CARACTÈRES DU VERTIGE LABYRINTHIQUE
cérébrale apoplectiforme ou coup de sang-, le petit mal épileptique, ou encore et surtout, le vertige gastrique. J'ai été maintes fois témoin, pour mon compte, d'erreurs de ce genre. Je citerai à titre d'exemple le cas d'un malade auquel j'ai donné des soins et qui, étant tombé sur la place de la Bourse par le fait d'un accès de vertige labyrinthique, avait été soumis à la pratique des émissions sanguines. Le véritable caractère de la maladie ne fut reconnu que fort tard, a une époque où les accès, d'ailleurs d'une grande intensité, s'étaient reproduits déjà un grand nombre de fois. Une surdité complète, absolue, des deux oreilles mit fin à tous les symptômes. Je puis citer aussi le cas d'une jeune personne américaine considérée depuis de longues années comme épileptique et traitée en conséquence, a la vérité sans le moindre amendement, par l'emploi de doses élevées de bromure de potassium. Il me serait facile de multiplier ces exemples.
L'erreur dans quelques cas est jusqu'à un certain point justifiée par les difficultés, en réalité parfois très sérieuses, que peut offrir le diagnostic. Je crois pourtant que, dans la règle, le vertige labyrinthique se présente avec un ensemble de traits suffisamment caractéristiques pour que son identité puisse être déterminée sans trop de difficultés. Je vous demande la permission de relever les principaux de ces caractères; car si je parvenais à les faire pénétrer dans votre esprit, ils vous mettraient en mesure, j'en ai la conviction, d'éviter à peu près toujours les écueils que je signalais tout à l'heure.
En premier lieu, je ferai ressortir l'intime relation qui existe entre le développement soudain des bruits d'oreilles, ou l'exaspération brusque de ces bruits, et l'invasion des sensations vertigineuses. En réalité l'un des traits spécifiques du vertige de Ménière, c'est qu'il est nécessairement annoncé