‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 16 sur 213 · DOULEURS FULGURANTES SYMPTOMATIQUES · texte numérisé non relu

DOULEURS FULGURANTES SYMPTOMATIQUES

les quinze jours, tous les mois, tous les deux ou trois mois, quelquefois à des intervalles beaucoup plus éloignés encore • 6° Tantôt les douleurs fulgurantes sont d'une intensité modérée, et il faut appeler spécialement l'attention des malades pour en réveiller chez eux le souvenir ; d'autres fois, au contraire, elles sont d'une violence extrême et arrachent des cris affreux aux malheureux ataxiques. Dans cet hospice, où le nombre de ces malades est grand, nous assistons fréquemment à des scènes de ce genre.

Les faits nombreux qu'il m'a été donné d'observer me portent à admettre que les douleurs fulgurantes, lorsqu'elles se présentent sous les traits que j'ai essayé de faire ressortir, sont vraiment caractéristiques, je ne dirai pas de l'ataxie locomotrice, mais bien de la sclérose rubanée postérieure, en tant, du moins, que la lésion a envahi le trajet intra-spinal des faisceaux raclicuîaires internes (bandelettes externes des faisceaux postérieurs). Cette réserve était nécessaire. Vous n'avez pas oublié, en effet, que les faisceaux médians (cordons do GoU) peuvent être sclérosés sans que les douleurs fulgurantes s'en suivent, et que, d'un autre côté, ces douleurs existent, alors que la lésion scléreuse est restée limitée au trajet des faisceaux radiculaires. Seule, la sclérose des rubans externes serait donc, vous le voyez, le substî'atum anatomiquedes douleurs fulgurantes.

Vous ne vous étonnerez pas, d'après cela. Messieurs, de voir les douleurs fulgurantes figurer de temps à autre dans la symptomatologie de diverses maladies, autres que l'ataxie, dans lesquelles les faisceaux postérieurs peuvent être envahis, d'une façon pour ainsi dire accidentelle, par l'inflammation scléreuse. Tel est le cas de la sclérose en iliaques dissé-

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minées. Il n'est pas rare que, dans cette affection, divers symptômes tabétiques, et en particulier les douleurs fulgurantes, viennent se surajouter aux symptômes propres. J'ai constaté plusieurs fois, en pareille circonstance, que les plaques scléreuses avaient envahi les cordons postérieurs qu'elles occupaient dans une grande étendue en hauteur et en larg-eur.

Les accès fulgurants s'observent aussi assez souvent dans la paralysie générale progressive ; ils doivent certainement être rattachés, dans ce cas, aux altérations des faisceaux postérieurs qui, ainsi que l'ont montré M. Magnan et M. Westphal, sont un accompagnement fréquent des lésions ordinaires de la paralysie générale.

J'ai été consulté, il y a quelques années, par deux malades accusant une foule de symptômes nerveux bizarres, que je croyais pouvoir rattacher à l'hypochondrie. Ces deux malades se plaignaient plus particulièrement de douleurs, revenant par accès, en tout comparables à celles de l'ataxie locomotrice. Ils ont tous deux présenté ultérieurement les symptômes de la paralysie générale progressive. Je ne doute pas que, chez eux^ les bandelettes externes des faisceaux postérieurs fussent déjà atteintes à l'époque où les douleurs fulgurantes constituaient à peu près seules toute la maladie.

Quelques symptômes signalés dans le tableau clinique de l'alcoolisme chronique rappellent la description des douleurs fulgurantes : ainsi Magnus Huss a insisté sur les douleurs lancinantes^ parfois très pénibles, dont se plaignent les alcooliques.

Tout récemment, M. Wilks et M. Lockhart Clarkei ont appelé l'attention sur une forme de paraplégie qui s'observe, paraït-il, assez fréquemment à Londres, chez les femmes, — même parmi les laclies, — et qu'ils désignent d'un commun

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