‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 179 sur 213 · EXPOSÉ DU CAS · texte numérisé non relu

EXPOSÉ DU CAS

avant et dépasser les lèvres de quelques millimètres. Quant au mouvement d'élévation de la pointe vers la voûte palatine, il est totalement aboli.

La gêne de la déglutition bien qu'un peu moins complète est cependant très prononcée. C'est depuis quelques jours seulement qu elle s est brusquement accentuée. Lorsqu'on introduit un iquide dans la bouche, la plus grande partie s'écoule entre les lèvres; puis il se produit une série de mouvements de déglutition avec ascension considérable du larynx et bruit pharyngien très sonore. Vient-on à porter, avec une cuiller, le liquide jusque dans l'arrière-bouche, la déglutition s'effectue d'une manière un peu plus complète, mais elle amène un état d'anxiété extrême; quel que soit le mode d'introduction de la substance alimentaire, son entrée dans l'œsophage paraît se faire avec une grande lenteur, et quelques minutes après on voit encore se produire de bruyants mouvements du pharynx, provoqués par le liquide arrêté à son orifice supérieur. Jamais celui-ci ne reflue vers les fosses nasales, et, du reste, l'examen direct du voile ,lu palais permet de constater qu'il est symétrique, et a conservé l'entière liberté de ses mouvements normaux.

Jusque dans ces derniers jours, on pouvait encore lever la malade et elle passait des journées assise dans son fauteuil. Mais les symptômes s'étant aggravés subitement, elle est aujourd'hui absolument confinée au lit.

L'impuissance motrice, complète dans le membre supérieur gauche, est un peu moins prononcée dans celui du côté droit. Cette paralysie s'accompagne d'un certain degré de contracture-^ les doigts sont fléchis dans la paume de la main, le poignet est dans la pronation, le coude demi fléchi résiste quand on veut rétendre. Les masses musculaires sont atrophiées et agitées de mouvements fibrillaires. L'atrophie, plus prononcée à gauche qu'à droite l'est peut-être aussi davantage à la racine du membre qu'à son extrémité. Tandis que les muscles de l'épaule, le deltoïde en particulier, ont à peu près disparu, laissant à' nu les saillie» osseuses, les éminences thénar et hypothénar, bien qu'amincies, ont encore conservé une notable épaisseur, '

Au thorax, les grands pectoraux sont pris au même degré que les deltoïdes, le moindre attouchement y ramène des contractions fibrillaires, quand elles ne s'y montrent pas spontanément.

Les membres inférieurs, atteints beaucoup moins profondément sont égaux en volume. Ils présentent un amaigrissement notable, étendu à tout le membre ; aucun groupe de muscles ne paraît plus spécialementatteint que les autres. Ils peuvent exé-

cuter quelques mouvements dans le plan du lit. Les masses musculaires, celles des mollets surtout, sont Je siège de contractions flbrillaires abondantes. L'examen faradique des muscles permet de constater qu'ils se contractent tous sous l'influence de l'électricité, ceux des membres inférieurs avec une énergie plus grande que les supérieurs. L'orbiculaire dos lèvres, en particulier, paraît très sensible à l'excitation électrique. Mais la contraction musculaire ne se produit pas partout avec ses caractères normaux, et, dans bien des muscles, elle revêt la forme de mouvements fibrillaires.

La sensibilité semble conservée dans tous ses modes. Le pouls est à 104. Kespiration régulière.

1"' octobre. P. 100. Commencement d'escarre.

2 oct. P. 108 ; R. 26. — 6 oct. P. 100 ; R. 20. — 7 oci. P. 120.

10 oct. P. 130. Extrémités froides. Les urines sont troubles, ne contiennent ni sucre ni albumine. — Rétention d'urine.

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