‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 139 sur 213 · Sammlung klinisch. Vortrœge. N» iî. Leipzig · texte numérisé non relu

Sammlung klinisch. Vortrœge. N» iî. Leipzig

2. Ueber Neuritis, p. 25. Kœnisberg, 1869. — Leyden, loc. cit.

330 NÉVKITE ASCENDANTE

tard 5 l'autopsie fit découvrir, dans l'épaisseur du nerf sciatique, sur le point où l'irritation avait été produite, un premier foyer purulent et un autre foyer dans le canal vertébral autour des racines du nerf, près de leur émergence. La moelle épinière, dans la région correspondante, était ramollie et infiltrée de corps granuleux et de leucocytes. La partie du nerf comprise entre les deux foyers purulents paraissait parfaitement saine.

Tel est, à ma connaissance, le seul fait expérimental se rapportant directement à notre sujets Mais' si l'on veut élargir le champ de la question et invoquer les analogies, on pourra faire intervenir ici quelques documents dont la signification ne saurait être méconnue.

Nous avons essayé, en inaugurant les leçons de cette année ^, de montrer que les lésions du système nerveux central retentissent quelquefois, par la voie des nerfs, sur diverses parties du corps, pour y déterminer des troubles trophiques. Le phénomène inverse s'observe également, ou, en d'autres termes, il peut se faire que des lésions irritatives, occupant primitivement les parties périphériques^ retentissent, cette fois encore, par l'intermédiaire des nerfs, sur les parties centrales du système nerveux et y déterminent un travail morbide plus ou moins accentué. Les faits qui témoignent dans ce sens sont peu nombreux encore-, mais ils me paraissent assez significatifs pour que nous leur accordions un moment d'attention.

Vous n'ignorez pas que Graves a, dans plusieurs endroits

1. Depuis que cette leçon a été faite (juillet 1870), des résultats du même genre que ceux annoncés par M. Tiesler ont été obtenus par le docteur Feeiberg [Ueber Beflex-lahmungen, in Berlinerklin. Wochensch., n» 42, 1871). Voir sur le même sujet les importantes recherches de M. le Hayem. — Des altérations de la moelle consécutives à F arrachement du nerf sciatique chez le lapin {Arch. de physiologie, 1873, pl. III bis, p. 504),

2. Il est fait allusion ici aux Leçons sur les troubles trophiques consécuttjs aux lésions du système nerveux, faites en 1870 (t. I p. 1-152).

NÉVRITE ASCENDANTE àôl

de ses écrits, émis l'opinion que l'inflammation des nerfs périphériques peut se propager jusqu'à la moelle. Lallemand a cité le cas d'une névrite occupant primitivement le plexus brachial et dans lequel l'inflammation aurait remonté jusqu'à l'encéphale. Mais les assertions de Graves et le cas de Lallemand sont trop vagues pour que nous nous y arrêtions plus longuement. Voici des faits plus explicites ^

Les altérations des nerfs de la queue de cheval, lorsqu'elles siègent au-dessus du ganglion intervertébral, peuvent remonter jusqu'à la moelle et j produire les lésions de la dégénération grise. Celle-ci occupe, en pareil cas, les faisceaux spinaux postérieurs. Le fait a été mis en évidence par une observation de M. Cornil'-'.

Huit jours après le début d'une névrite sciatique, développée sous l'influence de l'asphyxie par la vapeur du charbon, M. Leudet a vu survenir un affaissement parétique, occupant d'abord le membre inférieur correspondant au siège de la névrite, puis s'étendant au membre du côté opposé, et, en dernier lieu, aux membres supérieurs^

M. Leyden a emprunté à M. Benedikt le fait suivant : Une fracture du col du fémur, terminée par pseudarthrose, avait été l'origine de douleurs permanentes vives occupant dans toute sa longueur le membre inférieur du côté correspondant à la fracture. Peu après survint une paralysie complète avec atrophie musculaire, dans le membre supérieur, du même côté^.

Dans un cas très intéressant, relaté par M. Duménil, — qui a donné du fait, je dois vous en prévenir, une interprétation différente de celle que je propose, — on observa succes-

1. Voir Leudet : Archives générales de médecine, 1865, t. II, p. 528. '2. Voir Bouchard : Des dégénérations secondaires, p. 42.

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