HALLUCINATIONS MOTRICES
et accompagné par les bruits en question. Sans doute les tintements, les bourdonnements et les sifflements d'oreilles sont un phénomène quelque peu banal et qui accompagne fréquemment diverses espèces de vertige autre que celui qui se rattache à la maladie de Ménière, mais dans cette dernière alTection il acquiert, au moment de l'accès, une prédominance et une intensité qui ne s'observent certainement pas ailleurs. C'est, d'après le récit des malades, « le bruit strident d'un sifflet de locomotive » ou le fracas qu'on produirait « en secouant violemment un sac rempli de clous » c'est encore le bruit « d'une fusillade ou d'un feu d'artifice ». Ce bruit occupe exclusivement ou surtout une des oreilles. Il cesse avec l'accès vertigineux dans les cas récents ou légers; mais tôt ou tard, si le cas est grave, il devient persistant, dans les intervalles, sous la forme atténuée d'un bourdonnement, d'un tintement plus ou moins incommodes, l'oreille afî'ectée d'ailleurs ne manque pas de présenter bientôt une annihilation de l'ouïe plus ou moins prononcée et permanente.
L'attention du médecin une fois éveillée par ces phénomènes, l'examen de l'appareil auditif lui fait reconnaître toujours l'existence de symptômes locaux et accusant soit l'otite labyrinthique idiopathique, soit l'otite moyenne sclérémateuse avec ankylose des osselets et propagée au vestibule et au labyrinthe, soit encore un simple catarrhe de l'oreille, comme il résulte d'une observation publiée par M. Green {Boston Med. and Sur g., 21 janvier 1869) et rappelée par M. Knapp. Il y a lieu de croire, d'ailleurs, d'après l'ensemble des faits, qu'une pression quelconque exercée sur le tympan et propagée au labyrinthe par la chaîne des osselets, suffit à déterminer les symptômes du vertige de Ménière.
Pour ce qui est maintenant du vertige considéré en luimême, il olTre, lui aussi, quelques caractères spéciaux. C'est