‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 23 sur 213 · lievue ■pholoiir. des hôpitaux de Paris, 1871, p · texte numérisé non relu

lievue ■pholoiir. des hôpitaux de Paris, 1871, p

68 SYMPTÔMES DE l'aRTHROPATHIE

soit un état diathésique, goutte, rhumatisme, etc., les affections articulaires propres à ces maladies ayant d'ailleurs une tout autre physionomie.

B. Cette arthropathie se développe U une époque peu avancée de la maladie spinale, le plus ordinairement alors que la symptomatologie en est réduite aux douleurs fulgurantes. L'incoordination, il est vrai, ne tarde pas en général à se montrer lorsque l'arthropathie a paru. Ainsi celle-ci, vous le voyez, a sa place marquée dans la succession régulière des «symptômes de l'ataxie locomotrice.

C. L'arthropathie se produit d'ordinaire sans prodromes, si l'on en excepte cependant les craquements que nous trouvons mentionnés chez un certain nombre de malades (Buj..., Lel..., Mén..., etc.).

D. Le plus communément, le premier phénomène appréciable, — car il n'y avait antérieurement aucune gêne dans les mouvements du membre — c'est la tuméfaction extrême de tout le membre, tuméfaction qui se compose : 1° d'une hydarthrose considérable ; d'un empâtement qui offre pour la majeure partie une consistance dure et dans lequel les symptômes ordinaires de l'œdème ne sont pas d'habitude très accentués.

Cette arthropathie ne s'accompagne le plus souvent ni de fièvre, ni de douleurs -, ce n'est que par exception que ces symptômes sont consignés dans les observations.

Au bout de quelques semaines, de quelques mois, lo gonflement disparaît et alors tout rentre dans l'ordre {forme bénigne) \ tantôt, au contraire, il reste des désordres graves de la jointure, des craquements, des dislocations, répondant à une usure des surfaces osseuses, des luxations variées {forme maligne). En dépit de ces lésions profondes.

FRÉQUENCE DE l'aBTHROPÀTHIB 'oJ

le membre correspondant à l'arthropathie peut encore rendre des services pour la préhension, — s'il s'agit du membre supérieur, pour la marche s'il s'agit de la hanche et du genou. Naturellement cette demi-liberté des mouvements diminue si l'incoordination fait des progrès ou si la luxation s'exagère.

E. Relativement à la fréquence, c'est le genou, puis l'épaule, enfin le coude, la hanche, le poignet qui sont affectés de préférence. Mais les petites articulations ne sont pas toujours épargnées, ainsi qu'il nous serait loisible d'en citer quelques exemples.

Tel est le tableau symptomatologique qu'offre ordinairement l'arthropathie des ataxiques. Eh bien, je le demande, existe-t-il quelque part, dans les cadres pathologiques, une affection qui rentre exactement dans cette description? Il s'agit là d'une arthrite sèche, me répond-on, toutes les fois que je défends l'autonomie ou au moins la spécialité de l'arthropathie des ataxiques, — et il y a tantôt six ans que j'ai entrepris cette défense. Je ne conteste pas qu'il s'agisse là d'une arthrite sèche ; mais, de par les caractères cliniques, je maintiens que cette arthrite sèche est toute spéciale et ne rentre pas dans la loi commune. Voyons plutôt ce que va dire la comparaison de la symptomatologie de l'arthropathie des ataxiques, telle que je viens de vous l'exposer d'après nature, avec la description classique de l'arthrite sèche dont j'emprunterai le substratum à un livre récent et justement estimé'.

1° Il est bien rare, dit-on, que la quantité de liquide augmente dans la jointure atteinte d'arthrite sèche. Or, cette

1. Follin et S. Duplay. — Traité élémentaire de Fathologie externe, t. III, p. 20.

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