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23 oct. — L'affaiblissement a fait des progi^ès considérables. La malade a à peine la force de pousser un cri. L'alimentation est devenue impossible. — Extrémités froides, pouls insensible. — L'escarre s'est étendue sur une grande largeur. — Mort le 25 octobre.
Nécropsie. — État des viscères. — Le cœur est de petit volume : il n'existe pas de lésions valvulaires, les parois ont leur épaisseur et leur coloration normales. — Pas de lésions dans les poumons. — Le foie, de volume normal, ne présente pas de cicatrices; il en est de même pour la rate et les rems. La muqueuse vésicale est rouge, recouverte de saillies ijiamelonnées, tapissée d'exsudats purulents.
État des muscles. — Les muscles de la face sont très grêles, mais leur coloration se rapproche sensiblement de l'état normal. Le masséter, rouge à sa surface, est jaunâtre dans ses parties profondes. — Les sterno-mastoïdiens, les scalènes, les trapèzes sont bien nourris et offrent une belle coloration rouge.
Les pectoraux et les muscles du membre supérieur gauclie sont jaunes, décolorés, amincis et leur aspect contraste d'une manière frappante avec celui des muscles du cou; le deltoïde surtout est très altéré. A la main, les muscles des éminences thénar et liypotliénar sont décolorés. Le grand dentelé^ est comme le grand pectoral pâle et atrophié. — 11 en est de même, mais à un moindre degré, pour les muscles de l'abdomen. Le diaphragme a conservé sa coloration, sa consistance et son épaisseur normales.
AUTOPSIE
Aux membres inférieurs, les muscles, bien que grêles, sont à peine décolorés, un certain nombre d'entre eux ont été examinés; le couturier, le droit antérieur pour la cuisse; à la jambe, les jumeaux, le jambier antérieur, l'extenseur commun des orteils, aucun d'eux ne présentait même cette couleur feuillemorte que donne si souvent aux muscles le séjour au lit longtemps prolongé.
État des centres nerveux. — Le cerveau, le cervelet et Visthme de V encéphale -ne présentent aucune altération appréciable; les artères de la base sont saines. Le bulbe rachidien offre tous les caractères de l'état normal. — Le tissu delà moelle est partout d'une consistance ferme; il n'y a pas d'atrophie évidente portant sur les divers cordons blancs de l'organe. — Les filets d'origine des ne7'fs bulbaires situés au-dessous du facial, c'est-à-dire l'hypoglosse, le glosso-pharyngien, le pneumogastrique et le spinal, contrastent, par leur finesse et leur coloration grise, avec les racines des nerfs situés au-dessus ; le facial, en particulier, est exempt de toute altération. Cette extrême ténuité et cette teinte grise se retrouvent sur un certain nombre de racines antérieures de la moelle.
Étude histologique. — Muscles. — L'examen des muscles de la langue, pratiqué à plusieurs reprises, a constamment donné un résultat presque négatif. Du moins jamais n'a-t-on trouvé cet état granuleux de la fibre musculaire, vu cette prolifération nucléaire abondante, qui caractérise la dégénération atrophique des muscles,, arrivée à un degré avancé de son évolution. — Dans les muscles de la /ace, au contraire, de nombreuses fibres avaient perdu leur striation transversale et présentaient un état granuleux très prononcé du contenu de la gaine.
Dans les muscles des membres supérieurs qui, à l'œil nu avaient une coloration jaunâtre et une diminution de volume très accentuée, l'examen microscopique révélait la présence d'un grand nombre de faisceaux primitifs dégénérés. Dans les éminences thénar et hypothénar, en particulier, les fibres avaient subi une atrophie simple très marquée; sur d'autres points, elles avaient en grande partie perdu leur striation transversale et les noyaux du tissu conjonctif interstitiel s'étaient extrêmement multipliés. Sur certaines préparations examinées dans la glycérine après l'addition d'acide acétique, on pouvait voir le contenu des gaines fragmenté, formant des îlots rangés en séries parallèles, séparés les uns des autres et masqués en partie par des amas de noyaux. Les muscles du tronc et des
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membres inférieurs ont présenté la même altération ; ces derniers surtout, à un degré beaucoup moins avancé.
Nerfs. Les filets d'origine de la plupart des nerfs bulbaires ont été examinés, et tous présentaient des caractères histologiques bien voisins de l'état normal. C'est à peine si on pouvait y distinguer quelques fibres à contenu granuleux, tandis que quelques autres, dépourvues de leur cylindre de myéline, étaient réduites à leur gaine et recouvertes de noyaux plus nombreux que d'habitude. Pas plus que les racines, le tronc de ces nerfs n'était dans son trajet ultérieur notablement altéré. On a noté, en particulier, l'intégrité des fibres de Vhypoglosse, parvenu à la base de la langue ; il en était de même pour le spinal, le pneitmogastrique, le nerf facial.
Les racines antérieures des nerfs rachidiens, examinées au niveau du renflement cervical, ont présenté, au milieu d'un grand nombre de fibres restées saines, quelques fibres dégénérées.
Le nerf médian du côté gauche, examiné, après durcissement, sur des coupes transversales, a été trouvé sain.
Centres nerveux. Préparations faites après durcissement dans l'acide chromique et colorées par le carmin.
Bulbe rachidien. L'examen de coupes transversales, pratiquées à différentes hauteurs de l'organe, permit de constater des lésions de la substance blanche et de la substance grise.
1° Substance grise. Les noyaux d'origine des nerfs bulbaires sont ici le siège de l'altération. Celle-ci, essentiellement caractérisée par la dégénération pigmentaire et l'atrophie consécutive des cellules nerveuses qui entrent dans la composition de ces noyaux, est surtout très prononcée dans celui du nerf hypoglosse ] à côté de quelques cellules demeurées saines, on peut observer dans les autres les caractères de la lésion à toutes les périodes de son développement. La plupart, envahies déjà par les granulations jaunes, réfractaires à l'action du carmin et notablement diminuées de volume, ont pris une forme globuleuse. Elles donnent naissance à de rares prolongements pâles et amincis, qu'il est impossible de suivre comme à l'état normal, à une certaine distance de leur lieu d'origine.
La névroglie ne paraît prendre aucune part au processus morbide, elle a conservé sa transparence normale, et il est impossible de découvrir une augmentation évidente dans le nombre de ses noyaux.
Les groupes cellulaires, appartenant aux différents autres nerfs de la région, sont moins profondément atteints. Les cellules y sont en nombre considérable, et si quelques-unes sem-