‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 47 sur 213 · DIFFICULTÉS DU DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS DU DIAGNOSTIC

Or, dans cette recherche, on peut se trouver en présence de plus d'une difficulté de nature à égarer le diagnostic. Je me contenterai, quant à présent, de vous signaler la circonstance suivante dont j'ai été témoin récemment. Il peut se faire que des malades portent au sein certains cancers atrophiques, indolents, auxquels elles ne prêtent pas la moindre attention. J'ai été consulté ces jours-ci par une dame qui souffrait depuis plusieurs mois d'une névralgie cervico-brachiale — c'était en réalité, vous allez le voir, une pseudonévralgie — extraordinairement pénible, et qui avait résisté absolument à tous les moyens d'amendement mis en œuvre. Frappé du caractère spécial que présentait la douleur, et me remettant en mémoire les faits observés à la Salpêtrière, je demandai s'il n'existait pas quelque lésion mammaire. On me répondit par la négative 5 mais je crus devoir insister et examiner les choses par moi-même. Je découvris, au grand étonnement de la malade, que l'un des seins était déformé sur un point très circonscrit d'ailleurs, par le fait d'une rétraction consécutive au froncement déterminé par un squirrhe atrophique. Tout récemment un médecin anglais, dont le nom m'échappe, a publié un cas du même genre dans un des volumes de la Société pathologique de Londres. Ces faits suffisent, je l'espère, Messieurs, pour faire ressortir à vos yeux jusqu'à quel point il faut, en pareille circonstance, se montrer attentif et circonspect dans l'examen des malades.

D'un autre côté, il ne faudrait pas aller jusqu'à croire que les douleurs du mal vertébral cancéreux, alors même qu'elles se présentent avec tous les attributs qui viennent d'être mis en relief, soient absolument spécifiques et propres à conduire, sans embarras, au diagnostic. Loin de là, des difficultés peuvent survenir ^ mais, en général, elles ne sont pas insurmontables. Parmi les affections qui, on raison des douleurs dont elles s'accompagnent, pourraient induire en erreur,

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j'ai déjà mentionné les anévrysmes aortiques et les kystes hydatîques, lorsque ces tumeurs sont disposées de façon à comprimer et à irriter les nerfs spinaux. Je signalerai actuellement l'ostéomalacie, la pachyméningite hypertrophique cervicale, et enfin une névrose : Virritation spinale.

L'ostéomcdacie sénile, aussi bien que celles des adultes, rappelle parfois, par le caractère des douleurs dont elle s'accompagne, la symptomatologie du mal vertébral des cancéreux. luSi pachyméningite cervicale 7iypertro2:)hique, àans la première période, s'accompagne, elle aussi, de douleurs assez analogues i on peut en dire autant de cette affection bizarre, singulière, qu'on désigne quelquefois sous le nom d'irritation spinale, et que quelques médecins ont voulu, bien à tort, bannir des cadres nosologiques -, mais je veux me borner, pour le moment, à appeler votre attention sur ces difficultés de diagnostic. C'est un sujet sur lequel je me propose de revenir dans une autre occasion.

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