‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 5 sur 213 · SCUÈKOSE DES CORDONS DB G-OLL · texte numérisé non relu

SCUÈKOSE DES CORDONS DB G-OLL

à certains faisceaux de fibres? Il est permis d'en douter. La maladie, au contraire, produit journellement de telles lésions, et l'anatomie topographique de la moelle nous les fait reconnaître avec la plus grande précision; elle nous permet de constater quel groupe de cellules, quels faisceaux de fibres nerveuses ont été irrités, atrophiés ou détruits. Mettez en présence d'une anatomie aussi délicate des observations recueillies avec soin, où l'analyse des symptômes se montrera d'autant plus complète, d'autant plus profitable qu'elle aura été faite à la lumière de connaissances anatomiques et physiologiques préalables, et vous aurez entre les mains les conditions d'une expérience s'opérant, si l'on peut ainsi dire, spontanément — et s'opérant sur l'homme, ce qui, dans l'espèce, est un avantage inestimable.

On peut dire qu'aujourd'hui, grâce aux recherches dirigées dans cet esprit, l'histoire d'un bon nombre d'affections spinales, dont la pathogénie était demeurée jusque-là plongée dans une obscurité profonde, s'est éclairée d'un jour inattendu. On a appris entre autres que la paralysie, dite essentielle, des enfants relève d'une myélite systématiquement confinée dans un tout petit département de la substance grise de la moelle : la région des cornes antérieures. On sait encore que la majorité des cas, désignés en clinique sous le nom d'atrophie musculaire progressive, se rapporte à une altération occupant le même ^ège, mais dans laquelle la lésion des cellules nerveuses s'opère non plus suivant le mode aigu^ mais bien suivant le mode chronique progressif. Nous pourrions multiplier ces exemples, mais il faut nous borner, et revenir maintenant à l'objet principal de notre étude.

Nous nous sommes efforcé, Messieurs, pendant le cours des deux dernières années, d'appliquer la méthode que nous

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venons de préconiser à la revision des données anatomiques qui concernent l'ataxie locomotrice progressive. Les résultats acquiS; bien qu'imparfaits encore à quelques égards, nous paraissent cependant dignes de vous être présentés. Ils sont dus, pour la majeure partie, aux recherches entreprises, d'après mes conseils, par M. Pierret dans mon service. Ces travaux ont fait l'objet de deux mémoires publiés dans les Archives de physiologie^. Je m'attacherai seulement à vous faire connaître les points les plus importants qui ont été élucidés.

Je vous ai laissé pressentir que la lésion des cordons postérieurs de la moelle^ à laquelle se rattachent les symptômes

Sclérose limitée aux cordons médians ou cordons de Goll.

Fij. 1. Eégion cervicale. — Fig. 2. Région dorsale. '

de l'ataxie locomotrice, n'affecte pas indistinctement toutes ■ les parties de ces faisceaux, mais occupe nécessairement : certaines régions qu'il s'agit de déterminer à présent. {

On avait, depuis longtemps, remarqué que la sclérose fasciculée et ascendante des faisceaux postérieurs, telle qu'elle s'observe, par exemple, au renflement cervical, dans les cas

1. Pierret. — Notes sur la sclérose des cordons postérieurs dans Vataxie locomotrice progressive. {Archives de physiologie, 1872, p. 364.) — Notes sur un cas de sclérose primitive du faisceau médian des cordons jyostérieurs. {Ibid., 1873, p. 74.)

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