Med.-chir. Tram., t. XXXIX, p
î - S MYÉLITE : SYMPTÔMES
moment donné, d'une exaltation de l'excitabilité réflexe, laquelle peut faire place à une inexcitabilité absolue, lorsque le renflement lombaire est lui-même envahi par le ramollissement î il est des cas où une contracture permanente s'est développée à la longue dans les membres paralysés^ La myélite peut s'étendre parfois au delà de son siège primitif, ainsi que le prouvent plusieurs cas où les membres supérieurs ont été à leur tour envahis par la paralysie. Enfin, dans les cas graves, il est assez habituel que des escarres se forment à la région sacrée, et décident la terminaison fatale.
La marche de cette forme de la myélite est d'ordinaire subaiguë. Toutefois, dans le cas rapporté par le docteur Gull, la mort est survenue quinze jours seulement après le début des accidents paralytiques.
Voici maintenant les renseignements fournis par l'autopsie. Il est des cas où, à l'œil nu, la moelle paraît ne présenter aucune altération; si alors, ainsi que cela a eu lieu, par exemple, dans l'observation du docteur G-ull, on fait intervenir le microscope, des lésions histologiques plus ou moins accentuées, et, en particulier, l'existence des corps granuleux, sont mises en évidence. Mais, en règle générale, l'examen le plus superficiel fait reconnaître déjà, dans les parties affectées de la moelle, la diminution de consistance et le changement de coloration qui appartiennent au ramollissement.
Il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que la lésion dont il s'agit paraît siéger, originellement du moins, un peu au-dessus du renflement lombaire, c'est-à-dire dans le lieu où, se fondant sur des faitsanatomiques et expérimentaux, Budge et Gianuzzi placent le centre génito-spinal, et d'où partent les nerfs de la vessie.
1. Voir en particulier le cas du célèbre chirurgien Sanson, rapporté par Cruveilhier.
PROPAGATION DE LA LÉSION RÉNALE A LA MOELLE oZy
Il me paraît suffisamment établi par ce qui précède que la myélite transverse peut se développer quelquefois comme conséquence plus OU moins directe de certaines affections des voies urinaires. II convient de rechercher maintenant quelle est la raison de cette relation, ou, en d'autres termes, par quel mécanisme la lésion génito-urinaire retentit sur le centre spinal, et y détermine l'inflammation.
L'idée la plus simple, si je ne me trompe, celle qui se présente tout d'abord à l'esprit, est celle-ci : Les troncs nerveux seraient la voie par laquelle, de proche en proche, la lésion se propagerait, en suivant la direction centripète, des reins ou de la vessie, jusqu'à la moelle épinière. C'est là l'opinion à laquelle, dans une intéressante étude publiée récemment, se rattache M. Leyden', et cette opinion me paraît fort vraisemblable. J'ajouterai qu'elle n'est pas neuve, car, ainsi que le déclare du reste M. Leyden, elle a été émise dès 1780 par Troja, lequel n'ignorait pas, vous le voyez, la paraplégie urinaire.
Il faut reconnaître toutefois que, quant à présent, les résultats microscopiques n'ont pas témoigné à l'appui de cette interprétation pathogénique. On a constaté, d'un côté, les lésions des voies urinaires -, de l'autre côté, la lésion spinale-, mais jamais, jusqu'ici, on n'a pu, sur les nerfs, retrouver les traces de la propagation présumée du travail inflammatoire.
Par contre, voici un fait expérimental qui peut, jusqu'à un certain point, être invoqué en faveur de notre hypothèse. Dans une série d'études sur la névrite, un élève de M. Leyden, M. Tiesler*, avait eu l'occasion d'appliquer sur les nerfs sciatiques de lapins des agents irritants de nature variée. L'un de ces animaux devint paraplégique et succomba trois jours plus