EXAMEN MICROSCOPIQUE
et hypotbénaj-, et les muscles interosseux étaient arrivés au même degré de dégénération et donnaient le même résultat à l'examen microscopique. Les préparations ont été faites à l'état frais. Nous prendrons pour type de notre description ce que nous avons observé dans l'opposant du pouce droit.
En dilacérant la substance musculaire avec les aiguilles sur le verre à préparation, on reconnaît que la consistance des fibres est un peu plus grande qu'à l'ordinaire ; elle rappelle celle du tissu conjonctif. Dans la plupart des faisceaux musculaires, il existe de fines granulations foncées, devenant brillantes et nacrées à un certain foyer et qui semblent être des granulations graisseuses. Ni l'acide acétique, ni la potasse ne dissolvent ces granulations. Nous avons répété ces réactions plusieurs fois, et toujours le résultat a été le même. — Ces granulations varient beaucoup en nombre et en volume, d'une fibi-e musculaire à l'autre. Les stries transversales et longitudinales, qui se voient d'une façon très nette dans certaines fibres atrophiées, mais peu granuleuses, sont plus ou moins complètement masquées ;dans celles où les granulations existent en abondance.
La striation a entièrement disparu dans un certain nombre de fibres musculaires qui apparaissent sous l'aspect d'un cylindre rempli d'une matière transparente et qui renferment en nombre plus ou moins grand des granulations en général d'autant plus volumineuses qu'elles sont moins nombreuses. Ces granulations ne se dissolvent ni dans l'acide acétique ni dans la potasse, pas plus que celles des fibres qui ont conservé la striation.
Le volume des fibres musculaires semble normal pour un certain nombre d'entre elles: mais, pour la plupart, on observe une diminution parfois considérable. C'est ainsi qu'à côté d'une fibre musculaire de dimension normale, on en voit d'autres dont le diamètre transversal est réduit à 1/3 ou à la moitié. Certaines fibres ofi'rent même un diamètre 4 et jusqu'à 5 fois plus petit qu'à l'état normal. Et une particularité importante à signaler, c'est qu'un grand nombre des fibres qui ont subi une atrophie aussi considérable présentent encore une striation très nette et sont à peine ou même pas granuleuses.
Parmi les fibres musculaires les plus altérées, un petit nombre seulement nous ont présenté la division en fragments de la substance musculaire. Dans les fibres où nous avons observé cette division, les blocs de , substance musculaire étaient pressés les uns contre les autres. Très rarement, ils laissaient entre eux un intervalle, et alors, en ces points, le sarcolemme était revenu sur lui-même. Nous n'avons pas, comme l'a observé dernière-
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ment M. Hayom dans un cas d'atrophie progressive, récemment publié, trouvé de multiplication des noyaux dans les tubes du sarcolemme.
Les vaisseaux, dans les muscles affectés, ne nous ont offert aucune altération. — Nous avons réussi plusieurs fois à voir très nettement de petits nerfs musculaires. Nous n'avons pas, dans ces cas, remarqué qu'ils continssent des fibres nerveuses dégénérées. — Le tissu conjonctif interjibrillaire paraît plus abondant qu'à l'état normal; on y observe une proportion exagérée de noyaux arrondis ou fusiformes.
En outre des altérations précédentes, la plupart des faisceaux musculaires présentaient un aspect fendillé,. très remarquable principalement aux extrémités brisées des fibres : cet aspect fendillé se retrouve d'ailleurs dans des altérations du muscle, qui n'ont rien de commun avec l'atrophie progressive ; on les observe entre autres communément dans les muscles des membres inférieurs, chez les individus immobilisés depuis longtemps.
En résumé, dans les muscles de la main, c'est-à-dire là oii les lésions étaient le plus accusées, nous avons observé ce qui suit : 1° une diminution de volume dans la masse musculaire; 2° une coloration jaune pâle des muscles; 3° une consistance plus grande du muscle, rappelant celle du tissu conjonctif; 4° une altération granulo-graisseuso peu marquée pour certaines fibres, très accentuée pour d'autres ; 5° la division en fragments de la substance musculaire ; 6° l'atrophie de certaines fibres musculaires, simple et indépendante de toute dégénérescence graisseuse ou cireuse; 7° la prolifération du tissu conjonctif interfibrillaire.
Nous terminons ce résumé en faisant remarquer que, sur une seule et même préparation, on pouvait rencontrer toutes ces altérations à la fois. A côté d'une fibre musculaire entièrement saine ou à peine granuleuse, on en observait quelqu'une dont la striation était presque entièrement marquée par les granulations graisseuses. A côté de celles-ci, d'autres avaient subi entièrement la dégénérescence vitreuse. D'autres présentaient enfin • l'atrophie à tous ses degrés. Quelques-unes offraient la division en blocs de la substance musculaire. Dans l'intervalle de ces fibres, on apercevait une grande quantité de tissu conjonctif et de noyaux arrondis ou fusiformes.
Pour les muscles de la langue, nous pourrons nous borner à répéter la description qui précède. Observons seulement que c'est surtout dans les muscles intrinsèques de l'organe que les lésions étaient le plus accentuées. Les musQles de l'avant-bras ont à peu près conservé leur coloration normale. On trouve
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toutefois, dans l'intervalle des fibres, une augmentation notable du tissu conjonctif; il y a, là aussi, des fibres granulo-graisseuses, des fibres vitreuses, d'autres considérablement atrophiées; mais, d'une manière générale, toutes ces lésions sont beaucoup moins accusées qu'à la main. Au deltoïde, nous retrouverons toutes les altérations les plus avancées que nous ayons décrites.
Les sterno-cléido-mastoïdiens ont été l'objet d'un examen spécial. On se rappelle que, dans l'observation, ils sont notés, surtout celui du côté gauche, comme étant le siège de contractions fibrillaires remarquables par leur spontanéité, leur fréquence et leur intensité. Les préparations faites avec la substance musculaire du sterno-cléido-mastoïdien gauche n'ont, à notre grand étonnement, absolument présenté aucune altération. Les fibres étaient remarquables par leur volume relativement considérable, la striation bien nette et l'absence de toute dégénérescence. On ne remarquait même pas, dans ces muscles, cet aspect fendillé qui était à peu près général dans les muscles des membres supérieurs et inférieurs.
Les pectoraux ne présentaient non plus aucune altération. Les intercostaux ne nous ont montré qu'une dégénérescence granulo-graisseuse peu marquée et l'aspect fendillé. Il en a été de même dans le diaphragme : nous n'avons rencontré qu'un petit nombre de fibres où les granulations fussent assez abondantes pour masquer la striation transversale.
Les éléments musculaires, aux membres inférieurs, ne renferment pas ou à peine de granulations graisseuses. Ils ne sont pas atrophiés d'une façon appréciable : la striation y est nettement accusée et ils n'offrent pas d'autre altération que l'aspect fendillé.
2° a) Racines spinales antérieures. Examen a l'état frais. Le nombre des tubes nerveux qui, dans ces racines, ont conservé les caractères de l'état normal, est plus grand qu'on aurait pu le supposer, à en juger par la diminution de volume et la teinte grisâtre qu'elles présentaient. Toutefois, sur la moitié des tubes au moins, on pouvait observer tous les degrés de l'atrophie depuis l'émaciation simple jusqu'à la complète disparition du cylindre de myéline. Nulle part on ne rencontrait dans les tubes des traînées de granulations graisseuses. Ce qui vient d 'être dit est relatif surtout à la région cervicale de la moelle; à la région dorsale, les lésions atrophiques se montraient moins prononcées surtout dans les parties inférieures de cette région et, au niveau du renflement lombaire, elles faisaient complètement défaut h) Les racines spinales postérieures ont été examinées compa-
CnAncoT. Œuvres complètes, t. II.