‹ Œuvres complètes de J.M. Charcot [electronic resource]Chapitre 56 sur 213 · LÉSIONS SECONDAIRES · texte numérisé non relu

LÉSIONS SECONDAIRES

le cas, l'hémiplég-ie ou l'hémiparaplég-ie spinales, mais sans anesthésie croisée. Vous rencontrerez dans la pratique d'assez nombreux exemples dé ce genre.

J'ai voulu me restreindre, Messieurs, a vous indiquer d'une manière très sommaire les traits les plus saillants de l'ensemble symptomatique qui révèle l'existence de lésions hémilatérales de la moelle épinière. Je ne puis me dispenser cependant d'ajouter à ce qui précède quelques détails complémentaires. Rarement les lésions dont il est question restent à jamais confinées dans leurs limites originelles. Tôt ou tard, elles se propagent, soit par en haut, soit par en bas, soit dans les deux directions à la fois, à une certaine distance, en dehors du foyer primitif. Il est presque de règle, par exemple, qu'au-dessous de la lésion transverse hémilatérale, et du même côté que celle-ci, le faisceau latéral soit a un moment donné atteint dans toute son étendue en hauteur, suivant la loi du développement des scléroses fasciculées descendantes. En pareil cas, la contracture 'permanente ne tarderait pas à se surajouter à la paralysie déterminée dans les membres par la lésion spinale primitive : d'autres fois, l'irritation semble se propager, en outre, également au-dessous de la lésion en foyer et du même côté dans la corne antérieure de la substance grise. Alors, les membres, paralysés déjà et contracturés, offriraient, en plus, une atrophie plus ou moins prononcée des masses musculaires. Enfin, vraisemblablement en rapport avec l'altération consécutive de divers points non encore déterminés de la substance grise, on peut voir les symptômes d'hémiplégie spinale se compliquer de divers autres troubles trophiques, tels que artliropathies, escarres fessières ou sacrées, etc.

C'en est assez, je l'espère, Messieurs, pour vous fiiire reconnaître l'intérêt qui, à notre point de vue, s'attache à

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l'étude de l'hémiplégie spinale. Je ne saurais trop le répéter, cet ensemble symptomatique ne se produit pas seulement, comme on a pu le penser pendant un temps, en conséquence de lésions traumatiques de la moelle épinière. Je l'ai pour mon compte observé, sous la forme bien dessinée d'hémiparaplégie avec anesthésie croisée, dans cinq cas. Dans trois de ces cas, il s'agissait d'une myélite scléreuse transverse dans un quatrième d'une néoplasie intra-spinale^-, dans le cinquième enfin, déjà mentionné plus haut, une tumeur, primitivement développée à la face interne de la dure-mère, avait, à un moment donné, en s'étendant dans le sens antéropostérieur, déterminé sur un point de la région dorsale, une compression à peu près exactement limitée à une moitié latérale de la moelle épinière.

1. Charcot et Gombault. — Note sur un cas de lésions disséminées des centres nerveux observées chez une femme syphilitique. In Archives de physiologie, 1873, p. 173.

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