‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 53 sur 213 · TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ · texte numérisé non relu

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ

Ainsi que je vous le disais tout à l'heure, dans la paralysie par compression, la sensibilité ne se modifie en général que très tard, d'une manière sérieuse, à moins qu'il ne s'agisse d'une lésion qui, primitivement, aurait occupé les parties centrales de la moelle. Quoi qu'il en soit, voici l'exposé de quelques particularités relatives aux troubles de la transmission des impressions sensitives, lesquelles se manifestent de préférence, mais non pas cependant d'une façon exclusiye, dans les paralysies par compression spinale; elles ne s'observent, ainsi que vous l'avez dû pressentir d'après ce qui a été dit plus haut, que dans les cas où la compression est portée à un haut degré.

En premier lieu, je signalerai le retard clans la transmission des sensations, phénomène curieux et qui, si je ne me trompe, a été pour la première fois relevé par M. Cruveilhier^: il peut, ainsi que je l'ai une fois constaté, se passer quelquefois jusqu'à trente secondes depuis le moment où l'impression a lieu jusqu'à celui où elle est perçue par le malade.

Je dois mentionner ensuite une sorte d'hyperesthésie ou mieux de dijsesthésie par suite de laquelle les moindres excitations, telles qu'un léger pincement, l'application d'un corps froid, donnent naissance à une sensation très pénible, toujours la même, quelle que soit la nature de l'excitation et dans laquelle domine, d'après les récits des malades, un sentiment de vibration. Ces vibrations, toujours d'après ce que rapportent les malades, semblent remonter du côté de la racine du membre en même temps qu'elles descendent

1. Cruveilhier Anat. patholof/lq., liv. XXXVIII, p. 9. - M. Schiff. L,elirbrucli der Phijsiolog. des Menschcn, 185S-69, p. 219.

CiiAncoT. Œuvres complètes, t. II. «

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