TROUBLES DE LA VESSIE
la moelle. Il ne faudrait pas néanmoins chercher dans cette différence, dont la raison, d'ailleurs, nous échappe entièrement, un caractère diagnostic absolu.
E. Il est de règle aussi dans la myélite par compression, lorsqu'il s'agit du moins de la région dorsale ^, que la vessie conserve en grande partie l'intégrité de ses fonctions pendant un laps de temps relativement considérable -, mais des troubles vésicaux plus ou moins accentués peuvent enfin survenir. A ce sujet, il y a une distinction à établir.
Si la compression siège trop haut, vers le milieu de la région dorsale, par exemple, on observe^ en général, de la difficulté dans l'émission des urines. Cette difficulté semble due à ce que les muscles qui jouent le rôle de sphincters restent dans un état de spasme permanent. La volonté ne modifie pas aisément cette contraction permanente, et l'émission involontaire des urines, qui se produit quelquefois, en pareil cas, s'opère par regorgement comme on l'a dit.
Au contraire, si la lésion siège très bas, vers la partie supérieure de la région lombaire, il peut arriver que les sphincters soient paralysés d'une manière continue et les urines s'écoulent alors involontairement. Il est possible, dans une certaine mesure, de se rendre compte de cette différence, au premier abord singulière, si l'on se reporte à la théorie, fondée sur l'expérimentation, émise récemment par M. Budge relativement au mode d'action du système nerveux central sur les fonctions de la vessie ^
En réalité, selon M. Budge, il n'existerait pas d'autre sphincter de la vessie que les muscles uréthraux (constric-
1. Holmes. — A System of Surg&ry, t. III, p. 858. — Inclusion of the spinal Cord in Caries of the Spine.
2. Budge. — Zcitschr. f. prat. Heilic. XXI, p. 3 tmd 174. — Ueher die Reizbarkeil der Vorderen Iluckenmarksslrange. {Pfiikjer's Archivjilr Fhnsiohfjie. Bd. II, p. 511.)
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teur de l'urèthre et bulbo-caverneux). Les nerfs qui font contracter la vessie viendraient des pédoncules cérébraux. Passant par les corps restiformes, ils pourraient être suivis expérimentalement dans les cordons antérieurs de la moelle jusqu'à l'issue des 3^-5' paires sacrées. Les nerfs qui font contracter les muscles de l'urèthre suivent, toujours d'après M. BudgC; à peu près le même trajet et ils offrent ceci de particulier, qu'ils sont modifiés dans l'état normal par une influence réflexe, qui leur est communiquée par les nerfs centripètes provenant delà vessie. Use produit là, en conséquence, un acte qui a pour effet de déterminer la contraction permanente des muscles uréthraux, mais qui peut être annihilé même par une sorte d'arrêt que commande la volonté.
D'après cela, toute lésion qui aura pour conséquence d'interrompre dans la moelle, jusqu'à la sortie des 3% 4^ et 5^ paires sacrées, le cours des nerfs qui se rendent soit à la vessie, soit à l'urèthre, aurait également pour résultat de laisser subsister l'acte réflexe- qui commande l'occlusion constante du sphincter ; c'est pourquoi les lésions de la moelle cervicale et dorsale produiraient le spasme permanent du sphincter vésical qu'on observe dans certains cas de compression spinale. Si, par contre, la lésion sièg-e plus bas, les conditions de l'acte réflexe dont il s'agit ne subsistent plus, le sphincter est paralysé d'une façon constante, et l'urine s'écoule alors incessamment goutte à goutte, l'action des muscles de la vessie ne rencontrant plus d'obstacles.
Je n'ignore pas. Messieurs, que la théorie de M. Budge n'est pas, tant s'en faut, encore classique, et les faits expérimentaux sur lesquels elle s'appuie, demandent eux-mêmes a être vérifiés. J'ai cru devoir néanmoins l'exposer brièvement parce que, à mon avis, elle explique, quant à présent, mieux que toute autre, les faits révélés par l'observation clinique.