PARALYSIE DES MEMBRES INFÉRIEURS
jusqu'aux dernières périodes de la maladie un relief et une consistance qui contrastent singulièrement avec l'état des membres supérieurs.
Cette paraplég-ie offre ce premier trait particulier qu'elle ne se complique pas de paralysie de> là vessie ou du rectum et qu'il n'y a auciine tendance à la formation des escarres.
Elle se distingue encore, vous allez le reconnaître, par d'autres caractères importants. La gêne dans les mouvements des membres inférieurs fait de rapides progrès. Le malade sent ses jambes lourdes, difficiles à détacher du sol. Bientôt, il ne peut plus marcher que soutenu par deux aides. Enfin, la station lui devient impossible et le voilà à peu près confiné au lit ou réduit à passer tout le jour assis dans un fauteuil. Quand les choses en sont arrivées là, un phénomène intéressant s'est déjà, en général, plus ou moins nettement accusé. Je veux parler de \di, rigidité temporaire ou jjermanente ou, autrement dit,, de la contracture spasmodique des muscles, privés du mouvement volontaire. Déjà, depuis quelque temps, le malade avait remarqué que, étant au lit ou assis, ses membres inférieurs, de temps à autre, s'étendaient ou se fléchissaient malgré lui et conservaient pendant quelques instants cette attitude produite inYolontairement. L'extension est le fait le plus commun dans cette sorte d'accès; elle peut aller. jusqu'à déterminer une raideur comme tétanique qui rend les membres inférieurs semblables à des barres rigides, susceptibles d'être soulevés. tout d'une pièce. Quelquefois, ils sont, en outre, agités d'une trémulation convulsive.
La rigidité s'exagère encore lorsque le malade, soutenu par deux aides, veut se lever et essaie de marcher. Alors les membres inférieurs se raidissent à l'excès dans l'extension et dans l'adduction, en même temps que- les pieds prennent l'attitude du pied bot varus équin. Cette rigidité souvent
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extrême, quelquefois peu accentuée', imposée a toutes les jointures des membres par l'action spasmodique des muscles, ainsi que la trémulation qui, habituellement, ne tarde pas a s'y ajouter, rendent impossibles la station et la marche.
Ce qui tout d'abord n'est qu'un phénomène transitoire^ se transforme, au bout de peu de temps, en un symptôme permanent. La rigidité musculaire persiste alors sans cesse et sans trêve, dans les muscles fléchisseurs comme dans les. extenseurs, bien qu'elle prédomine dans ces derniers. Il est difficile de provoquer l'extension des membres fléchis. D'habitude, à cette époque, si l'on redresse avec la main la pointe du pied étendu, on fait naître dans tout le membre une trémulation plus ou moins durable.
Ainsi, Messieurs, l'impuissance motrice tient moins à l'affaiblissement de l'innervation qu'à l'état spasmodique des muscles; dans ceux-ci, d'ailleurs, la nutrition s'accomplit durant long-temps d'une manière normale. Ce n'est qu'à la longue qu'on les voit pris de mouvements fibrillaires et s'atrophier dans leur ensemble à l'exemple des membres supérieurs. En général, quand cette atrophie est poussée à un certain degré, la rigidité s'amoindrit sans jamais, toutefois, disparaître d'une manière complète.
L'envahissement précoce des membres inférieurs et la nature des phénomènes, dont ils sont le siège, est un trait qui tranche avec ce que nous savons de l'amyotrophie spinale primitive dans laquelle, vous vous le rappelez, ces membres ne sont envahis qu'aux périodes ultimes. Ils constituent, pour ainsi dire, les caractères d'une seconde période, la
1. Je no saurais dire pourquoi, dans certains cas, la rigidité des membres supérieurs ou inférieurs est peu prononcée, tandis que dans d'autres, au contraire, elle est un phénomène prédominant. Je n'ai jusqu'ici rien trouvé dans les conditions anatomo-pathologiques, qui puisse expliquer ces différences. (J.-M. C.)
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troisième étant marquée, ainsi que nous allons le voir, par l'apparition des jjhénomènes bulbaires.
L'apparition de ces derniers symptômes est en quelque sorte oblig-atoire ; elle n'a jamais fait défaut quant à présent. Il s'agit là des phénomènes qui, par leur réunion, composent le syndrome désigné sous le nom de x^ciralysle labioglosso-laryngée. Nous ne ferons que signaler en passant cette phase du mal, car c'est là un sujet sur lequel nous devrons revenir lorsque nous traiterons en particulier des paralysies de cause bulbaire. Je mentionnerai seulement, pour ne pas omettre tout à fait une des parties les plus curieuses du tableau, les symptômes suivants :
1° La paralysie de la langue amenant une gêne de la déglutition et une difficulté de l'articulation des mots pouvant aboutir à la perte absolue de la parole. La langue paralysée présente bientôt, en général, un certain degré d'atrophie : elle est rapetissée, comme ridée, et agitée de mouvements vermixîulaires ;
2° La paralysie du voile du palais qui rend la parole nasonnée et concourt avec la paralysie laryngée à la gêne de la déglutition -,
3° Celle de l'orbiculaire des lèvres qui a surtout pour conséquence une modification des traits du visage. La bouche est considérablement élargie transversalement par suite de la prédominance d'action des muscles non affectés de la face. Les sillons naso-labiaux sont très accentués. Ces différents symptômes doHuent à la physionomie un air pleurard. La