, et en dernier lieu, on voit se former des abcès périphériques qui entourent l'articulation malade.

Fig. 14. — Section perpendiculaire à la surface du carlilage diarlhrodial du fémur, chez un enfant atteint d'une tumeur blanche (d'après M. Ranvier).

Les capsules de la surface contiennent chacune une petite masse constituée par des granulations accumulées dans les corpuscules cellulaires. C'est là Taltération du cartilage au début de l'affection.

11 existe cependant des analogies entre ces deux affections. Dans certains cas d'arthrite scrofuleuse, il y a prolifération active des éléments du cartilage ; mais ce pliénomène est secondaire. Il se produit quelquefois aussi des stalactites osseuses, mais elles sont très vasculaires (Billroth) ; elles diffèrent profondément des stalactites épaisses, à bords mousses, ayant la forme de gouttes de suif et généralement peu vasculaires, qui caractérisent l'arthrite déformante. Ainsi les lésions élémentaires de ces deux affections diffèrent les unes des autres; mais il existe des cas mixtes où elles peuvent se trouver réunies.

3° Passons maintenant aux arthropathies sijphilitiqiies. Il est extrêmement probable que sous cette dénomination, on a

AUIIHOPATIIIES GOUTTEUSES

plus d'une fois décrit les rhumaiismes, soit aigu, soit chronique, chez les sujets syphilitiques; car ces deux diathèses sont loin de s'exclure réciproquement. Cependant, quelques particularités cliniques et l'influence décisive du traitement spécifique, dans certains cas oii le prétendu rhumatisme traînait en longueur, ont conduit quelques médecins, parmi lesquels nous citerons Babington, Boyer et M. Lancereaux fl), à penser qu'il existe réellement des arthropathies spéciales, relevant directement d'une infection vénérienne.

Fig. 15. - Section d'un cartilage goutteux, perpendiculairement à la surface articulaire {d'eLTprès M. Cornfl).

p, Surface arliculaire.

V, n Groupe de cellules cartilagineuses infiltrées et hérissées de cristaux

soyeux d'urate de soude.

0, Capsule cartilagineuse normale, contiguë à des cristaux formés dans la

substance fondamentale du cartilage. (Grossissement de 200 diamètres.)

M. Lancereaux, auquel on doit un travail approfondi sur cette matière, s'est attaché à décrire avec soin les lésions articulaires de la syphilis. Il en distingue deux espèces : i" les arthropathies secondaires, qui ont les allures du rhumatisme articulaire aigu ou subaigu ; 2° les arthropathies tertiaires, qui

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